‹ Du VagabondageChapitre 2 sur 44 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Il est peu de questions, qui, en France, aient été étudiées et discutées avec plus de persévérance que celle du vagabondage, et cependant M. le député Cruppi pouvait écrire dans l'exposé des motifs de la proposion de loi qu'il déposait sur le bureau de la Chambre des députés, le 25 janvier 1899 : « Le problème social « du vagabondage, au double point de vue de l'assistance « et de la répression, s'impose plus que jamais à l’atten- « tion du législateur (1). »

Il est en effet impossible de ne pas constater qu'après un long passé de lutte contre ce fléau, dans tous les temps et chez tous les peuples, notre société moderne est encore impuissante soit « à châtier le vagabond cou- « pable, soit à assister fraternellement le vagabond « malheureux ». Aussi, dans ces derniers temps, nulle

question ne préoccupa-t-elle davantage l'opinion publi-

(1) Journal Officiel, année 1899. Doc. parlementaires, Annexe n° 651, p. 495.

Re

que]: législateurs et magistrats, penseurs et criminalistes ont cherché et étudient encore aujourd’hui la solutiun de ce grave probième.

Aucun sujet ne nous a paru plus intéressant à traiter, car il touche aux domaines les plus divers : assistance, répression, sûreté publique, et il‘répond à deux idées fondamentales : le besoin de sécurité et le devoir de solidarité. Loin de nous la prétention de vouloir épuiser tous les développements qu’exige son importance et que ne comporte point d’ailleurs le cadre de notre travail. Notre but plus modeste a été de préciser par des notes générales la portée exacte et actuelle de cette importante question, au double point de vue préventif et répressif. Pour cela, nous avons pensé qu'après un examen historique préliminaire, indispensable à toute étude, une revue aussi complète que possible des législations étrangères, si fertiles en exemples précieux, s’imposait pour nous autoriser à la faire suivre d’une critique utile de notre législation. Ainsi devrons-nous terminer notre travail par l'exposé des principales réformes que comporte semblable matière, mettanten regard les différents projets dus aux penseurs et aux criminalistes.

Nous inspirant de la distinction faite par le Code pénal lui-même, par la plupart des législations étrangères et par certains des projets de réformes que nous passons en revue, nous avons laissé de côté l'étude de la mendicité simple, au point de vue de la répression, estimant que la question d'assistance étant la même que pour le

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