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DIAGNOSTIC. — PRONOSTIC. — TRAITEMENT

DraGnosric. — Le zona est généralement facile à reconnaître: les symptômes prodromiques, la disposition des vésicules, l’unilatéralité, constituent un ensemble caractéristique.

On pourrait certes commettre une erreur de diagnostic, si on s'arrêtait à l’idée d’une névralgie intercostale ou d’une pleurodynie sans examiner avec soin la région.

On peut confondre le zoster avec certains herpès. De Amicis, Hœmisch ont décrit sous le nom de zoster bilateralis universalis une affection que Bulkley, avec d’autres auteurs, ont considérée comme un herpès lié à l'évolution de la grossesse (herpes gestalionis). ;

Les herpès facial, labial, génital, sont quelquefois assez difficiles à distinguer. Leurs caractères sont: l'intensité de la fièvre avant l’éruption, la diminution irrégulière et bilatérale des vésicules, la fréquence des récidives et l'absence de la douleur, Quand à l’herpès phlycténoïde, il ne serait, d’après Hardy, qu'une variété de zona.

Nous avons indiqué que certains auteurs anciens avaient insisté sur l’analogie du zoster et de l’érysipèle, qu'ils confondaient quelquefois ; cette confusion n’est pas permise, On ne retrouvera pas en effet dans le zona un gonflement souscutané considérable; la rougeur existe par plaques d’un petit volume, il n’y a pas de bord saillant périphérique net, les vé-

= Di sicules ne deviennent que rarement bulleuses et la ligne médiane est toujours respectée. D'ailleurs, la marche des deux affections est telle que l’erreur n’est pas longtemps possible.

On ne saurait davantage confondre le zoster avec l’eczéma qui se caractérise par de petits vésicules qui ne tardent pas à se déchirer et à être remplacées par des croûtes jaunâtres. L’eczéma ne respecte pas la ligne médiane, il est en général sans fièvre, et sa durée ne pourrait être comparée qu'à celle du zona chronique décrit par Leudet chez les tuberculeux et dont nous avons parlé.

L’impétigo présente des vésicules à liquide citrin, collant au doigt, formant des concrétions jaunes (Besnier), et ne prête guère à la confusion.

De même le zona se différencie sans difficulté de certains cas très rares de varicèle en ceinture, du lichen ou des syphilides vésiculeuses.

Hutchinson n’en a pas moins décrit cette dernière dermatose sous le nom de zona syphilitique.

La question Ja plus délicate, la plus difficile dans certains cas, sera la distinction à établir entre un zoster idiopathique et une éruption zostériforme symptomatique. On ne se guidera plus, pour différencier l’un de l’autre, sur l’aspect extérieur et la disposition anatomique ; mais on examinera avec soin l’évolution de l’exanthème, et on recherchera avec non moins d'attention l’étiologie. On aura de la sorte toutes chances de ne pas commettre une erreur de diagnostic.

Pronosric. — Le zona est une affection qui guérit assez vite en général, et sans laisser de traces fâcheuses.

Chez les sujets jeunes, il ne présente ni intensité, ni gravité. Chezles névro-arthritiques, chez les vieillards, il tire sagravité de la marche de l'éruption, qui peut se compliquer d’ulcéra-

be tions, de gangrène, et plus souvent encore de la persistance des douleurs pendant des mois et des années.

Les cas de mort sont exceptionnels, on ne les note que dans les zonas symptomatiques d’aflections graves (tuberculose, pneumonie, infection générale).

Le zona ophtalmique réclame plus de réserve dans le pronostic.

Nous avons vu quelles complications terribles pouvaient survenir du côté de l’œil. Besnier affirme que l’examen de la cornée donne, à cet égard, des renseignements précieux : si la sensibilité est intacte, il n’y a rien à craindre, si elle disparaît, de graves complications sont à redouter.

Lemonnier et, après lui, M. le professeur Potain, ont soutenu que le zona était parfois le prélude de la tuberculose.

Nous avons déjà répondu qu’une telle opinion ne nous paraissait pas fondée, et que nous pensions à l'existence de la tuberculose avant l'apparition du zoster.

TRAITEMENT. — Vouloir énumérer ou exposer tous les médicaments à l’aide desquels on a cherché à combattre les douleurs du zona, à empêcher l’apparition des vésicules et le développement de ces vésicules, quand elles existaient, ce serait en vérité passer en revue la plupart des produits pharmaceutiques.

Nous nous bornerons à indiquer ici de quelle façon quelques maîtres ou praticiens éminents ont traité le zona, et nous dirons ensuite simplement ce que nous avons fait nous-même.

Le plus grand nombre des auteurs est d'accord qu’il faut respecter l’éruption, se borner à protéger les vésicules et à prévenir leur déchirure prématurée. C’est ainsi que les applications de cataplasmes, les applications chaudes ou froides sont proscrites.

Les lotions, autrefois préconisées par Bärensprung, sont mises de côté; de même on doit rejeter les cautérisations au nitrate d'argent des vésicules rompues. Le mieux est de recouvrir la partie malade de poudre d'amidon ou de lycopode (Besnier, Trousseau), et d’une couche d’ouate. Certains ont conseillé d'appliquer une couche d'huile, du baume tranquille, de la poudre d’amidon, additionnée à 1/10 d'oxyde de zinc, de sous-nitrate de bismuth ou de camphre.

Le professeur Hardy, après avoir fait enduire préalablement les vésicules avec de l'huile d'amandes douces, ordonnait de saupoudrer d’amidon additionné de poudre d'oxyde de zinc (de 1/5 à 1/10).

Mais on à voulu faire mieux: divers médicaments ont été préconisés, soit pour faire avorter l’éruption, soit pour empècher les vésicules d’arriver à un développement complet. C’est ainsi qu'Amédée Mercier conseilla les applications topiques .de perchlorure de fer, et il a dit en avoir obtenu d'excellents résultats ; Baudon et Gressy l'employèrent en le mélangeant avec de la glycérine, dans la proportion de 1 à 3; Lailler le recommanda aussi : il se servait d’une solution de 10 grammes de perchlorure dans 40 grammes d’alcool à 90e.

Nicolas Lamberti traita un cas de zona par l’acide phénique (solution forte) et se déclara très satisfait.

Meredith imagina des applications d'essence de menthe poivrée et loua les bons offices de ce traitement, qu’il ne parvint pas à faire accepter.

Le collodion riciné a rencontré plus d’adhérents ; on a soutenu qu’il a le pouvoir de faire affaisser les vésicules tout en empêchant leur rupture et en prévenant la formation de nouvelles.

Lailler ne tarda pas à abandonner son perchlorure de fer et le remplaça par du collodion riciné et iodoformé.

Hinde ajouta du chlorhydrate de cocaïne pour lutter contre Ja douleur.

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Besnier proscrit le collodion sous prétexte qu’il est difficile de le rendre complètement élastique.

Thornley rejette les différentes méthodes de traitement et il conseille de vider les vésicules en les piquant avec une aiguille trempé dans l'acide phénique.

Cette idée a été reprise par Brocq : On ouvre avec soin les vésicules dès leur formation, au moyen d’une fine aiguille flambée ; on lave avec de l’eau boriquée légèrement alcoolisée, et on recouvre soit avec de l’ouate antiseptique, soit avec une pâte à l’oxyde de zinc au 1/10 renfermant 1/20 d'acide borique ; on met par-dessus de la poudre d’amidon et de l’ouate.

Brocq conseille, si les douleurs sont trop vives, d'ajouter du chlorhydrate de cocaïne ou de morphine.

Dans les cas où la douleur a été intolérable et où tous les autres moyens thérapeutiques ont échoué, on a eu recours à des pommades à la belladone et à l'extrait d'opium, aux injections sous-cutanées de chlorhydrate de cocaïne et de morphine.

Dübring, Fauque, ont appliqué les courants continus dans certains cas de zona et spécialement de zona ophthalmique, avec exacerbation de la douleur. Fauque employait jusqu’à vingt éléments et ordonnait des séances quotidiennes de ving't à trente minutes.

Bulkley, Béard ont appliqué cette méthode avec excellent résultat.

On a conseillé aussi diverses médications internes, sulfate et bromydrate de quinine, fer, arsenic. Thompson et Dühring ont préconisé le phosphure de zinc à la dose de 2 centigrammes toutes les trois heures, seul ou combiné avec la noix vomique.

Piggot conseille la teinture de gelsemium sempervirens à la dose de quinze à vingt gouttes.

PR ee Tous ces moyens thérapeutiques nous paraissent incertains. Contre la douleur névralgique qui persiste après l’éruption,

on à conseillé les pulvérisations au chlorure de méthyle, les vésicatoires, les pointes de feu, l’électrolyse galvanique ou faradique, les injections de morphine, le salicylate de soude, les eaux thermales, telles que Néris et Plombières, Wiesbaden et Aix-la-Chapelle.

Notre traitement personnel a été très simple et nous n'avons pas eu à nous en plaindre. Pendant la période d’éruption, nous faisions des applications de vaseline boriquée et iodoformée, à laquelle nous ajoutions une faible quantité d’une solution au 1/20 de chlorhydrate de cocaïne.

Dans la période de formation des croûtes et de desquamation, la vaseline était remplacée par un mélange de poudre d’amidon, menthol, oxyde de zinc et sous-nitrate de bismuth, dont voici la formule : ‘

Oxydede zinc. .2,,.1.

MAO Sous-nitrate de bismuth . . . ee ESA 0 PRES Sr ER RE 3 gr.

Pottredanidon Re à. SÛ0LoT-

Mêélez.

Le tout était recouvert par de l’ouate antiseptique.

Nous terminions le traitement par deux ou trois grands bains tièdes.

Nous n'avons pas observé de complications. La nécessité ne s’est donc pas montrée, pour nous, de mettre en usage ou en essai d’autres moyens thérapeutiques.

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