INTRODUCTION
Tous les auteurs qui ont écrit sur le vaginisme ont accompagné leurs travaux de quelques considérations en forme d’excuses, dans lesquelles ils faisaient ressortir l’extrême délicatesse du sujet qu’ils traitaient. Michon, dans une lettre qu’il adresse au directeur du Bulletin de thérapeutique, en 1861, s’exprime ainsi : « Vous me demandez la communication de mes faits, je cède volontiers à votre désir, mais ie dois avouer qu’il ne me serait jamais venu à l’idée de les publier, tant le sujet est délicat à traiter. Je crois même que la même considération a retenu plusieurs autres chirurgiens, et que c’est principalement à cette cause qu’est due la rareté des faits connus. »
Moins autorisé que personne pour traiter un semblable sujet, nous ne croyons pas cependant faire précéder notre travail de ces considérations
inutiles. Le vaginisme est ou n’est pas; s’il existe réellement, pourquoi n’occuperait-il pas sa place dans le cadre nosologique ? Pourquoi ne serait-il pas l’objet d’une étude clinique au même titre que les autres affections de l’appareil génito-urinaire ?
Il nous semble, au contraire, que c’est en livrant sans réserve les faits à la publicité qu’on pourra tirer cette affection du vague et de l’obscurité qui n’ont pas cessé de l’entourer. Du reste, comme le fait remarquer Michon lui-même, la publicité n’atteint pas les personnes, et nous ne connaissons pas d’exemples de faits scientifiques dont la communication ait pu nuire aux individus chez lesquels ils avaient été observés.
Nous aborderons donc franchement notre sujet. Sans avoir la prétention de le présenter sous un jour nouveau, nous allons néanmoins chercher à le simplifier et à en faire reposer l’étude sur des faits précis. Au petit nombre d’observations personnelles que nous avons pu recueillir, nous joindrons celles que nos maîtres ont bien voulu nous communiquer. Qu’il nous soit permis d’adresser ici nos remerciements à MM. Demarquay, Dcchambre, Desnos, Labbé, Lorain, qui ont eu l’extrême obligeance de nous aider dans ce travail, et dont les conseils nous ont été utiles, pour ne pas dire indispensables.
Nous avons beaucoup puisé, pour compléter cette monographie, dans les excellents travaux de MM. Revillout, Visca, Charrier; ils verront, par
les nombreuses citations que nous leur avons empruntées, que nous partageons pour leurs ouvrages l’estime qui leur est partout accordée.