B. ÉTAT TYPHOÏDE ET PUTRIDE
Figurez-vous une dothinentérie à son troisième septennaire; faites abstraction des symptômes dus aux ulcérations intestinales, et vous aurez une assez juste idée de l’état que nous voulons indiquer. Cet
état typhoïde et putride est, avec l’état torpide, une des formes les plus fréquentes que prend un typhus arrivé à sa troisième période.
Stupeur ou coma, diminution ou abolition de la sensibilité, déjections involontaires, délire tranquille, carphologie, marmottement, soubresauts et spasmes, langue fuligineuse que le malade tire à grand’peine ou ne tire plus de la bouche, faciès généralement pâli ou jaunâtre, terreux, conjonctives encore un peu injectées, le plus souvent peau sèche et plus ou moins chaude, fièvre assez intense ou modérée. Les vésicatoires ont mauvais aspect ; défécations fétides ; parfois angine pultacée. Le poumon reste engorgé. Le malade répand une odeur de souris comme dans la fièvre typhoïde, ou bien ses exhalaisons rappellent les plantes vireuses macérées.
C’est ici que nous avons à parler de l’odeur des typhiques, parce que c’est surtout dans cette période et dans cette forme qu’on la perçoit. Pendant la période nerveuse, surtout dans les cas graves, on saisit parfois déjà ces odeurs, mais ce n’est pas la règle.
Nous répéterons, à propos de cette forme de la troisième période, parce que cela lui est surtout applicable, ce que nous disions tantôt de la convalescence : si la convalescence est franche et prompte lorsqu’elle survient pendant la première ou la
HISTOIRE ET DESCRIPTION DE l’ÉPIDÉMIE. 207
deuxième période, il n’en est plus de même ici ; elle est au contraire assez lente et pénible. Ce n’est également plus au milieu de cet état typhoïde' profond qu’il faut espérer des solutions brusques et favorables ; l’ organisme est trop profondément atteint dans toutes ses parties, pour que la convalescence et la santé puissent ainsi succéder presque sans transition à la maladie.