‹ Du vaginismeChapitre 23 sur 26 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

(Recueillie dans le service de M. Desnos.)

Marie X..., âgée de 21 ans, blanchisseuse, entre à l’hôpital de la Pitié, salle Sainte-Geneviève, atteinte de rhumatisme articulaire aigu. Elle était à peu près guérie, lorsqu’elle se décida à faire connaître au médecin du service une affection qui

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s’était révélée un an auparavant. A cette époque, cédant aux instances d’un jeune homme qu’elle aimait, elle s’était livrée ou plutôt avait essayé de se livrer au premier coït. Cette première tentative fut extrêmement douloureuse, les suivantes n’eurent pas plus de succès, et, dans aucune d’elles, on ne put obtenir le rapprochement complet. Les jeunes gens étaient désespérés et ne savaient comment expliquer l’obstacle qui était venu, d’une manière si inattendue empêcher la réalisation de leurs désirs. On essaya cependant encore une fois, après avoir laissé écouler un intervalle de quelques jours, et, malgré le courage de la jeune fille, on ne 'put arriver à rien, si ce n’est à renouveler une douleur assez violente pour produire des cris et même une légère syncope. En présence de ce nouvel insuccès, le jeune homme se découragea et Marie X.., n’entendit plus parler de lui.

L’état général de notre malade ne présente rien de particulier. Elle a été réglée à 16 ans et la menstruation s’est continuée d’une manière assez régulière. Elle avait un peu de leucorrhée avant les tentatives de rapprochement sexuel, et à la suite de ces tentatives l’écoulement a augmenté d’une manière notable ; elle a ressenti également, à cette époque, une sensation de chaleur dans la région vulvaire. Ces symptômes se rapportent très-probablement à uDe vulvite qui a suivi la rupture de l’hymen, à moins qu’on ne la rattache à une infection blennorrhagique. Les renseignements que nous avons pu obtenir éloignent cette dernière supposition.

Vers le milieu d’octobre, époque à laquelle la malade fait connaître son affection, on procède à un examen local. Les petites lèvres et la fourchette sont le siège d'une inflammation de médiocre intensité; on remarque, sur le pourtour de l’orifice vaginal les traces d’un hymen circulaire ;\ la base duquel on trouve quelques proliférations épithéliales. La pulpe de l'index est introduite dans le vagin, mais la malade qui jusque-là avait assez bien toléré l’examen, pousse des cris et accuse la plus vive douleur; il est absolument impossible de faire péné-

trer le doigt plus avant. M. Desnos renonce à un examen plus complet et prescrit l’usage de mèches belladonées. Ce traitement fut suivi pendant longtemps. La malade, examinée tous les mardis, ne présente pas d’amélioration notable ; la vulvite persiste et le toucher vaginal est presque aussi douloureux qu’au début. On augmente peu à peu le volume de la mèche, mais sans résultat appréciable. Voyant le peu de succès de cette première médication, M. Desnos s’attaque directement aux causes qui entretenaient le vaginisme et cautérise, au moyen du crayon de nitrate d’argent, les proliférations épithéliales qui entouraient l’orifice vaginal. Après deux cautérisations, la malade allait mieux, et le toucher vaginal était presque praticable lorsqu’elle quitta l’hôpital.

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