E. APPAREIL DIGESTIF
L’état catarrhal des muqueuses se manifeste souvent par une sorte d’embarras gastrique : les nausées sont assez rares néanmoins, et les vomissements le sont davantage encore; la bouche est mauvaise, pâteuse et amère. L’arrière-gorge est souvent un peu
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rouge et humide. La langue reste parfois sans enduits, rose avec le pourtour rouge, pendant toute cette période; mais elle est habituellement chargée d’un mince enduit blanc, blanc grisâtre, blanc jaunâtre. La sécheresse de la langue à cette époque est une rareté. Je n’ai pas vu la bandelette nacrée, sur laquelle M. l’inspecteur Lévy, alors premier professeur au Yal-de-Grâce, a appelé l’attention; mais le liséré rouge congestif qui ondule autour des dents, est, au contraire, un phénomène assez fréquent. Il va sans dire qu’il y a delà soif et du dégoût pour les aliments.
En mettant de côté les individus que le typhus a trouvés déjà porteurs d’affections abdominales, etles cas assez rares de localisation typhique sur les organes contenus dans cette cavité, on peut avancer que l’abdomen, notamment l’intestin, jouissent d’un calme qui contraste avec les profondes lésions dont ils sont affectés dans la fièvre typhoïde. Et d’abord dans cette période, la constipation est la règle, la diarrhée l’exception. Le gargouillement cœcal est un phénomène tout à fait exceptionnel, au lieu d’être presque constant comme dans la dotliinentérie. Le météorisme n’est pas fréquent dans cette période, mais, dans la seconde, je l’ai trouvé à divers degrés, dans un tiers des cas. Quelques autres observateurs l’ont constaté plus rarement : ainsi M. Garreau (Gazette médicale) n’a noté le météorisme qu’une fois sur huit cas de typhus à toutes les périodes, et
186 nu TYPHUS de l’armée d’orient.
M. Mouchet semble ne l’avoir pas du tout (rouvé en Crimée. Dans la fièvre typhoïde la pression éveille surtout des douleurs dans la région cœcale, en raL son des boulons intestinaux et des ulcères dolh inentériques qui y siègent de préférence. Dans le typhus l’abdomen, surtout dans celte période, est indolent; et, dans le cas d’hypéresthésie locale, cette exaltation de la sensibilité n’a point de siège privilégié à la région cœcale. Nous avons déjà dit, du reste, et nous le rappellerons ici, que ces hyperesthésies cutanées et superficielles nous ont paru plus fréquentes à l’abdomen que partout ailleurs.
Le foie et la rate sont congestionnés à cette période comme tous les autres organes, et les hypocondres ainsi que l’épigastre peuvent être tendus, rénitents et plus ou moins douloureux à la pression. Ces phénomènes ne sont prononcés que dans un tiers des cas environ, tandis que la simple tension, peu marquée, avec sentiment de plénitude dans ces régions et douleur assez légère à une pression profonde, se rencontrent dans près delà moitié des cas. Le foie et la rate congestionnés sont sans doute augmentés de volume ; mais la percussion ne permet pas toujours de saisir celte augmentation pour la rate, et bien rarement encore pour le foie. Dans certains typhus ictérodes, forme rare, la région hépatique était très-douloureuse; tandis que dans d’autres cas ce phénomène manquait absolument.