Ibid., p
3. 1" édit., Anosterdam, ITlô, p. 354, et édit. de M. de Jaucoun, Amsterdam, 1747, t. II, p. 93.
nier fondement des vérités, à cet esprit suprême et universel qui ne peut manquer d'exister, dont l'entendement, à dire vrai, est la région des vérités éternelles, comme saint Augustin l'a reconnu et l'exprime d'une manière assez vive. Et afin qu'on ne pense pas qu'il n'est point nécessaire d'y recourir, il faut considérer que ces vérités nécessaires contiennent la raison déterminante et le principe régulatif des existences mêmes, et en un mot les lois de l'univers. Ainsi, ces vérités nécessaires étant antérieures aux existences des êtres contingents, il faut bien qu'elles soient fondées dans l'existence d'une substance nécessaire. C'est là où je trouve l'original des vérités qui sont gravées dans nos âmes, non pas en forme de propositions, mais comme des sources dont l'application et les occasions feront naître des énonciations actuelles. »
Ainsi, depuis Platon jusqu'à Leibniz, les plus grands métaphysiciens ont pensé que la vérité absolue est un attribut de l'être absolu'. La vérité est incompréhensible sans Dieu, comme Dieu nous serait incompréhensible sans la vérité. La vérité est placée entre l'intelligence humaine et la suprême intelligence, comme une sorte de médiatrice. Au dernier degré comme à la cime de l'être, partout Dieu se rencontre, car partout il y a de la vérité. Etudiez la nature, élevez-vous aux lois qui la régissent et qui font d'elle comme une vérité \ivante : plus vous approfondirez ses lois, plus vous vous approcherez de Dieu. Étudiez surtout l'huma-
1. Preuikrs Essais, Programme d'un court tur les véiités alucft^», p. Sôl-ST.fi. ^... ^^^