‹ Du typhus de l'armée d'Orient [electronic resource]Chapitre 25 sur 91 · E. APPAREIL DIGESTIF · texte numérisé non relu

E. APPAREIL DIGESTIF

La soif et l’anorexie continuent avec la fièvre; mais quand celle-ci diminue, la soif se calme et l’appétit se fait sentir, souvent avec une promptitude qui étonne. Il arrive parfois que la fièvre tombe, et que, malgré la persistance des phénomènes nerveux bien marqués, d’une notable congestion du faciès, et de l’embarras ou de quelque perversion des idées, le besoin d’alimentation devient très-vif. Un dominicain, aumônier de l’hôpital de Guthané, que je soignais avec le docteur Vérollot, a présenté ces phénomènes au plus haut degré.

L’état de la langue est variable dans cette période. Tantôt elle reste normale, humide, rosée avec bords et pointe rouges, pendant tout ce temps; plus souvent elle se couvre d’un enduit humide, d’un blanc grisâtre ou jaunâtre, ou bien encore elle se dessèche plus ou moins, rougit au pourtour, et les narines ainsi que les lèvres deviennent pulvérulentes. Le fuligo est une exception pendant cette période; les malades guérissent ou meurent sans l’avoir présenté. D’après M. Mouchet, le fuligo serait également rare en Crimée.

Les nausées ne sont point fréquentes, et les vomissements se montrent moins souvent encore.

L’abdomen ne devient pas, comme dans la dotlii-

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nenterie, un centre pathologique; mais il participe à la souffrance générale. Le gargouillement est rare; mais le météorisme, comme nous l’avons dit, s’est rencontré chez un tiers environ de nos malades pendant cette période, tandis que M. Garreau ne l’a trouvé qu’exceptionnellement à Constantinople et M. Mouchetpas du tout en Grimée.

Nous avons parlé, à propos de la première période, des exaltations de la sensibilité du tégument abdominal, phénomène assez rare du reste.

La constipation persiste, ou bien elle est remplacée par la diarrhée. D’ordinaire, dans ce dernier cas, le flux intestinal est modéré : il y a deux ou trois selles liquides dans les vingt-quatre heures. Par exception, les selles peuvent être très-fréquentes, voire même dyssentériques, et amener plus promptement la mort. D’autrefois les selles sont muqueuses, assez copieuses, critiques et favorables.

Les selles sont souvent involontaires, et quelquefois les urines sont également rendues sans le consentement du malade. Celles-ci, sur latin d’un typhus qui se termine par la mort, sont plus souvent retenues que lâchées involontairement, probablement par suite de la paralysie du corps de la vessie ; en effet, ce réservoir a été trouvé distendu par l’urine, dans les trois quarts des sujets qui ont succombé. Cet état delà vessie mérite attention. On

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sait qu à la mort tous les sphincters se relâchent el que l’urine s’évacue si constamment que M. Piorry regarde la présence du liquide dans ce réservoir comme un des bons signes de la mort par submersion.

La rate est un des derniers organes à repousser le sang qui la distendait. Son augmentation de volume devient souvent sensible à la percussion et à la palpation, si la congestion se maintient. Quand la maladie décline, la rate rentre au contraire plus ou moins vite dans ses limites normales. M. Marmy a vu un sphacèle partiel très-évident de la rate.

Le foie, même s’il reste engorgé, présente rarement une augmentation de volume saisissable à la percussion.

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