‹ Du trésor caché dans les maladies et les afflictionsChapitre 10 sur 45 · VIE ABREGEE DU V. P. LOUIS DU PONT XIX · texte numérisé non relu

VIE ABREGEE DU V. P. LOUIS DU PONT XIX

Il était extrêmement mortifié. Son jeûne était presque continuel, il vivait de légumes et buvait de l'eau ; encore prenait-il si peu d'eau, qu'il lui fallait une force surnaturelle pour résister aux ardeurs de la soif. En somme, il pratiquait à la lettre ces paroles qu'il a écrites dans ses ouvrages: « La parfaite abnégation consiste en une grande vigilance pour observer les premiers mouvements de l'àme, les réprimer aussitôt et se châtier de ses faiblesses ; de même qu'un vaillant soldat en sentinelle se jette sur l'ennemi, dès qu'il l'aperçoit, et lui ote la vie. »

En ce qui concerne les vertus de pauvreté, chasteté, obéissance, qui sont l'âme de la religion, elles resplendissaient chez ce vénérable Père. Une des choses qu'il demandait instamment à Notre-Seigneur, était de ressentir et d éprouver la pauvreté, comme il l'éprouva lui-même dans sa vie mortelle ; et il considérait tout ce que le divin IMaître avait souffert en cette matière, afin de se rendre semblable à lui.

Sous le rapport de la pureté de l'âme et du corps, il fut plutôt un ange du ciel qu'un homme vivant dans une chair mortelle.

Il affirma avec serment à celui qui l'assistait à son lit de mort, qu'il était demeuré, sous ce rapport, aussi pur que l'enfant qui vient de naître. Jamais il ne regarda le visage d'une femme ; et dans sa confession générale, qu'il laissa par écrit, il se trouvait bien quelques fautes légères, en d'autres matières, mais aucune en celle-là, même commise par inadvertance.

Ce saint homme fut aussi d'une obéissance si parfaite que ceux qui l'ont connu affirment ne l'avoir jamais vu violer la moindre règle.

Tous admiraient la dévotion avec laquelle il récitait l'office divin, sa ferveur et l'abondance de ses larmes. Lorsqu'il prononçait certaines paroles, entre autres celles-ci : .Eterno Deo, vivo et vero, on eût dit qu'il allait rendre son âme au Créateur. Comment en être surpris? Son amour de Dieu était tel quil était contraint de s'écrier: « 0 Séraphins, qui brûlez du divin amour, mettez-moi en votre compagnie, afin que je m y embrase d'un amour ardent, pur t't désintéressé !>; On a trouvé un papier écrit de sa main où il disait : « Mon

Page 1