DES EAUX. DE MER CHAUFFÉES
veux, tous les jeunes sujets à peine arrivés au premier septénaire de la vie, qui sont faibles et impressionnables à la fois, ou qui relèvent de quelque grave maladie, les hémiplégiques, les femmes sujettes à des attaques d’hystérie, ou qui présentent des accidents épileptiformes dépendant d’une névropathie ganglionnaire, celles qui sont affectées de névralgie faciale, de nature rhumatismale, celles qui sont dyspepsiques à un haut degré , celles qui sont très-affaiblies par des fausses couches successives, les leucorréiques débilitées, les personnes de poitrine délicate et irritable et qui ont le timbre vocal couvert d’un voile, doivent ouvrir la saison par quelques bains chauffés, purs ou mélangés avec l’eau commune. » (Gaudet, des Bains de mer , p. 25.)
La pratique a doue appris à M. Gaudet comme à nous que les eaux de mer perdaient de leur énergie en les faisant chauffer; car si tout ce qui précède ne suffisait pas, nous pourrions ajouter que quelques pages plus haut, il reproche à Vogel « d’avoir méconnu entièrement le froid , cet élément dynamique par excellence des baius de mer. » {Ibid., p. 16.
D’ailleurs, pour pouvoir admettre le contraire, il faudrait, dans l’état actuel de la science , tout au moins prouver trois choses : * ‘-r -
1° Que l’absorption cutanée dans le bain tiède ou chaud s’effectue réellement et suffisamment.
2° Que les sels qui sont absorbés se trouvent être les principaux agents de la médication marine.
3° Que l’action des vagues, de l’électricité, n’est pour rien dans les effets physiologiques déterminés.
Il faudrait, en un mot, détruire tous les faits que nous avons fournis , effacer toutes les raisons qu’ils entraînent avec eux; et cela, lorsque l’opinion contraire n’est pas possible, pas soutenable. Nous sommes donc contraint de dire que les eaux de mer perdent de leur énergie sur les maladies où elles sont particulièrement indiquées , en les faisant chauffer.
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Comment en serait - il autrement , lorsque nous voyons M. Gaudet conclure presque comme nous à l’égard de la dlf—
férence des eaux thermales et des eaux de mer, puisqu’il dit : « Les différences qui s’observent dans le mode d’action de ces deujy. agents, se résument le plus souvent en une question de température. » ( Ouv . cit., p. 351.) Or, ceci n’est pas une illusion, car je puis» trouver dans cet auteur des faits qui justifient tous les mouvements organiques médicateurs qui sont la conséquence de cette différence de température. C’est ainsi qu’on lit dans son ouvrage : « Les eaux de Schinznach , en vertu du mouvement d’expansion qu’elles provoquent dans les tissus extérieurs, ont fait ouvrir de nouvelles fistules à des adénites cervicales et à des ostéites articulaires de nature scrofuleuse, là même où des bains de mer font tarir et cicatriser les fistules. » {Ibid., p. 349.)
Mais , maintenant , précisément par ce fait , que la différence des eaux thermales et des eaux de mer se résume , d’après M. Gaudet et nous, en une question de température, aura-t-on peut-être le droit de nous dire que les eaux de mer chauffées peuvent avoir toutes les propriétés des eaux thermales, et, par conséquent, les remplacer avantageusement ?
Voilà une nouvelle preuve des erreurs dans lesquelles on tombait jusqu’ici , en ne raisonnant que sur un des phénomènes physiologiques de l’action des eaux. C’est ainsi que , dans ce cas, on se limite encore dans le mouvement organique centrifuge provoqué , sans observer dans quelles conditions s’accomplit la respiration, que nous avons toujours reconnue apporter la plus grande influence dans les conséquences physiologico-thérapeutiques. Or, ici , la respiration s’effectue toujours dans l’atmosphère marine , au milieu de fort peu de vapeurs aqueuses, de beaucoup d’oxigène et de gaz médicateurs différents; tandis que, dans les thermes, naturels surtout, qui coulent constamment de tous les conduits, l’évaporation de l’eau , de gaz acide carbonique , hy^ro-sulfurique, est telle que la transparence de l’air en est fortement troublée, et que tout individu qui respire dans une semblable atmosphère ne peut qu’être profondément influencé par l’absorption pulmonaire incessante de toutes ces émanations,