‹ Du vrai, du beau & du bienChapitre 10 sur 71 · Ire leçon, p. 27et · texte numérisé non relu

Ire leçon, p. 27et

n'en peut pas être dé même quand il s'agit de la substance qui soutient les phénomènes de conscience, nos qualités» nos actes, nos facultés même; car cette substance n'est pas directement observable ; elle ne s'aperçoit pas, elle se conçoit. La conscience aperçoit la sensation , la volition , la pensée ; elle n'aperçoit pas leur sujet. Qui a jamais aperçu l'âme? Et n'a-t-il pas fallu, pour atteindre cette essence invisible, partir d'un principe qui ait la vertu de rattacher le visible à l'invisible, le phénomène à l'être, à savoir le principe des substances ^ ? L'idée de substance est nécessairement postérieure à l'application du principe, et par conséquent elle n'en peut expliquer la formation.

Entendons-nous bien : nous ne voulons pas dire que nous ayons dans l'esprit le principe des substances avant d'apercevoir un phénomène , tout prêts à appliquer le principe au phénomène, dès que celui-ci se présentera; nous disons seulement qu'il nous est impossible d'apercevoir un phénomène sans concevoir à l'instant même une substance, c'est-à-dire qu'au pouvoir de percevoir directement un phénomène, soit par les sens, soit par la conscience, se joint celui de concevoir la substance qui lui est inhérente. C'est ainsi que se passent les faits : la perception des phénomènes et la conception de la substance qui les soutient ne sont pas successives, elles sont simultanées. Devant cette impartiale analyse tombent à la fois deux erreurs égales et

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