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Mauvaise nuit, délire. Même état qu'hier, dans la

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journée. Lin nitré, sinapismes, lavement émollient, potion camphrée.

9. — Mauvaise nuit, beaucoup de délire. La physionomie de la maladie a changé; le malade répond généralement bien , mais parfois ses réponses sont mêléés de délire; stupeur, faciès toujours violacé; pupille un peu élargie; le pouls est devenu mou et petit, et bat 112 fois; la peau n’est guère chaude et reste humide, sécheresse de la langue qui se couvre d’un mucus brunâtre ; l’exanthème pétéchial s’est ranimé, ravivé de couleur, et existe jusque sur les mains; odeur de souris; pas de selles dans la journée ni la nuit précédente ; le malade a un peu uriné sous lui ; le foie et la rate me semblent résistants à la percussion et augmentés de volume. — Pr. limonade citrique 4; potion camphrée opiacée; sinapismes ; deux vésicatoires camphrés aux mollets, et un sur la poitrine ; vin de Bordeaux. — La journée est meilleure.

10. — La nuit est également meilleure et le malade a beaucoup moins parlé; pas de selles la nuit, la constipation se maintient. Faciès stupéfié, œil égaré; le malade répond un peu mieux qu’hier; soif; le fuligo se prononce; la peau ne semble pas plus chaude qu’à l’état normal; même phénomène que précédemment du côté de la poitrine; le pouls reste petit, un peu mou à 120; l’éruption persiste, mais les taches sont moins nettement découpées et se fondent un peu dans la peau ambiante; ventre souple, indolore, sans météorisme ni gargouillement ; une selle dans la journée. — Pr. limonade citrique vineuse 4; bordeaux ; potion avec extrait de kina et éther 1 gramme de chacun.

11. — Nuit comme la précédente. Il répond raisonnablement, mais en balbutiant; il nous semble qu’il existe un peu de surdité. Pouls évidemment relevé, souple mais

OBSERVATIONS

encore un peu mou, à 120, 40 inspirations par minute, mais la respiration est moins gênée. Le fuligo continue; le malade tire assez facilement la langue et il n'oublie pas de la rentrer; ni la langue ni les mains ne sont tremblantes, apparition de taches nouvelles, morbilliformes, pâlissant beaucoup à la pression. Le visage est moins hébété, l'œil est un peu plus intelligent. La constipation’cesse, 2 selles. La peau est moite et chaude. — Pr. potion avec extrait de kina et éther 2 gr. bordeaux; sinapismes, une orange. — La parole est assez bonne.

J 2. — La nuit est meilleure. Michel a dormi et n'a presque pas parlé; deux selles la nuit; urines plus claires et plus abondantes, le malade appelle quand il veut aller à la selle et on le place sur le vase de nuit, en le soutenant. L'intelligence est nette. La langue est plus humide et se nettoie. L'œil reste rouge, le visage est encore violacé, mais par places. Le malade n'accuse aucune douleur, si ce n’est celle des vésicatoires qui ont produit d'énormes phlyctènes aux cuisses et à la poitrine. L'exanthème pâlit. Râles muqueux aux deux bases, avec un peu de matité adroite, toujours de la toux et des crachats muqueux. La soif continue; un peu de désir des aliments; ventre toujours souple et indolent; deux selles. Dans la journée, Michel se met, sans aide, assis un instant sur son lit. — Pr. panade au maigre à l'œuf, bordeaux, orange, deux sinapismes sur la poitrine en arrière; continuation de la limonade citrique vineuse.

13. — Le malade s'est plaint la nuit et a eu trois selles; il a été sur le vase sans se faire aider. Il y a plus de fièvre qu'hier, la peau est plus chaude ; le pouls est à 96, développé, assez résistant; 38 inspirations, respiration suspirieuse; le poumon ne se dégage pas. L'intelligence est nette toute la journée. La langue se nettoie, le ventre reste

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indolore. La face et les yeux restent dans le môme état. Riz édulcoré A. Deux quarts de lavement amylacé opiacé; le bordeaux est supprimé; dix ventouses scarifiées à la base du poumon droit; à ma visite du soir, je prescris un looch kermétisé à 3 centigr. Une selle assez consistante dans la journée.

\A. — La nuit est bonne; une selle. Surdité prononcée. La langue est presque entièrement nettoyée. Pouls comme hier ; 32 inspirations. Les crachats contiennent des stries de sang non combiné. La tête est moins congestionnée, amaigrissement marqué. Encore des râles muqueux, mêlés de ronflants à gauche. La rate et le foie ne sont pas augmentés de volume. — Pr. vermicelle au gras; bordeaux, quart de lavement amylacé opiacé; looch opiacé. La toux diminue et le malade dort un peu dans la journée. Une seule selle.

15. — Bonne nuit, sommeil réparateur, deux selles. Pas de nouvelle selle dans la journée. L'œil est normal, pour l'expression, mais encore injecté; le faciès ne conserve que quelques plaques rougeâtres; le sujet est naturellement coloré et jaspé; appétit prononcé; le pouls comme précédemment, à 96, large, souple ; respiration à 32, plus libre, la toux continue; douleur thoracique droite. Le malade s’assied facilement sur son lit et reste volontiers quelque temps dans cette position. — Pr. soupe au lait et une pomme cuite; riz édulcoré, demi-lavement émollient; orange; 8 ventouses scarifiées sur la poitrine, à droite. — Le sujet peut être considéré comme entrant en convalescence, du typhus du moins. Notez qu’hier déjà il mangeait un potage, moment à partir duquel beaucoup d'observateurs font compter la convalescence. Plus de traces d’exanthème.

16. — La convalescence se consolide, mais la poitrine ne se dégage pas vite. Looch kermétisé à 5 centigr. et

OIISERVATIONS.

opiacé; infusion pectorale, frictions avec l'huile de croton sur la poitrine. Le sujet exhale une odeur très-prononcée, rappelant les plantes vireuses en macération. Pouls à 70 ; 25 inspirations ; persistance des râles muqueux et ronflants et de la légère matité.

Le 18, la poitrine commence à se dégager; Michel mange le quart de pain, panade, omelette, et il reprend le bordeaux. Il se lève un peu dans la journée.

Guérison rapide; un peu de desquamation furfuracée de la peau.

Observation III.

Sujet très-fort. Fièvre typhoïde probable antérieurement. Succession rapide. Typhus céphalique, abdominal, pectoral. Marche très-irrégulière. Alternatives de mieux et d'aggravation, de constipation, de diarrhée, de selles régulières, de douleurs et d’insensibilité, de stupeur, de coma et d'agitation extrême, de délire et d’intelligence conservée; grandes variations dans la fièvre et le pouls. Épistaxis répétées. Fuligo dès le quatrième jour ; longue conservation de l’intelligence, avec délire la nuit seulement; le treizième jour, délire violent dans la journée. Pneumonie gauche de courte durée. Soubresauts de tendons, carphologie, paralysie des joues, sorties du lit. Éruption, le troisième jour, de taches rosées mêlées de pétéchies. Les premières se transforment presque toutes successivement en pétéchies. Elles sont à leur apogée le dixième jour; elles commencent à sécher le quinzième; elles ont disparu le vingt-deuxième. Constipation, puis diarrhée alterne avec l’état physiologique. Ventre longtemps souple, puis un peu météorisé et douloureux, sans gargouillement. Appétit un peu conservé au commencement, et renaissant vite à la convalescence. Crise le seizième jour. Convalescence très-rapide; le dix-neuvième jour, prompte disparition de tous les symptômes. — Traitement. Une bouteille d’eau deSedlitz; 8 ventouses scarifiées, 24 sangsues; 2 vésicatoires ; limonade lartrique, riz, tilleul, lin nitré ; potions avec extrait de kina et opium, camphre et nitre ; lavements amylacés opiacés ; cataplasmes laudanisés; liniments camphrés opiacés ; bordeaux.

Salins, du 12° d’artillerie, sujet fortement, constitué, florissant, doué d’un certain embonpoint, âgé de 22 ans.

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entre à l’hôpital de Péra, à Constantinople, le 19 décembre 1855, au soir, salle 1, n° 8. 11 nous est évacué de Crimée, où il était depuis dix mois. 11 souffre depuis deux mois de douleurs de reins, dues à la chute d’un gabion rempli de terre. 11 n’a pas eu le scorbut, mais ses pieds ont été un peu gelés. 11 est resté trois jours à bord, venant de Crimée à Constantinople; le deuxième jour, 17 décembre, il a été pris de typhus, et s’est couché immédiatement. Le début a donc été brusque, mais sans beaucoup de violence. D’après les renseignements qu’il nous donne, voici ce qu’il a éprouvé : frisson, suivi d’une chaleur fébrile qui ne l’a plus quitté, céphalalgie, fièvre vive, brisement, épistaxis, qui se répète les jours suivants; pas de diarrhée. Le malade, interrogé avec soin, nous assure avoir été traité pour la fièvre typhoïde il y a quatre ans; cette circonstance est importante à noter.

20 décembre 1855. — Nuit assez bonne, un peu de sommeil, fort peu de rêves. Fièvre modérée, pouls à 90, assez plein, souffle régulier, peau chaude et moite, épistaxis; céphalalgie de moyenne intensité, faciès un peu animé, conjonctives à peine rosées; abdomen normal, pas de selles ; langue humide, un peu rouge aux bords, un peu blanche au centre; urines rares et rouges; un peu de tension épigastrique; intelligence très-lucide, douleurs continues dans les jambes et le dos; peu de prostration. Rien n’est encore bien nettement dessiné. Le malade n’a pas mangé à bord, où il était réduit à des aliments grossiers ; il demande instamment quelques aliments légers, et n’a qu’une- soif modérée.

Prescription : un demi-quart de pain, bouillon, œuf à la coque, limonade tartrique A litres. Le soir la fièvre est un peu plus vive ainsi que la soif, et je supprime les aliments.

OBSERVATIONS

21. — Salins a moins dormi, et plus rêvassé la nuit. La fièvre a un peu augmenté, pouls à 95 ; malaise, inquiétude. La céphalalgie est plus vive, la tête est plus congestionnée, les conjonctives plus rouges; l'œil est larmoyant, les ouvertures sont catarrhales, la langue est plus chargée, moins humide. Bouillon, eau de Sedlitz, limonade tartrique 4 litres. Le purgatif n'amène qu'une selle. Liniment camphré opiacé pour se frotter les jambes, dont il se plaint beaucoup le soir ; la fièvre est un peu plus vive, pouls à 1 00, et on aperçoit déjà, au quatrième jour de la maladie, quelques traces de l'éruption.

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