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corps comprimant, l’a forcée de rebrousser chemin et de rentrer dans la masse des fluides en circulation.
Dans cette condition, que sont devenues ces molécules que je puis appeler excrémentitielles? Forcément, elles sont restées dans le sang, dont elles ont dû modifier et la nature et l’excitabilité, d’autant que sa caloricité était augmentée. Les maladies charbonneuses des animaux surmenés, 6i le fait en lui-même n’entraînait cette explication, nous le démontreraient encore.
Par conséquent, s’il y a irritation, s’il y a changement de nature, altération primitive, cette altération est dans le sang. Et cela, est-ce un fait si obscur qu’il ne puisse tomber sous nos sens ? Nous avons cité l’exemple des animaux surmenés, nous pourrions rappeler ces faits d’angine maligne que j’ai vus quelquefois, et dont un digne confrère, le docteur Quesnel de Rouen , en s’inoculant le sang du malade, a été une des malheureuses victimes. Dans ce cas, qui entraîna un gonflement énorme du membre, où était la cause irritante, l’aiguillon du stimulus? Était-il dans les solides? S’il eût été dans les solides, ne se fût-il pas borné à la partie contaminée? Aurait-il envahi le membre tout entier et le thorax luimême? D’ailleurs, les malades mourraient-ils par les symptômes généraux d’empoisonnement qui se trouvent souvent en disproportion avec les phénomènes locaux?
Donc, la partie ne devient pas douloureuse, tendue, par la sensibilité organique augmentée. Il y aurait, dans ce cas, augmentation de contractilité , et, dès lors, les phénomènes de stagnation des liquides n’auraient plus de raison d’être. Par conséquent s’il y a douleur, c’est par l’impressionnabilité que reçoivent les tissus au contact d’une cause irritante ; c’est par la distension forcée de ces mêmes tissus.
N’est-ce pas plus naturel et plus simple de l’admettre ainsi, lorsque, d’ailleurs, nous voyons que tel sang, telle inflammation ; telle résistance des .issus, telle douleur. Ne voit-on pas évidemment, les inflammations les plus violentes chez les hommes les plus robustes, les plus pléthoriques ; les douleurs les plus vives dans les tissus les moins extensibles, comme
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dans le panaris? Au contraire, n’observe-t-on pas la passivité, l’indolence de ces inflammations dans les tempéraments lymphatiques, les maladies scrofuleuses, scorbutiques, anémiques?
Dirait-on? Mais ce ne peut être dans le sang, puisqu’un de vos quatre individus n’a rien eu. Comment! n’avez-vous pas noté que c’était le plus jeune, le plus robuste, le plus capable . de réaction , celui dont aucun organe particulier n’était plus impressionnable, plus affaibli? Et, dans ce cas, la force de la constitution n’a-t-ellc pas pu et dû éliminer les principes hétérogènes du sang, par d’autres émonctoires que ceux de la peau? L’exhalation pulmonaire, la sécrétion rénale et hépatiqqe ne sont-elles pas des fonctions supplémentaires de la transpiration? Dès lors, au milieu des conditions organiques où se trouve cet homme, peut-il être étrange d’admettre une élimination pour lui , et de ne pas en admettre au moins une insuffisante pour les trois autres individus , qui offraient encore une cause prédisposante locale?
Ici, que d’observations pratiques attesteraient également ' que ce n’est pas à la vitalité accrue d’un organe qu’est due la localisation de l’hypérémie, mais bien à sa faiblesse. Qu’on observe, comme je le dirai avec détails dans mon ouvrage Des sources des indications thérapeutiques , nos paysans qui ont eu plusieurs pneumonies, et l’on verra que les dernières, avec moins d’intensité dans le mal, souvent moins d’étendue, sont toujours plus graves et plus difficiles à conduire vers la résolution. Qu’en conclure donc, sinon que l’obstacle est dans le défaut de contractilité locale?
Par conséquent, la cause prédisposante et localisante de toute hypérémie est dans le défaut de contractilité des tissus, comme la cause première pathogénique de la nature du mal est dans le sang. D’ailleurs, quel est celui de nos tissus qui est le plus apte à se laisser pénétrer et distendre par l’hypérémie, si ce n’est le plus lâche? N est-il pas d’observation, en effet, que c’est dans la trame du tissu cellulaire que se fixent les plus diverses altérations, que se dépose le blastème, pour parler comme M. Lebert, des différentes espèces de cancer, que
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l’on reconnaît se former ailleurs? Ailleurs; et où, si ce n’est dans le sang?
La cause donc de la localisation de l’hypérémie, et meme de toute lésion organique par hypertrophie, est dans le défaut de contractilité de nos tissus et de cette même disposition individuelle dans tel ou tel organe. On en trouve la preuve anatomique la plus évidente; puisque, tandis que le tissu cellulaire est celui qui en offre le siège le plus fréquent, parce qu’il est le plus lâche, le moins contractile, le tissu contractile par excellence y est tellement peu disposé, qu’aujourd’hui la question est encore indécise, si les muscles peuvent être véritablement enflammés (Gerdy, Chirurgie 'pratique complète , t. II, p. 12). En même temps, Béclard dit que la transformation graisseuse des muscles est plutôt apparente que réelle. « Elle résulte de la pâleur et de l’atrophie du muscle, conjointement avec l’accumulation de la graisse entre les faisceaux, »* {Anatomie générale , p. 551, édit, de M. Jüle$ Béclard.)
Mais à quoi bon ces preuves générales indirectes, lorsqu’il en existe de directes qui attestent que le sang , loin d’affluer vers une partie enflammée , ne fait que se déposer dans les capillaires et les tissus dilatés, à mesure qu’il arrive à la partie en parcourant les circonvolutions de la circulation. En effet, déjà M. le professeur Andral, dans son Anatomie 2 )athologique , en rejetant le mot inflammation pour celui - d’hypérémie, a voulu exprimer qu’il n’y a souvent rien d’actif dans ce travail pathologique, comme cherchait à l’indiquer la première dénomination. Il est vrai que, tout en admettant une hypérémie par diminution de tonicité des capillaires et une hypérémie cadavérique, ou par hypostase, qu’a démontrée encore M. Piorry sur le vivant, M. Andral reconnaît de plus une hypérémie par irritation. Or, sur quoi le savant professeur se fonde-t-il ici ? Sur la rougeur subite des joues et de la face, à la suite d’une émotion morale, et après, sur une action stimulante locale. {Anatomie pathologique, t. II, p. 12.) Les causes extérieures ne sont pas en question ; mais, au sujet de l’exemple cité des congestions de la face, u’est-ec pas un
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raptus sanguin, dont la cause nerveuse productive n’est qu’un ébranlement général portant sur les centres circulatoires, et qui s’arrête à la face, et surtout aux joues, parce que cette partie est plus visible pour nous, et que d’ailleurs les capillaires y sont originellement plus dilatés? La congestion des organes génitaux, sous l’influence des caresses de l’amour, s’effectuerait-elle sans le tissu érectile disposé pour cela? Et, admettant ici le raptus même, ne peut-on pas reconnaître pareillement que l’exaltation circulatoire étant générale, la congestion s’effectue plutôt sur un organe vasculaire , spongieux, que sur un autre, abstraction faite des sympathies organiques qui, selon moi, constituent encore un mystère, dont il ne faut pas abuser, comme on l’avait fait.
Mais voici des opinions plus explicites et des faits plus palpables. Vacea, en 1765, à Florence, a soutenu le premier, que l’action des capillaires, dans l’inflammation, était diminuée au lieu d’être augmentée. D’ailleurs il a dit :
« 1° L’inflammation ne se développe jamais dans une partie du corps, à moins qu’il n’y ait dans cette partie une congestion de sang réduit presque à l’état de repos ;
« 2° Une congestion ou demi-stagnation de sang ne peut se manifester dans une partie du corps sans y produire une débilité absolue ou relative.
u En effet, dans l’état de santé, la résistance à la distension est égale à la force d’impulsion ; quand cette résistance devient inférieure , la distension doit nécessairement avoir lieu ; mais une diminution dans la force de résistance ne peut provenir que de la débilité . »> ( Traité de l’inflammation , de J. Thomson, traduct. par Boisseau et Jourdan, p. 39.) i
La doctrine d’Allen, que résume aussi notre auteur, assure encore que : « Les vaisseaux qui sont le siège de l'inflammation se contractent avec moins de force que ne font les vaisseaux plus rapprochés du cœur, d’où ils reçoivent du sang. » ;< Ibid ., p. 43.)
C’est un fait qui paraît démontré dans les inflammations cérébrales où les artères carotides battent plus fort. Aussi ne serait-ce que dans ce sens qu’il serait possible d’admettre
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aujourd’hui l’axiome ubi stimulus ibi fluxus , tellement compromis, dès qu’on a voulu vérifier le phénomène, que M. Dubois d’Amiens, après avoir répété bien des expériences que nous citerons, dit : «La congestion est un phénomène tout à fait mécanique ; le sang afilue là où il trouve moins de résistance. » ( Préleçons de pathologie expérimentale .) J. Thomson ne conclut, à la vérité, ni pour, ni contre ces opinions, parce que ses expériences sur les grenouilles portent plutôt sur la circulation que sur l'inflammation. Il n’en est pas de même de Philippe Wilson qui « aurait vu le sang circuler plus lentement dans les vaisseaux enflammés, à proportion du degré de l’inflammation, et même rester stagnant dans les vaisseaux affaiblis d’une partie enflammée.» (Samuel Cooper, Dictionnaire de chirurgie, t. II, p. 7.) Ce qui se trouve confirmé en tout point par les expériences microscopiques d’Haslings, qui mettent d’accord celles de Thomson, restées incomplètes. En effet, comme Thomson, il a remarqué la contractilité des capillaires ; mais, dans l’inflammation, il les a vus se dilater, admettre un sang moins fluide, qui perd son apparence globuleuse, et qui se meut beaucoup plus lentement qu'à l'état normal ; phénomènes encore complétés par ce qu’il aurait distingué dans la résolution : les vaisseaux dilatés se
contracter. (Samuel Cooper, ibid., p. 9.)
Enfin, les choses se passent si véritablement ainsi, que Gruilhuisen, Katersbrunner, Koch , M. Dubois d’Amiens et M. Lebert sont venus confirmer en tout point les observations de Hastings, tandis que M. Magendie a montré que le sang ne converge vers une partie, que lorsqu’un vaisseau capillaire étant ouvert, il y a moins de résistance en ce point. (Voy. Gerdy, ouv. cit ., t. II, p. 24 et 25).
Que faut-il conclure de ces faits évidents, si parfaitement d’accord avec notre observation clinique? 11 faut conclure que Bichat, Broussais et surtout Marandel n’avaient fait que copier les anciens, et prendre le résultat tout entier pour les phénomènes productifs, lorsqu’ils ont appelé l’inflammation une exaltation des forces vitales organiques , résultant d’un agent extérieur et intérieur , et dont l'effet le plus général est
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de produire un afflux de liquide dans la partie irritée . C'est ainsi que, parce qu’il y a résistance, dureté de la partie enflammée, on a cru à la vitalité augmentée des tissus; tandis qu’on a pensé qu’il y avait relâchement, lorsque la tumeur se dégorgeait. C’était l’inverse , puisque la résolution ne commençait que par le retour de la contractilité. On a donc confondu les caractères généraux et complexes avec ces phénomènes particuliers que l’analyse seule pouvait .faire reconnaître.
Des effets purement physiques attestent les phénomènes que nous avons indiqués : « La situation déclive d’une partie aggrave tellement les lésions physiques les plus légères, les contusions, les écorchures, les piqûres, en les compliquant d’inflammations érysipélateuses, de lymphite, de phlébite qu’elle aggrave elle-même, lorsque les malades continuent à se tenir debout, à marcher, que nous croyons rendre un immense service à la science et à l’humanité , en mettant cette importante vérité dans tout son jour.» (Gerdï, ibid. , t. I, p. 166 ).
Dans ces cas-là , n’est-ce pas en portant obstacle à la contractilité que s’aggravent ces inflammations? et lorsque , par la position élevée, on en obtient la résolution, comme j’en ai vu, il y a vingt ans, les plus beaux exemples dans la clinique du professeur cité, n’est-ce pas en permettant et en facilitant le retour de la contractilité ? Dira-t-on que c’est, au contraire, parce que les liquides ne s’y portent plus ? Ce serait se faire une fausse idée des phénomènes, attendu que ceci expliquerait bien comment l’inflammation ne s’aggrave plus, mais ne donnerait pas l’explication de sa résolution. Or, non-seulement les inflammations se résolvent ainsi; mais des plaies et des ulcères se cicatrisent mieux que par tout autre moyen. N’y a-t-il donc pas alors quelque chose d’actif, de ranimé dans la contractilité? Ne devient-elle pas Yimpetum faciens de la résolution ?
Pour avoir donc la vérité, on n’aura, pour ainsi dire, qu’à intervertir les termes de Bichat, de Broussais et de Marandel, et on dira ainsi :
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1° Que toute inflammation ou congestion est l’effet d'une dilatation des capillaires de la partie ;
2° Dilatation provoquée surtout dans l’état aigu , par le changement survenu dans la caloricité et la constitution des éléments du sang , c’est-à-dire dans sa crase, comme disaient les anciens.
C’est si réellement ainsi , que, observez une contusion : les capillaires ont été meurtris, déchirés, le sang s’épanche dans les tissus, et malgré la douleur, l’irritation par ce sang épanché, il ne se fait point d’inflammation. Mais qu'après cela l’individu se fatigue, que son sang s’enflamme, et la partie ellemême s’enflammera.
D’où il suit que l’on peut dire, pour résumer le grand phénomène pathogénique de l’inflammation : tel sang, telle inflammation ; tel abaissement de la contractilité des tissus, tel développement de l’inflammation ; phénomènes radicaux d’autant plus vrais que l’on peut dire encore pour les maladies chroniques : tel sang , tels tissus ; ce qui explique toutes les cachexies où la pauvreté et l’altération du sang sont en rapport avec l’état de la texture organique qui en est alimentée.
Ces faits physiologiques, démontrés par tant d’expérimentations, le sont encore aujourd’hui par les conséqueuces cliniques de l’hydrothérapie générale qui a montré que, si l’on voit des tissus régénérés par les modifications obtenues dans la constitution des liquides au moyen des actions des eaux minérales, de même le retour de la tonicité fibrillaire, c’est-à-dire de la contractilité générale, sous l’action des bains froids, modifie le sang, comme on le voit par les guérisons d’anémie, de constitutions lymphatiques, scrofuleuses.
Tel sang, telle inflammation, ai-je dit. Peut-on en douter lorsqu’on voit certaine disposition dans des familles amener des inflammations rhumatiques, strumeuses, cancéreuses, dartreuses; qu’on trouve chez d’autres lamilles une prédisposition particulière aux virus syphilitiques , varioliques, etc. ? Chez un sujet scorbutique, est-ce que létal général des liquides ne précède pas les symptômes locaux? Et d ailleurs, dans toute maladie, est-ce que les causes générales ne
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portent pas sur les fluides, et ne découvrons-nous pas le, premiers rudiments du mal dans ceux-ci ? Les étiologies re connues par Galien à cet égard, me paraissent d'une justesse incontestable, et d’ailleurs les inflammations sont quelquefois précédées d’une fièvre d’invasion : on l’observe surtout lorsqu elles sont ou paraissent être spontanées ; mais des phlegmasies causées par le froid, comme une pharyngite une pleunte, une pneumonite, sont môme souvent précédées de frisson et de fièvre d'invasion. ,, (Geudv, ou», oit . , t . Il,
Le quelquefois du savant professeur ressemble déjà par ses additions a un toujours. D'ailleurs, de ce que la douleur pleuicnque est le premier symptôme qui a attiré l’attention du naïade s ensuit-, 1 que ce soit le premier phénomène pathologique? Il ne resterait donc en dehors de tous ces faits que la fièvre traumatique. Mais ici encore , outre que l'on peut comprendre qu’un travail pathologique suscite de la fièvre pa' es réactions produites , les observations, que fournit aujourd hui 1 anesthésie par le chloroforme, attestent qu’en supprimant la douleur de l'opération , c’est-à-dire la commotion genei ale, on supprime la fièvre.
tioï 05 cnn UVOn ? f°" C / 0Uj0UrS dire tel san 3. ‘elle inflammaton comme tel défaut de contractilité organique telle
ocalisation phlegmasique; ce qui, par conséquence ’natu- ’ entame cette double idée : Telle modification dans le sang et telle excitation dans la contractilité , telle résolution U, la la source de toutes les indications thérapeutiques j ne s agit jamais en médecine appliquée que d’augmener cou contractilité dans la partie locale phlé g m«iéf P ur ob mr la dérivation (sédation), et de la diminuer dans les pi tics éloignées pour déterminer la révulsion. Concours de mouvements organiques qui effectuent la résolution, puissamment facilitée par les actes généraux des élaborations et des sécrétions , changeant la plasticité et rendant ainsi au ng ses qualités et, par elles, des influences organiques pert ues dans le trouble pathologique. Restent les modifications spécifiques a obtenir; mais là, la science en est encore à ses