Du tubercule du testicule et de l'orchite tuberculeuse
Je me propose d’étudier, dans ce travail, le tubercule du testicule. Certainement le sujet est bien vieux, et la maladie bien connue, et Ton a tant écrit sur elle qu’on pourrait croire, au premier abord, que tout a été dit. Mais on se tromperait, car rien n’est encore absolument net dans les affections de la glande spermatique : le tubercule est la plus fréquente, la mieux déterminée, cependant des hommes autorisés n’ontils pas été récemment jusqu’à nier son existence ?
Je désire faire un travail d’ensemble ; toutefois il est certains points sur lesquels je me réserve d’insister : la difficulté la plus grande, celle qui domine l’histoire du tubercule, est sa délimitation d’avec l’inflammation et, sans cesse, nous resterons hésitant aussi bien en anatomie pathologique que lorsque nous traiterons de l’étiologie, des symptômes et du diagnostic. « La tuberculisation est-elle une manière de suppurer de certains individus » comme le veulent plusieurs auteurs ? C’est une question qu’il faudra se poser et, dans une sorte d’introduction où nous passons en revue les opinions professées dans ces derniers temps
Reclus . 4
sur la tuberculose du testicule, nous aurons à exami* ner les inflammations de cette glande.
Là est le sérieux écueil, pour nous d’autant plus redoutable que nous étudierons une forme aiguë pas ou peu décrite, véritable orchite aux allures franchement inflammatoires. Nous en avons observé plusieurs cas et nous désirons appeler l’attention sur eux, car souvent, du moins à leur apparition, leur nature a été méconnue. Nous les réunissons sous le nom à’ orchites tuberculeuses , mot usité depuis longtemps, mais que nous voudrions réserver à celte seule variété.
Nous montrerons auparavant que la granulation grise niée par Rindfleisch, puis par M. Richet et ses élèves, à peine admise par Virchow, se rencontre bien réellement dans le testicule. La preuve en sera facile. Nous n’aurons qu’à mettre sous les yeux du lecteur les vieilles observations de Velpeau, de Bouisson, de Dufour et de Cruveilhier. Mais — et ce point nous semble plus important — nous déterminerons le lieu d’origine du nodule miliaire, son mode de développement, et les variétés qu’il présente. Cette partie de mon travail, évidemment la plus intéressante, je la dois à l’obligeante amitié de M. Malassez, que je désire remercier ici de son bienveillant concours ; je remercie également mon ami, M. Ed. Brissaud, l’auteur de la plupart de nos dessins.
Tel est notre but, et, pour l’atteindre, nous avons
multiplié nos observations cliniques et nos recherches sur le cadavre. Pour qu’une étude soit fructueuse, il faut travailler à nouveau et ne consulter les devanciers que comme moyen de contrôle. Encore, à ce moment, notre opinion devrait-elle être déjà presque assise, car il nous est si facile de voir avec les yeux d autrui ce qu’autrui a cru voir — et c’est ainsi que la plupart des erreurs s’accréditent et se perpétuent.
DU