XVI
PROLÉGOMÈNES
premiers essais. Heureusement que, comme nous le prouverons, la synergie organico-vitale supplée bien des fois à notre insuffisance , puisqu’il est manifeste que , en réveillant seulement la contractilité générale, on atteint les élaborations; de même que, en provoquant en général les sécrétions, on modifie ces mêmes élaborations et par suite la contractilité. Actions et réactions , au moyen desquelles on peut arriver ainsi, par les voies les plus opposées, aux résultats de résolution et de régénération, dans des maladies fort différentes.
Tels sont donc les phénomènes qui , en proclamant encore la solidarité d’action de l’organisme, expliquent cette maxime, par laquelle notre faiblesse est aussi bien dévoilée qu’est rehaussée la grandeur prévoyante de l’Être suprême , qui a présidé à l’organisation de l’admirable mécanisme de notre machine vivante : Pessimâ methodo medendi non omnes tru cidentur. Raisons et conséquences, néanmoins, dont l’enchaînement n’indique que mieux que nous sommes dans la voie de la vérité , puisque nous reconnaissons les véritables motifs de ces causes et de ces effets. Dès lors il ne reste plus qu’à chercher comment il doit être plus utile et avantageux de toucher ces facultés physiologiques médicatrices, pour les diriger le plus promptement et le plus sûrement possible vers le but cherché.
C’est en regard de ces principes moteurs de tout l’organisme et directeurs de toute la thérapeutique , que nous allons étudier les eaux de mer en particulier et les eaux froides simples et minéro-thermales en général , dans leurs actions sur les divers appareils organiques et leurs résultats sur les différentes conditions pathologiques.
Cependant, comme, peut-être déjà et dans le cours de cet ouvrage plus encore, on pourra me reprocher d’énoncer ou de formuler des opinious trop positives, trop arrêtées, je dois d’avance me justifier en disant : que c’est, au contraire, la force de mes convictions , qui seule a pu m’engager à mettre au jour ce travail; que, d’ailleurs, il est manifestement avéré dans l'esprit de chacun et dans celui de la science même, que si notre époque pêche sur quelque point, c’est surtout par
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son manque de foi, et cela, lorsqu’il est reconnu que sans elle il ne peut y avoir d’art hippocratique.
Pouvais-je, d’ailleurs, rester dans le doute, lorsque les faits particuliers et généraux ont pu se corroborer les uns par les autres, et se concilier parfaitement dans un ensemble harmonique? Il m’a semblé que chaque fait acquérait ainsi d’autant plus de force qu’il était plus généralement appuyé par les rapports de tous, tandis que la vérité de la doctrine était assurée dès l’instant qu’elle prenait ses racines dans le passé et qu’elle s’irradiait par ses rameaux dans l’avenir, au moyen des plus nombreuses et plus éclatantes évolutions du présent. Est-ce que, en effet, les progrès du présent ne contiennent pas en germe l’avenir?
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