‹ Du vaginismeChapitre 24 sur 26 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Communiquée par M. le docteur Léon Labbé, chirurgien de la Pitié.)

Madame X..., âgée de 26 ans, n’a pu avoir de rapports avec son mari.

Appelé en consultation par le médecin de la famille au mois d’octobre 1872, je constatai une rougeur inflammatoire assez prononcée de l’orifice vulvaire. Le toucher vaginal est extrêmement difficile pour ne pas dire impossible; la seule introduction de la première phalange de l’index détermine d’atroces douleurs; l’orifice vaginal semble rétréci et comme contracturé. La malade, ainsi que son mari, me disent que la même douleur se manifeste û chaque tentative de rapprochement, et que, malgré leurs désirs et leurs essais réitérés, elle a toujours apporté un obstacle insurmontable à l’accomplissement du coït.

Le traitement médical ayant été impuissant pour remédier û cet état, nous résolûmes, de concert avec le médecin do la maison, de recourir à la médication chirurgicale. Après avoir

chloroformé la malade, je pratiquai la dilatation brusque, d’abord au moyen des doigts, puis à l’aide d’un spéculum. L’opération terminée, il fut possible d’introduire dans le vagin une énorme mèche, dont le diamètre ne mesurait pas moins de 3 centimètres. Ce pansement fut continué pendant plusieurs jours, après quoi la malade introduisit elle-même de fortes sondes dilatatrices dans le genre de celles employées pour le rectum. Au bout de quelque temps, l’examen au spéculum devint facilement praticable, et on constata alors une inflammation notable de la muqueuse vaginale et du col utérin. La. malade fut soumise à l’introduction de tampons vaginaux imbibés de glycérolé au tannin.

Ce traitement fut suivi avec assez de persévérance ; j’ai eu l’occasion de revoir la malade un grand nombre de fois ; une amélioration véritable s’était produite et les rapprochements étaient devenus possibles, non sans provoquer un peu de douleur. Au commencement de 4 874, malgré des soins continus, madame X... se plaint encore de la difficulté des rapprochements; nous l’examinons de nouveau et nous trouvons la muqueuse vaginale toujours enflammée. L’introduction du spéculum est cependant possible, et la douleur est beaucoup moins intense que lors de notre premier examen. Nous croyons que la vaginite dont souffre la malade cédera facilement à un traitement approprié.

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