‹ Du typhus de l'armée d'Orient [electronic resource]Chapitre 24 sur 91 · D. ORGANES DE LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

D. ORGANES DE LA RESPIRATION

Il faut appliquer au poumon en particulier ce que nous avons dit précédemment des congestions en général. Ou bien la congestion continue avec son caractère actif, ou bien elle diminue; d’autres fois, elle devient déjà passive dans cette période, et la base du poumon est plus ou moins mate à la percussion. Dans un nombre notable de cas, une nouvelle poussée engorge le poumon, embarrasse l'hématose et lacirculation,et tue rapidement le malade. Enfin des pneumonies surviennent assez souvent ; tantôt elles sont purement phlegmasiques, plus souvent elles sont catarrhales, lobulaires, passives. La splénisation, l’hépatisation planiforme ne sont pas rares. Il nous a paru que, dans la majorité des cas, la lésion consiste plutôt dans un ramollissement du

HISTOIRE ET DESCRIPTION DE l’ÉPIDÉMIE. 199

parenchyme gorgé de liquide, qu’en une véritable splénisation, suite de pneumonie.

Les signes de celle pneumonie varient avec sa nature, et l’on a deviné que les crachats rutilants et le râle crépitant ne sont pas constants. On trouve assez souvent des noyaux pulmonaires ou même un lobe, devenus imperméables, sans avoir pu saisir les signes classiques : des râles humides plus ou moins gras, du souffle, de la matité, la toux, certains désordres de la circulation et de la respiration ont été les seuls phénomènes perceptibles.

La pneumonie et les ramollissements du parenchyme ne siègent pas à la base avec autant de prédilection qu’on pourrait le croire : le centre et le sommet en sont aussi parfois atteints. Les deux professeurs russes en mission ont fait la même remarque.

Le catarrhe bronchique continue, si la maladie doit poursuivre son cours ou diminue; il entretient les râles muqueux et l’expectoration.

La plèvre se prend quelquefois, mais incomparablement moins souvent que le poumon. Plus souvent un épanchement modéré s’y produit, sans inflammation de la séreuse.

Nous avons vu survenir, surtout en 1855, une angine pharyngo-laryngée pultacée, plus rarement couenneuse, et l’œdème de la glotte chez des scorbutiques infiltrés.

Page 1