‹ Du typhus de l'armée d'OrientChapitre 17 sur 83 · C. CmCCLATION, FIÈVRE, CALORIFICATION · texte numérisé non relu

C. CmCCLATION, FIÈVRE, CALORIFICATION

La fièvre est vive, la peau chaude et moite; le pouls est large, fréquent, développé, mais en général mou et dépressible. Dans les cas ordinaires, on compte de 90 à 110 battements à la minute, plus rarement 120. La dépressibilité du pouls, phénomène fréquent en effet, a paru à M. Netter tout à fait initiale et caractéristique. Ce n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels qu'il est dur et petit, par une sorte d'oppression des forces. L'irrégularité du pouls ne s'observe guère que dans des cas graves. Un caractère important à noter, c'est la rapidité avec laquelle le pouls change souvent pendant le cours de la maladie : dans l'espace d'une ou deux heures , il peut baisser de 20 pulsations; et ces changements sont tantôt des phénomènes qui se produisent et cessent dans le même nycthémère, et tantôt sont durables et annoncent une phase nouvelle, une crise, un changement définitif, une solution de la maladie.

Des épistaxis ont eu lieu chez un quart environ

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des malades; elles ont beaucoup varié de fréquence selon les époques.

. Quand M. Mouchet dit du typhus de Crimée: « Dans l'entérite, les malades ne perdent que quelques gouttes de sang; dans le typhus, nous assistions à de véritables hémorragies, qui ont nécessité souvent une opération, » il parle sans doute exclusivement ou principalement des scorbuto-typhiques. Lors de cette période de turgescence, de mouvement excentrique général, les règles paraissent souvent chez la femme, même en dehors de l'époque menstruelle. M. l'inspecteur Maillot a observé ce même phénomène chez les religieuses prises de typhus à Marseille.

On n'est pas bien d'accord sur les caractères présentés par le sang fourni par la phlébotomie : ainsi M, Arnaud dit que le caillot est pris en masse, sans rétraction, qu'il adhère au vase, et que le sérum, resté mélangé au cruor, ne forme point ce liquide dans lequel nage l'îlot, lorsqu'on a affaire à une maladie inllammaloire. Au contraire, M. Verollot, qui a soigné des marins que le typhus avait trouvés robustes et en santé, a vu le sang tantôt avec les caractères ci-dessus indi(|ués, et présentant de plus une pellicule d'un blanc irisé, et tantôt a constaté un caillot dur, rétracté, couvert de couenne et nageant dans le sérum. M. Barudel a aussi retrouvé quelquefois l'aspect phlogistique indiqué par M.Vérollot.

La dissidence cesse en grande partie quand on établit des catégories.

Les individus qui ont été pris de typhus étant en santé, ont le sang riche et non défîbriné : caillot vermeil, assez volumineux, couvert d'une pellicule mince, irisée ou blanche, et nageant dans une médiocre quantité de sérosité. Le sang, on le comprend très-bien , n'a plus ces caractères chez les scorbutiques, les cachectiques, les anémiques. Ajoutons, pour mettre l'exception à côté de la règle, que, chez les individus sains, le sang paraît parfois d'emblée modifié, que les matériaux liquides et solides ne se séparent pas bien et que la masse reste adhérente aux parois du vase.

Si, dans cette période de congestion générale, quelque phlegmasie survient, le caillot est ordinairement, mais pas toujours, couenneux et rétracté; mais on lui a trouvé aussi ces caractères dans quelques cas où Ton n'avait pu saisir les signes d'aucune phlegmasie.

Nous verrons que, dans la seconde période, le sang semble moins riche ; que les phlegmasies diverses qui surviennent souvent à cette époque, peuvent le rendre quelquefois de nouveau couenneux, mais qu'elles n'y réussissent pas toujours.

Ayan t pratiqué peu de phlébotomies dans le typhus, nous avons dû, pour tracer ces lignes, avoir recours non-seulement à notre observation , mais aussi à

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celle d' autrui, et étudier les caractères du sang fourni par les ventouses que nous faisions souvent appliquer.

La chaleur est augmentée : un thermomètre placé sous l'aisselle a toujours marqué plus de 38 degrés centigrades, mais a rarement atteint 40 degrés. Exceptons quelques cas graves et rapidement mortels de typhus solitaires, et un nombre un peu moins restreint de typhus asphyxiques survenant chez des scorbutiques, dans lesquels la température est descendue un peu au-dessous de 38 degrés sous l'aisselle.

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