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IV. — Essai sur putréfaction

Nous nous sommes procuré du sérum de cheval, alcalin et putréfié. Nous mettons dans un certain nombre de

(1) Grimbert, Action des antiseptiques intestinaux sur les fonctions chimiques du bacterium coli (Société de Biologie, 20 décembre 1895).

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flacons une quantité déterminée de ce sérum et une quan: tité également connue des différents antiseptiques.

Tous les jours nous ensemençons sur une solution de peptone à 2 °/, Stérilisée, ces différentes solutions.

Nous résumons dans le tableau ci-contre les résultats obtenus :

On appelle équivalent antiseptique d’un médicament, la quantité minima de cette substance nécessaire pour stériliser dûment un litre de bouillon.

L'équivalent thérapeutique sera la quantité, comptée par kilogramme du poids de l'animal, qui, injectée dans le sang ou prise par voie stomacale, ne détermine pas de phénomènes toxiques, mais au-delà de laquelle l’intoxication se produirait.

En divisant ces deux quantités l’une par l’autre, nous aurons la valeur thérapeutique du médicament.

Bouchard en opérant ainsi sur un certain nombre d’antiseptiques, à pu déterminer leur valeur thérapeutique. I en à tiré les règles suivantes AL

1° Les antizymotiques faibles, par suite de leur moindre toxicité, surpassent généralement en puissance thérapeutique les antizymotiques forts.

R° Des doses d’antizymotiques insuffisantes par ellesmêmes pour détruire un microbe déterminé, peuvent rendre ce dernier inoffensif.

(@) Stokwis, Leçons de bharmacothérapie, tome I.

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Nous n'avons pu déterminer l'équivalent antiseptique du xéroforme, c’est-à-dire la dose capable d'empêcher le développement du bacillus pyocyaneus dans un litre de bouillon.

D'autre part nous ne sommes pas arrivé à trouver son

équivalent thérapeutique (voir dans le chapitre physiologique, la toxicité du xéroforme).

Cependant ceci ne prouve nullement, qu’au point de vue chirurgical ou médical, le xéroforme n’aie pas de valeur. On sait en effet que la valeur d’un antiseptique n'est pas en rapport direct avec son état microbicide. Tel antiseptique, par exemple, qui impressionne peu les microbes, sera efficace en exerçant à la surface des plaies une action coagulante capable de créer un obstacle matériel à la pullulation ou à la pénétration des germes dans l'organisme.

De plus, le xéroforme, pour l’antisepsie interne de l’organisme, n'a pas besoin de détruire l'agent infectieux. 11 suflit que ce dernier soit retardé, amoindri ou immobilisé pour qu'il ait produit un effet utile et sérieux. D'autant plus que la résistance de l’organisme, variable à l'égard de tel ou tel germe, ajoute son action à celle de l'antiseptique. On l’a dit fort justement : la vie est un antiseptique.

Nous inspirant des recherches de Bouchard, nous avons fait l'expérience suivante :

Nous avons pris deux antiseptiques presque aussi insolubles : le naphtol 8 et le xéroforme et nous avons cherché :

1° Qu'elle est la dose d’antiseptique pour laquelle le

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développement du bacille pyocyanique est rendu impossible ;

2 La dose capable d'empêcher la formation de la matière colorante de ce bacille.

Si nous avons employé le bacillus pyocyaneus ou bacille du pus bleu, c’est que ce microbe est vraiment un microbe de laboratoire. Il est très facile à cultiver et se développe excessivement vite. De plus parmi les microbes colorés, c'est un des mieux connus. Signalé successivement par Lücke, Schræter, Eberth, il à été surtout étudié par Gessard, et en dernier lieu plus complètement par Charrin et Wasserzug. La matière colorante qu’il forme, désignée sous le nom de pyocyanine, à été isolée par Fordos. Cette coloration franchement bleue n'apparaît pas dans les milieux ordinaires où l’on fait vivre les microbes. Dans ces milieux il décèle sa présence par une coloration verte plus ou moins foncée.

Comme milieu de culture nous nous sommes servi de bouillon de bœuf, fraîchement préparé, peptonisé à 2°/, et alcalinisé avec de la soude à l'alcool jusqu'à une coloration bleue, très nette au papier de tournesol.

Tout le bouillon dont nous nous sommes servi à été préparé en même temps, en masse, selon les régles indiquées par M. le professeur Macé dans son traité de Bactériologie.

Dans des flacons nous avons mis des doses correspondant à :

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Nous ensemençons toutes ces solutions avec des cultures homogènes de pyocyaneus.

On entend par cultures homogènes, nom donné par Wasserzug (1), des cultures dont toutes les cellules sans exception sont capables de produire de la matière verte dans un milieu donné.

Cet auteur est arrivé à ce résultat par les deux procédés suivants :

1° En rajeunissant une culture pure par des ensemencements successifs, faits de deux en deux jours, dans du bouillon de veau à 37°. Douze à quinze cultures suffisent en partant d’une colonie récente sur gélose.

(1) Wasserzug, Sur la formation de la matière colorante du pyocyaneus (Annales de l’Institut Pasteur, décembre 1887).

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