DES EAUX DE MER CHAUFFÉES
nous avons produites et la théorie l’expliquent parfaitement, ainsi que nous l'avons développé dans le chapitre des indications et des contre-indications. Par conséquent dans ce fait il n’y a rien d’extraordinaire, il n’y a rien surtout de probaht sur la plus grande efficacité du bain chaud contre l’état organoplaslique. Russel n’a donc été que surpris par des épiphénomènes et des circonstances secondaires dont il ne sait pas s expliquer la raison ; d’ailleurs il reste indécis.
Mais nous ne saurions plus 1 être dès l’instant que nous avons vu que la maladie scrofuleuse n’est pas guérie plus particulièrement par les bains chauds de mer et qu’elle l’est par les bains froids de l’eau ordinaire. Dans ce fait seul se trouve l’argument sans réplique.
Maintenant, que les bains chauds de mer puissent 5lrc à la tendue efficaces aussi , nul ne peut le contester. Mais est-ce la chaleur du bain qui augmente cette efficacité, qui la dotermine même? Assurément, non I
Il y a ici le séjour sur les bords de la mer, la respiration dans I atmosphère marine qui seule pourrait agir et amener les effets dont on pourrait faire honneur aux bains • il y a encore la plus grande densité du liquide , la clialeu’r de l’eau par rapporta la température de la saison.
, Que dis-je? cette saison peut être encore très-influente et l’impression de l’air frais même en sortant du bain peutav^oir une action physiologique curatrice. Ce frisson, spasme vital périphérique, peut parfaitement être modificateur, en déterminant des mouvements organiques semblables à ceux que produisent le bain d’air comprimé et l’immersion dans l’eau froide. Il y a donc bien des raisons, autres que la chaleur du bain, qui peuvent avoir amené des résultats que Russel attribuait au bain chaud. Cela prouve combien toute expérience a besoin d’être raisonnée et d’être mise en rapport avec nos grandes lois de la physiologie humaine. L’empirisme pur et simple ne peut guère conduire qu’à l’erreur! II est vrai qu’ici Russel n’a va U été poussé qu’au doute; mais c’est déjà une faute ; car il enlève au médecin toute sa puissance. Èn effet , dit M. Barrier de Lyon avec grande raison ; <« Quelle diffé-
rence entre deux médecins dont l’un, méconnaissant la nature de certaines modifications de l’organisme , n’y voit que les indices d’une prédisposition qu’il n’est pas en son pouvoir de changer, tandis que l’autre, avec cette sagacité et cet esprit philosophique sans lesquels il n’y a point d’art hippocratique, voit dans ces modifications les premiers effets d’un véritable état pathologique qu’il se hâte d’arrêter dans sa marche et de faire rétrograder. » ( Maladies de l’enfance, t. 1, p. 495.)
Eh bien ! nous avons montré, non-seulement les premiers effets pathologiques, mais même les radications de ces effets ; nous avons montré de plus, comment la médication marine, les bains froids, en déterminant divers mouvements physiologiques, arrivaient plus ou moins directement à modifier ces radications et ces effets. Et, sous des apparences cachées au milieu de circonstances équivoques, nous abandonnerions la proie pour l’ombre !
Sur de simples épiphénomènes corrélatifs, parfaitement explicables d'ailleurs, changerions-nous en un doute nos convictions intimes, nos ccriiludes démontrées? Non! l’expérience, la tradition et tout ce que la raison peut apporter de prépondérance dans la question s’accordent trop bien, pour que les illusions d’une observation incomplète puissent venir briser cette harmonie de l’ensemble.
Les bains de mer chauds, nous l’avons dit , peuvent être parfaitement utiles, avantageux, même indispensables pour commencer en hiver un traitement qui devra durer longtemps, pour continuer même un traitement fort long; mais, comme question de principes, les eaux de mer perdent -elles de leur énergie en les faisant chauffer ? nous disons hardiment et hautement, oui, elles perdent de leur énergie!
Elles perdent si positivement de leur énergie, qu’il n’est venu à l’idée d’aucun praticien sérieux de conseiller les bains de mer chauffés autrement que dans des cas exceptionnels , et presque toujours pour arriver même à supporter le bain à la lame , en diminuant peu à peu leur température. C’est ainsi que M. Gaudet résume sa pratique à ce sujet de la manière suivante : « Les enfants lymphatiques excitables, les enfants ner-