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CHAPITRE I

Législations anciennes

Ce n'est point dans les sociétés antiques qu’il y a lieu de rechercher des exemples fructueux. Le paupérisme, c’est-à-dire le contraste d’une classe nombreuse et libre de la société en proie aux terribles luttes de l'indigence (1), n’y avait pas l'importance qu'il a de nos jours. Les causes en étaient annihilées par la puissante organisation de la famille et par la force des principes communistes, règles absolues en matière de propriété à cette époque primitive. De plus, l'institution de l'esclavage, presque à elle seule, anéantissait le paupérisme. Certes l’esclave était plus misérable que le vagabond actuel, puisqu'il n’y a pas de plus grande misère pour l’homme que la privation de lui-même et la perte de sa liberté. Mais cependant l’esclave n'était pas un pauvre au sens rigoureux du mot, c’est-à-dire un homme libre

(1) Dazroz, Rép. Ve Secours publics.

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dépourvu de moyens de satisfaire aux besoins de la vie matérielle. Enfin une espèce de sentiment religieux

s’attachait à l'hospitalité et les hommes libres trouvaient toujours, dans la famille, aide et protection contre la misère. À Rome, notamment, le faible et le souffrant étaient secourus au sein des pénates domestiques, dans le lieu appelé valetudinare.

En Egypte, sous la civilisation du règne des Pharaons, le paupérisme a été énergiquement combattu. Chez les Hébreux, il l'était également par le retour périodique du jubilé, ramenant l'égalité des terres et l'extinction des dettes. Enfin à Athènes il existait des établissements d'épargne et de prévoyance et des associations mutuelles de secours entre les hommes libres (1).

Malgré cet état des institutions, la mendicité et le vagabondage inquiétèrent souvent les sociétés antiques.

D’après Hérodote, les Egyptiens ne supportaient ni les mendiants ni les vagabonds. Les lois d’Amasis condamnaient, comme nuisibles à l'Etat, ceux qui ne pouvaient rendre compte au juge de police de leur profession ou de leurs moyens d'existence.

‘En Grèce, Dracon a édicté, contre les oisifs, la peine de mort. Solon les fit surveiller par l’Aéropage qui prononçait contre eux la proscription.

A Rome aussi des mesures sévères avaient été également prises. Une des principales fonctions des censeurs

(1) Dazroz, Rép. V° Secours publics.

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