KOURGANE. — STATION POUR LES COLONS
Pétersbourg), je passais à Korsoun, dernière station d’Asie. La traversée de l’Oural par cette voie est très pittoresque et plus accidentée que sur la route de Perm à Tiumen. Vous pouvez vous en rendre compte par cette projection.
La ville d’Oufa, en plein pays bachkir, compte seulement trois cents années d’existence; elle est habitée par 40,000 Russes, Bachkirs et Tatares.
On peut se croire encore en Asie dans cette contrée, si l’on étudie ses antiquités et les éléments ethniques qui la peuplaient exclusivement avant la conquête russe et qui dominent encore.
Les Bachkirs, si nombreux dans le gouvernement d’Oufa, sont considérés comme un mélange des Ougriens, des Turcs et des Mongols, ou simplement comme des Finnois tatarisés. Car il y a des Finnois tatarisés comme il y en a de russifiés. Le nom de Bachkir apparaît vers le xne siècle. De nomades qu’ils étaient, ils sont devenus sédentaires. Le costume des hommes varie selon les gouvernements. Dans celui de Perm, sauf le chapeau de feutre blanc, il se confond avec celui des Tatares, dans d’autres régions, ce costume est tout rouge ; tandis que dans les villages près d’Oufa, où je me suis rendu, il est généralement blanc. Ici les Bachkirs sont bons agriculteurs, ils occupent du reste des territoires assez fertiles. « Bach »,en tatare, veut dire tête et aussi ruche, et « kourt » signifie abeille. « Bachkourt » se traduit par ruche pour les abeilles. Le nom de ce peuple tire peut-être son origine de sa prédilection pour l’apiculture. Autour des ruches, très nombreuses dans leurs villages, les Bachkirs placent à l’extrémité de perches des crânes de chevaux ou des cornes de boucs, pour que les abeilles ne soient pas ensorcelées.
Si un Bachkir ayant volé est pris par ses congénères, ils le jettent à l’eau, avec une pierre au cou, plutôt que de le livrer à la justice russe. Cette manière d’exécution sommaire se nomme : « rasprava ».
J’ai recueilli ces données, ainsi que d’autres, lorsque d’Oufa j’ai fait une excursion à Tchichma, village bachkir, pour visiter dans ses environs le tombeau d’Oussein Bck, fils d’Ismir Bek, mort l’an 444 de l’hégire. Le tombeau de ce missionnaire, venu du Turkestan pour prêcher l’Islamisme en Bachkirie, est un lieu de pèlerinage. La belle pierre sépulcrale portant inscrite ces données historiques se trouve au milieu d’un mausolée en ruine ana-
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logue à celui que nous avons été visiter ensuite, près du village Srednia Termouï. Celui-ci est mieux conservé.
KONOVAL, VÉTÉRINAIRE EMPIRIQUE, KOURGANE
C’est un édicule carré, à angles coupés, long et large de trois archines, éclairé par de petites fenêtres et surmonté d’un toit
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pyramidal recouvrant une coupole; le tout en pierres brutes solidement cimentées. On y accède par une sorte de vestibule (en forme
de couloir) orienté au midi. C’est à tort que la tradition locale considère ce monument comme le reste d’un palais de Tour Khan. Sa ressemblance avec celui que nous venons de citer, ne laisse