‹ Du trésor caché dans les maladies et les afflictionsChapitre 9 sur 45 · VIE ABREGEE DU V. P. LOUIS DU POM XVII · texte numérisé non relu

VIE ABREGEE DU V. P. LOUIS DU POM XVII

qu'à Salamanque, taut parmi les religieux que les séculiers.

Mais déjà le vénérable Père, qui était dans le dernier tiers de sa vie, était accablé d'infirmités continuelles, et il dut renoncer à l'enseignement, à la prédication et au gouvernement. Toutefois, Dieu, qui voulait encore se servir de lui pour le bien de ses frères, infusa dans ce corps qui était une image de la mort, une telle activité et une si grande ardeur, qu'il ne lui laissait aucun repo5. Il était embrasé du désir de servir Dieu par ses écrits ; mais n'osant pas entreprendre une tâche aussi difficile sans connaître expressément la volonté de Dieu, il s'entretint de ce désir avec la divine Majesté. Notre-Seigneur lui fit savoir que son projet lui était agréable, d'une manière si claire, par des témoignages si évidents, qu'il déposa tous ses doutes et se mit à l'œuvre.

C'était un spectacle digne d'admiration que celui de ce religieux, au visage amaigri et ruiné par les infirmités et la pénitence, assis sans bouger à la table de sa chambre, les yeux fixés sur son crucifix, écrivant les leçons qu'il recevait de son divin Maître, notant les vives lumières dont Dieu l'éclairait dans la contemplation.

Il semblait ne pas avoir d'autre pensée ni d'autre souci dans tous ses écrits que de suivre l'impulsion divine. A peine avait-il pris son frugal repas, qu'il se retirait dans sa chambre, pour écrire ou pour lire les ouvrages des maîtres de la vie spirituelle.

Il se couchait après dix heures ; à minuit, il se levait pour reprendre sa tâche ; et il la poursuivait jusqu'à l'oraison du matin. Son oraison durait trois heures et lui servait de préparation au saint sacrifice de la messe ; de sorte que, pour ainsi dire, il ne cessait de travailler, ni le jour ni la nuit.

Plus tard, étant obligé de garder le lit, il conservait près de lui une petite table, sur laquelle il écrivait avec autant de vigueur que s'il n'eût soufl"ert aucune douleur.

Ses veilles prolongées ne tardèrent pas à rapporter des fruits abondants. Les fidèles commencèrent à goûter ses écrits. Les premiers qui parurent furent deux volumes de Méditations ; et ils eurent un tel succès qu'on en fit trois éditions en quatre ans.

WITI VU-: ABRRGRE DU V. P. LOLIS DU PONT

Il fit ensuite imprimer la Guide .spirituelle, ouvrage très précieux qui renferme tout ce qui! y a de plus élevé et de plus utile aux âmes dans la théologie mystique. Puis, étendant son enseignement à tous les états de la république chrétienne, il réunit en quatre volumes une doctrine excellente et pratique pour les religieux, les ecclésiastiques et les séculiers. Il écrivit encore deux volumes sur le Cantique des Cantiques, d'autres ouvrages moins importants, et une multitude de lettres édifiantes.

Tous ces écrits renferment un enseignement si élevé qu'ils sont, eux seuls, un magnifique témoignage rendu <à la sainteté du père Louis et une preuve certaine de la lumière divine dont il était assisté. Ils suscitèrent l'admiration universelle en Espagne et chez les autres nations, et ils furent traduits en heaucoup de langues.

La réputation du P. Louis allait croissant ; un grand nombre de personnes, désireuses de leur perfection, entreprirent de longs voyages pour le voir, s'entretenir avec lui et recueillir de ses lèvres des fruits de vie éternelle. Et l'une d'elles, un véuéral:>le enfant de saint François, disait : « Si ses écrits produisent de tels fruits dans les jmies des lecteurs, quel bien doivent produire ses paroles! »

Le P. Louis ne conçut de Là aucune vaine estime de lui-même ; mais considérant cette parole de saint Paul : a Qu'aiez-vous que vous ne Vayez reçu ? Et si vous avez tout reçu, de quoi vous glorifiez-vous ? » il s'humiliait, de cœur et d'esprit, en présence de la divine Majesté ; abandonnait, sans contester, sa manière de voir ; se croyait inférieur en science à ses Frères ; obéissait au moindre désir de ses supérieurs, et se dépensait avec joie dans les plus humbles offices et au service des malades.

Lorsqu'il eut perdu ses forces, sa plus grande mortification fut d'être servi par ses Frères ; et un jour qu'il ne pouvait se déchausser, il s'écria, en cédant aux instances du Frère infirmier ; « Voilà que mon Frère va me déchausser, moi qui ne mérite pas d'être son serviteur ! »

Il s'exerçait du reste dans toutes les vertus, et les pratiquait avec la ferveur d'un saint, et il s'élevait chaque jour vers les sommets de la perfection.

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