‹ Du zonaChapitre 15 sur 33 · LA · texte numérisé non relu

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sans paradoxe, pour défendre la thèse des maladies générales. » Il cite l'observation d’une femme C..., âgée de cinquante ans, entrée au n° 3 de la salle Sainte-Anne (Hôpital de la Charité) et atteinte d’un zona dorso-pectoral gauche. En dehors de l’éruption iypique, ni l'examen, ni l’interrogatoire de la malade ne révélait rien : ni douleur spontanée ou provoquée; pas d’éruption à la gorge, à la vulve, à l'anus. Et pourtant il y a de la fièvre (3808), de l’inappétence et une langue saburrale.

Le diagnostic cependant s'impose : il y a dermopathie, et derrière cette dermopathie se cache une neuropathie. « Chez notre femme rien, absolument rien qui puisse, de prime abord, aider à comprendre la genèse d’une neuropathie. » Landouzy recherche en vain une lésion spinale, un trouble fonctionnel, un traumatisme, un refroidissement, Il fait d’ailleurs des réserves sur le rôle pathogénique du froid : « Nous nions ici l'action étiologique du froid, non parce que chez notre femme l’enquête la plus minutieuse a été négative, mais parce que, si cela avait été dans un coup de froid que notre malade eût trouvé le moyen de faire la neuropathie qui devait aboutir à son zoster, notre femme ou ses pareilles, usant du même procédé étiologique, ne manqueraient pas, un jour ou l’autre, de refaire pareille neuropathie qui les aurait conduites à pareil zoster tout comme peuvent nous refaire un torticolis, un lumbago, une paralysie faciale ou des névralgies ceux de nos malades qui s’exposent de nouveau aux mêmes causes. »

Or, ce zona, la malade observée ne le refera jamais, pas. plus sur le tronc qu'ailleurs, dans les conditions exposées, c’est-à-dire d’une façon spontanée et aiguë.

Landouzy cite un autre cas de zona développé chez un paralytique général en traitement à la Charité.

Ce malade ne refera pas non plus un zoster semblable : peut-être fera-t-il certaines éruptions zostériformes, ayant

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l'aspect extérieur du zona, mais ces éruptions auront une évolution toute différente : « Quant à refaire une maladie caractérisée par l'apparition spontanée, aiguë, cyclique, d’un exanthème vésiculeux, se terminant spontanément par la guérison, nos deux malades en deviennent, à partir d’aujourd'hui, absolument incapables. »

A l'appui de son affirmation, Landouzy donne seize cas observés par lui, suivis depuis longtemps et sans récidives ; il apporte les opinions de Hardy, Neumann, Moritz Kaposi, P. Fabre, Louis-A. Dubring. Et comme Besnier et Doyon, qui reproduisent l’avis de Kaposi, ne peuvent s'expliquer la nonrécidivité et la comprendre, il leur répond : « L’unicité du zoster ne peut être comprise, à moins pourtant qu'on ne tente d'appliquer à son interprétation certaines notions de pathologie générale. »

Est-ce que les oreillons, la coqueluche, la scarlatine, la vaccine, la fièvre typhoïde, la variole, ne confèrent pas l’immunité ? En tout cas on n’a pas d'exemple en ciinique qu’une maladie locale, restant locale, puisse la conférer. La pathologie générale enseigne que l’immunité est l'apanage des seules maladies qui sont à la fois générales et infectieuses, pourquoi donc ne pas leur assimiler le zoster, puisque le zoster, tous l’'admettent sans conteste, ne récidive pas ?

Landouzy se demande alors ce qu’a de si singulier « cette conception du zoster, maladie générale et infectieuse se résolvant en une neuropathie. » Est-ce que d’autres maladies générales infectieuses n’apportent pas des localisations spéciales ? Et il cite la fièvre ourlienne, la coqueluche, la rage, parmi tant d’autres : la fièvre ourlienne donne lieu à une détermination parotidienne la coqueluche aboutit à un catarhe convulsif, la rage se localise dans le bulbe ; pourquoi le zoster ne se localiserait-il pas sur le système nerveux ?

Mais Landouzy n'apporte pas seulement ce grand fait de

Punicité du zoster comme preuve de maladie générale et infectieuse. Le zona s'accompagne le plus souvent de prodromes et toujours la fièvre. Cette fièvre est légère, mais quelquefois elle peut être assez intense. Et ici Landouzy se trouve d’accord avec tous ceux qui ont attentivement étudié l'évolution du zona, avec Rayer, Grisolle, Trousseau, Hardy, Béhier. « Par la fièvre le zoster offre un nouveau point de ressemblance avec les maladies générales infectieuses; pour peu intense, peu durable qu’elle soit, la fièvre du zoster a autant d’importance dans l’histoire générale de la maladie-zona qu’elle en prend dans l’histoire des oreillons, de la vaccine, de la coqueluche.» Et, après avoir longuement insisté sur le caractère de la fièvre dans le zoster, Landouzy fait remarquer un fait sur lequel il nous appartiendra d’insister bientôt d’une façon toute particulière, que le zoster se montre plus fréquemment dans certaines saisons et par séries. Les caractères d’épidémicité, de contagion, ne lui ont donc pas échappé, de même qu’ils n'avaient auparavant pas échappé à Hardy, à Trousseau, à et à Erb, et sur lesquels, après lui, bien d’autres que nous citerons ont voulu s'étendre.

Toutes ces raisons ne laissent pas de former un faisceau qui rend acceptable la conception du zoster maladie générale, infectieuse, neuropathie spécifique.

A côté de cette fièvre zoster, maladie générale, que sont donc les éruptions zostériformes, que deviennent-elles en saine nosographie ?

« Ces éruptions zostériformes, dit Landouzy, sont à la fièvre zoster ce que les éruptions scarlatiniformes sont à la scarlatine, elles sont ce que vous appelleriez volontiers des zonas symptomatiques, des zonas symptômes, par opposition au zona idiopathique essentiel, ou zona maladie. Il y aura objectivement aspect indentique ; la différence apparaîtra alors seulement que vous assisterez à l’évolution des uns et de l'autre.

Celle-ci sera venue spontanément, d’une façon aiguë, avec fièvre, et sera terminée en quelques jours; celles-là, au contraire, s'échelonnent sans fièvre personnelle le long d'un nerf douloureux, depuis qu’il aura été enserré dans un cal vicieux; celles-là récidiveront le long d'un nerf comprimé par une esquille ou une exostose ; celles-là apparaîtront de temps en temps le long du membre d’un tabétique, celles-là consécutivement à des blessures de la cuisse et du bras. La cause du zoster est une, toujours la même, l'infection ; la cause des éruptions zostériformes est variable. L'évolution du zoster se fait d’une manière presque cyclique, suivant un type presque invariable ; l’évolution des éruptions zostériformes est aussi imprévue que celle du zoster est réglée ; elle reste subordonnée tout entière à la durée, à l'intensité, à la persistance, à l’extinction, à la récidive de la lésion nerveuse. »

On nous pardonnera d’avoir reproduit tout ce passage. On ne saurait certes dire mieux, plus clairement, plus justement, plus scientifiquement. »

Landouzy, poursuivant la discussion de sa thèse, différencie maintenant la fièvre zoster de la fièvre herpétique :

L'aspect extérieur du groupe vésiculaire, les caractères morphologiques, ne suffiraient pas à les distinguer ; seules les circonstances étiologiques, pathogéniques, l'évolution, restent essentiellement différentes. La fièvre zostérienne confère limmunité, tandis que la fièvre herpétique est, de toutes les manières de maladies, celles qui récidive le plus. « C'est là un caractère qui permet de rejeter définitivement toutes les analogies de nature qu'on voudrait établir entre le zoster et les maladies herpétiques. » Que la fièvre herpétique, avec ses manifestations aiguës, ses localisations buccales, nasales ou autres, trouve son origine dans une viciation humorale ou qu'elle soit elle-même d'origine infectieuse, elle n’en diffère donc pas moins de la fièvre zoster.

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Et Landouzy tire des longs développements qu’il a donnés les conclusions suivantes :

1° Qu'il ne saurait y avoir aucun rapport, ni en nosographie ni en clinique, entre les herpes genitalis, labialis ou autres et le zoster, de telle sorte qu’on ne devrait « jamais accoler le mot herpès au mot zoster »; F

2° Qu'il faut distinguer le zoster, maladie générale et infectieuse, des éruptions zostériformes, qui restent une expression symptomatique; il y a entre la fièvre zoster et ces éruptions «toute la distance qui sépare et toute la différence qui distingue une maladie d’un symptôme. »

Tout en restant dans les données classiques, nous admettrons donc avec Landouzy deux espèces de zonas, un zona idiopathique et un zona symptomatique d’affections particulières.

Nous accepterons de même les raisons qui font considérer la fièvre zoster comme une maladie générale et infectieuse, et nous n'insisterons pas davantage sur les deux grands caractères dont la valeur ne peut être niée, c'est-à-dire la non-récidivité et la fièvre. Mais nous reprendrons avec force un troisième élément, qui nous paraît considérable, sur lequel Landouzy n'insiste pas assez, et qui, à notre avis, doit fixer définitivement la question, nous voulons parler du caractère d’épidémicité et de contagion affecté souvent par le zoster.

Déjà Geoffroy (en mars 1778) avait remarqué qu'après être resté un certain temps sans rencontrer de cas de zona, on pouvait en voir une éclosion simultanée ou successive.

Rayer (été et automne 1827), Cazenave, relatèrent cette allure quasi-épidémique que Bäresprung attribua sans préciser à une influence atmosphérique. L'idée de contagion, encore obscure, prit avec Trousseau une certaine forme : il s'agissait d’un jeune homme atteint de zona thoracique après avoir donné ses soins à sa mère qui avait présenté la même maladie.

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C. Fischer (de Root) fit à la section berlinoise de la Société médicale de la Suisse centrale, le 29 décembre 1875, la communication d'une petite épidmie de zona: 1l en avait noté six cas dans l’espace de cinquante jours.

Le professeur Hardy disait souvent : « un zona n’entre jamais seul à l'hôpital ». Walter a publié une série curieuse: trois étudiants ont été pris de zona dans une même chambre qu'ils avaient occupée successivement. Kaposi, insistant sur la nature infectieuse et contagieuse du zona protopathique, publia la relation d'une petite épidémie de zoster.

Gauthier (de Charolles) a signalé dans sa pratique une série de onze cas de zoster observés dans l’espace de moins de deux mois.

Féré cite de même quatre cas de zona épidémique.

Nous trouvons enfin dans les Archiv für Dermat. (1890) une observation importante de Weiss: c'est une série de quinze cas de zoster dans l'espace de deux mois (automne, Clinique de Prague) alors que, dans le restant de l’année, trois cas seulement avaient été constatés. Weiss accuse le refroidissement, non pas comme cause déterminante, mais comme cause prédisposante, et il conclut avec Landouzy à une neuropathie d’origine infectieuse.

À cette énumération de cas de zoster ayant un caractère d’épidémicité, nous sommes heureux de joindre nos huit observations personnelles.

Dans un village de deux mille habitants à peine, en un mois et demi {août et septembre 1894), il nous à été permis de constater huit cas essentiellement classiques d’herpès zoster. Ici la contagion est indiquée de façon parfaite et le caractère épidémique ne saurait être nié. Le premier cas fut constaté le 6 août chez un malade arrivant de Paris (obs. I) et porteur d’un zona intercostal qui suivit une marche normale.

Le 12 août, les croûtes ont disparu, et le 12 août nous som-

UT mes appelé à examiner dans la même habitation la tante de notre malade: Elle présentait deux placards érythémateux sur le trajet du 12° nerf intercostal.

Son zona fut normal et rien dans son évolution ne mérite d'être signalé. La contagion seule est remarquable.

Les autres cas de zona se produisirent successivement, et guérirent après une marche semblable.

C'est en vain qu’à l’instar de Landouzy nous avons cherché chez nos malades une cause pouvant nous permettre d’expliquer l’origine de l'affection. Chez aucun, nous n’avons trouvé de tracés de lésion organique, de lésion nerveuse centrale ou spinale, de tumeur de voisinage ayant pu produire une névrite, d'intoxication ou de traumatisme, Chez tous, au contraire, l’évolution du zoster à été identique ou à peu près identique : la fièvre a été toujours notée avec son cortège, et, détail à retenir, l'engorgement ganglionnaire signalé déjà par un certain nombre d'auteurs n’a pas fait défaut une seule fois.

C'était bien, en un mot, la symptomatologie très nette et la marche très parfaitement caractérisée du zoster idiopathique. Mais, en signalant l'importance documentaire de nos observations en général, nous ferons remarquer combien, en particulier, les deux premières et les trois avant-dernières sont surtout intéressantes. Il s’agit ici de membres d’une même famille, vivant ensemble dans une même maison, ayant un contact et des rapports constants, atteints, pour ainsi dire, au même moment d’une même maladie. En pathologie générale, l'infection et la contagion seules peuvent expliquer un tel fait, que toutes les hypothèses, toutes les théories ne sauraient parvenir à détruire. |

Si maintenant nous ajoutons aux caractères développés avec ampleur par Landouzy, à savoir la non-récidivité habituelle, la fièvre et la régularité cyclique, ces autres caractères, d’une importance plus capitale peut-être encore, lépidémicité, la

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contagion et l’engorgement ganglionnaire lui-même, ne possédons-nous pas tous les éléments permettant, non de soutenir, mais d’affirmer que la fièvre zoster est une maladie générale, infectieuse et épidémique ?

L’imprégnation de l’économie par un agent infectieux existe donc : cet agent zostérien, inconnu dans son essence, n’est encore décelable que par ses seuls méfaits ; il est réservé à l’anatomie pathologique de le rechercher, de le découvrir, de l'étudier, de montrer comment il pénètre dans l'organisme et quelles sont les voies suivies par lui pour parvenir à une localisation nerveuse.

Les cliniciens et lies observateurs, en démontrant l’infection, ont rempli surabondamment leur rôle; aux anatomo-pathoiogistes d'accomplir le leur.

Quant à la question des tempéraments, elle n’a plus aujourd'hui toute l'importance que Bazin lui donnait quand il distingœua deux zonas, l’un arthritique, l’autre herpétique.

On peut admettre très bien, cependant, que le germe infectieux zosiérien ne se fixe pas au hasard sur le premier organisme qu'il rencontre, mais qu’il fait élection de domicile, comme le fait remarquer Gauthier (de Charolles) (Lyon médical), sur certains terrains disposés à le recevoir, prédisposés à la névrite.

Or l’arthritisme, qu'on retrouve à la base d’un grand nombre de maladies du système nerveux, jouirait par excellence du privilège de prédisposer à la névrite.

N'existe-t-il pas, d'ailleurs, une névrite rhumatismale (Besnier), une névrite goutteuse (Graves), une névrite diabétique (Pavy), une névrite du mal de Bright? Beaucoup de névralgies sciatiques rebelles ne sont-elles pas symptomatiques de véritables névrites ?

Vergely à publié, dans le Progrès médical du 26 septembre 1891, un travail sur le zona diabétique où il montre le rôle prédisposant du diabète.

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Dreyfous, dans la France médicale du 7 février 1889, insiste, de son côté, sur l’hérédité nerveuse dans le zona. Il constate que la parenté entre la fièvre zoster et un certain nombre d’affections du système nerveux est démontrée par un grand nombre de faits : coïncidence du zona et des névralgies, des paralysies, des atrophies. Il ajoute que cette notion ne saurait contredire l’idée du zona, maladie infectieuse, car on sait que les maladies infectieuses ont souvent une localisation du côté du système nerveux; l’hérédité, ici, préparait le terrain.

D’autres auteurs, Letulle, par exemple, ont réuni l’hérédité nerveuse et l’hérédité arthritique; ils'ont soutenu que le terrain neuro-arthritique était le terrain par excellence du zona, tout en reconnaissant cependant que la nature du zoster se résumait en la notion d’une maladie infectieuse.

La prédisposition du sujet peut donc et semble jouer un rôle dans la fixation de l'agent zostérien.

Nous nous contenterons d'ajouter que nous avons constaté, pour notre part, l’hérédité arthritique nettement établie chez trois de nos malades.

B. — Des causes des éruptions zostériformes symptoma tiques. — L'étude des causes du zona secondaire permet d'arriver à des conclusions précises. Il peut dépendre de lésions nerveuses centrales ou périphériques, d'intoxications et d'infections. Il nous a paru qu’on pouvait ainsi, et pour mettre de l’ordre dans une question aussi complexe, former logiquement quatre grandes classes:

1° Zonas de cause centrale.

Ces zonas peuvent être d’origine cérébrale ou médullaire.

a) L’origine cérébrale prête matière à discussion. Duncan, Payne, ont cité deux observations peu concluantes: il s’agis-

er sait d'un zona de la cuisse développé en même temps qu’une hémiplécie. Charcot observa à la Salpêtrière, chez une femme atteinte de ramollissement, un zona pectoral; mais il fit des réserves parce qu'il constata à l’autopsie lexistence d’une embolie dans une artériole spinale; cette emholie comprimait un des rameaux du nerf dans la circonscription duquel avait paru le zona.

Le travail de Neiss n’est guère plus probant: l’éruption à récidivé quatre fois en six semaines, avec parésie, atrophie musculaire, troubles trophiques cutanés, pouvant faire croire à une névrite. Leudet a cité deux cas de zoster de la face dans le cours de méningites chroniques ; mais il existait en même temps des névralg'ies frontales permettant de penser à une névrite trifaciale.

b) L'origine médullaire est moins contestable. Tantôt il s'agit de myélites aiguës, tel le cas de paralysie spinale d’un adulte rapporté par Charcot; tantôt, et plus souvent encore, de myélites chroniques, tabes dorsal (Charcot et Vulpian); tantôt enfin d’irritation spinale simple.

2° Zonas secondaires à des lésions nerveuses périphériques.

Les auteurs s'accordent à penser que les zonas secondaires sont le plus souvent symptomatiques de lésions nerveuses périphériques.

a) La névrite peut être spontanée, soit aiguë, comme dans un cas cité par Leudet, soit chronique (névrite progressive de Duménil, Gaz. hebd., 1866, névralgie sciatique de Charcot, névrile noueuse de Curschmann et Eisenlühr).

b) En général, elle est provoquée par une irritation d'ordre médical (Leroux), telles sont les compressions des nerfs intercostaux par la carie vertébrale (Wagner), par le cancer vertébral (Charcot et Cotard), par une ostéo-périostite tuber-

culeuse des côtes (Dubler), par des abcès par congestion (Chandelux).

€) La névrite traumatique a été depuis longtemps constatée. Charcot (en 1859) rapporta le cas d’un zoster du sciatique avec névralgie à la suite d’une lésion de ce nerf par une balle. Rouget cita le cas d’un zoster du bras après blessure par arme à feu. Fabre, Schmidt, Oppozer et Bouchard ont observé des cas semblables.

Riesel publia l'observation d’un zoster pectoral gauche chez une femme, à la suite de l'amputation du sein ; il crut à une névrite propagée.

Ory à rapporté le cas d’un zona traumatique des doigts : l’éruption était survenue une heure après l'accident.

Bossion à publié un cas identique. Le nombre de faits cités ne permet donc pas de nier le traumatisme dans l’étiologie des éruptions zostériformes ;

3° Zonas secondaires à des intoxications : On a incriminé, comme pouvant produire le zona secondaire, certains agents toxiques ; on cite parmi ces agents l’oxyde de carbone, le plomb, l’arsenic, le mercure, etc.

Leudeta rapporté un cas d’herpès zoster se développant progressivement à la tempe droite, à l’avant-bras et à la cuisse, à suite d’un empoisonnement par l’oxyde de carbone. Sattler a publié un cas d’herpès frontal dans des conditions identiques. Une observation de zona brachial consécutif à une intoxication saturnine a été enregistrée par Lomier. L’arsenïic a été accusé par Hutchinson (1868): Son action se serait manifestée chez huit malades atteints d’affections chroniques (sciatique, eczéma, etc.) et soumis à un traitement arsenical prolongé. Julien Berger a rejeté l'opinion d'Hutchinson ; ilne voit là qu'une simple coïncidence.

Toulon (Arch. f. Dermat., XXI, 6) a signalé un zona fémo-

5h — ral à la suite d’une injection intra-musculaire de salicylate de mercure. Doit-on incriminer ici le traumatisme, l'agent toxique ou la syphilis dont le sujet était atteint ?

Il n’est pas jusqu'aux moules, qui n'aient élé mises en cause : un garçon de trois ans, dit Leroux, fut pris, à la suite d'indigestion de cet aliment, de douleurs épigastriques et de vomissements ; il avait le lendemain un zona thoracique gauche, avec quelques vésicules sur la cuisse du même côté, tandis que son frère aîné, avec une semblable indigestion, présentait une urticaire généralisée ;

4° Zonas secondaires à des infections : On a signalé des cas de zona dans la tuberculose, quelques cas dans l’évolution de la pneumonie, de la rougeole ; plusieurs observations d’éruption zostériforme ont même été notées chez des syphilitiques.

Leudet a été un des premiers à insister sur le zona chez les tuberculeux, atteints le plus souvent de lésions pleuropulmonaires. G. Behrend rapporte, dans une même famille, deux cas de zona récidivant chez des sujets manifestement bacillaires. Barié cite trois cas de zona localisé dans la région périnéo-génitale chez des tuberculeux, et il conclut que le zona peut être dû, soit à des méningo-myélites tuberculeuses, Soit plus probablement à des névrites parenchymateuses périphériques, de même origine.

Dans sa thèse de Paris (1888), Leroux tire les conclusions suivantes :

1° Les troubles nerveux observés au cours de la tuberculose pulmonaire chronique sont fréquents : névralgies, hyperesthésies, troubles de la motilité, amyotrophies, trophonévroses ;

2° Le zona est une complication rare de la tuberculose

chronique, et il survient de préférence à la troisième période de la maladie ;

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3° Ce zona des tuberculeux se range dans la classe des éruptions zostériformes secondaires ;

4° Il reconnaît pour cause parfois une méningo-myélite tuberculeuse, mais le plus souvent une névrite parenchymateuse des nerfs périphériques.

Certains auteurs ont même avancé que le zona pouvait être considéré comme un symptôme prémonitoire de la tuberculose, et Lemonnier à rapporté quelques cas pouvant le laisser supposer. Cette hypothèse n’est pas acceptée et les observations de Lemonnier sont loin d’être probantes : Il est plus exact de supposer qu’exceptionnellement l'éruption zostériforme s’est montrée à la première période de la tuberculose, au lieu de se montrer à la troisième, ce qui est habituel.

Mais la tuberculose, comme nous l’avons déjà dit, n’a pas été la seule maladie infectieuse incriminée. Déjà, en 1877, Van Heusinger communiquait à la Société médicale de Marburg (8 août) un cas de zona du troisième espace intercostal droit survenu dans le cours d’une pneumonie franche du sommet droit. E. Schaffer en a publié un nouveau cas.

Adenot rapporte une observation intéressante de zona développé sur le trajet du radial pendant une rougeole. Il croit que le zona radial qu'il qualifie de rubéolique a été provoqué par le principe infectieux de la rougeole localisé sur le nerf radial.

Nous avons revu ces travaux et il nous à semblé qu'on pourrait former une grande classe où tous les zonas secondaires à l’évolution de germes pathogènes infectieux devaient être compris. Il ne s’agit pas ici de diminuer l'importance et l’action de l’agent zostérien, cause d’une maladie générale parfaitement déterminée, le zona idiopathique ; il doit être seulement question de certaines maladies infectieuses, aiguës ou chroniques, capables de troubler la nutrition des divers éléments constitutifs du système nerveux. Ces éruptions zos-

FE6— tériformes pourraient, il nous semble, être en quelque sorte comparées aussi bien aux néphrites d'origine infectieuses qu'aux myélites et aux encéphalites secondaires à la dothiénenterie ou à la variole. Ilne resterait plus qu'à déterminer le mode d’action de ces germes infectieux ou des poisons sécrétés par eux, les lésions matérielles qu'ils produisent sur les filets nerveux terminaux, sur les ganglions nerveux ou même sur les troncs des nerfs et les centres bulbo-protubérantiels.

C. — Des diverses théories pathogéniques du zona. — Quand, s'appuyant sur les examens anatomo-pathologiques et sur les données étiologiques du zona, on cherche à établir sa pathogénie, on ne laisse pas de se trouver en présence d'opinions très différentes ou contradictoires. Cette discordance dans les idées s'explique par ce seul fait qu’on a conondu, sous un même nom, des affections essentiellement différentes. Il est encore vrai de remarquer que l’anatomie pathologique, incomplète et insuffisante, n’a pu révéler dans toutes ces formes qu’un processus commun d’irritation, Cette réserve faite, il est intéressant de rappeler les théories émises.

1° Théorie vaso-motrice : Les troubles trophiques seraient dus à des modifications de l’irritation sanguine déterminée par les nerfs vasculaires. Eulenburg, qui a été un de ses plus ardents promoteurs, considérait le zona comme une névrose vaso-motrice des couches cutanées superficielles, une angionévrose exanthématique.

Les expériences de Weber et les critiques de Vulpian ont montré le mal-fondé de cette théorie, qui n’a plus aujourd’hui de partisans (Leroux).

2° Théorie des nerfs trophiques : Samuel (1860), cherchant une explication convenable et simple des lésions trophiques consécutives aux lésions nerveuses, émit cette théorie, que

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Bärensprung et bien d’autres auteurs acceptèrent. Mais que sont ces nerfs trophiques et les connaît-on anatomiquement ? Charcot ne leur reconnaît qu’une existence très problématique. Cette théorie, très séduisante, n’en demeure pas moins imaginaire. |

3° Théorie de l’action trophique des nerfs sensitifs : Ce n’est pas par Mayet (de Lyon), comme on le croit (1868), que cette théorie, qu’on pourrait encore appeler théorie réflexe, a été proposée ; Guénau de Mussy l'avait émise dans ses leçons faites à l’'Hôtel-Dieu de Paris, en 1859 et 1860. Mayet la repritet Vulpian l'accepta avec certaines réserves pour la formuler comme suit: « On peut supposer que l’irritation dont les nerfs deviennent le siège sous l'influence de certaines causes, peut déterminer dans les centres trophiques des troubles fonctionnels qui pourraient retentir, par l'intermédiaire des fibres restées intacles, sur les éléments anatomiques de la peau avec lesquels les extrémités périphériques de ces fibres se mettent en rapport; en d’autres termes, l'influence excitatrice et régulatrice que les centres nerveux exercent sur la nutrition intime des éléments anatomiques de la peau sera modifiée, exaltée ou pervertie, et le résultat de cette modification sera le développement de vésicules d’herpès. » Barié n’accepta pas ces explications et montra combien elles étaient embrouillées, complexes et insuffisantes. Barth fait, avec raison, observer que cette action réflexe n’est plus guère admise aujourd’hui.

4° Théorie de la névrite propagée : L'esprit n’est point satisfait par les hypothèses que nous venons de résumer; il nous faut donc chercher d’un autre côté une explication mieux en conformité avec les données de la clinique et de l’anatomopathologie.

Les perfectionnements de la technique histologique ont en effet montré la fréquence des lésions des nerfs ; ils ont, par

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cela même, étendu le champ des névrites périphériques. C’est aujourd’hui la théorie en honneur, celle qui paraît s'imposer : l'éruption cutanée du zona serait simplement le résultat d’une irritation inflammatoire transmise par continuité de tissu d'un rameau nerveux aux éléments cutanés, parmi lesquels il se distribue (Barth). -— Déjà, en 1875, Vulpian, tout en étant le défenseur de l’hypothèse précédente, regardait la théorie de la névrite propagée comme parfaitement acceptable. Gerhardt obtint dans les cas de zona les mêmes réactions de dégénérescence que dans les cas de névrite, et confirma l'opinion de la lésion nerveuse périphérique.

Mais d’autres questions se posent : quel est le siège de cette lésion ? est-elle ganglionnaire ou périphérique ? est-elle parenchymateuse ou interstitielle ? Quelle est la nature de ces lésions ?

Nous ne répèterons pas ce que nous avons longuement dit et discuté à propos de l'anatomie pathologique. Nous nous contenterons d'affirmer une nouvelle fois qu’ilexiste une liaison parfaitement établie entre le zona et les lésions nerveuses, que ces lésions siègent sur les rameaux cutanés, les nerfs ou les ganglions. Et puisque les éruptions de zona sont dans un rapport si intime avec les filets nerveux, que les groupes de vésicules sont toujours disposés suivant leur trajet et que l'eforescence zostérique se cantonne dans le district cutané, notre conclusion naturelle sera que la dermopathie est sous la dépendance de la névrite.

Quelle est maintenant la nature de cette névrite ?

Cette nature sera différente suivant l'origine du zoster, suivant qu'il s'agira d’un zona idiopathique ou d’éruptions zostériformes.

D'autre part, nous avons vu que les zonas symptomatiques pouvaient dépendre de lésions nerveuses centrales ou périphériques. La nature le la névrite est donc facile à constater : il

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= 59 — s’agit de lésions nerveuses apparentes, dont les causes restent connues (ramollissement, myélites, méningo-myélites, tabes, hystérie, carie des vertèbres, cancer vertébral, ostéo-périostite, etc.).

Plusieurs cas de zonas secondaires à des traumatismes ont été notés : l'étiologie se confond ici avec la pathogénie, et tout le monde est d'accord pour admettre l'existence de névrites traumatiques.

L'action des agents toxiques sur le système nerveux en général et sur les nerfs en particulier a été depuis longtemps étudiée et indiquée.

On a signalé, dans les diverses intoxications, des troubles de la sensibilité générale, de la motilité (paralysies et tremblements) et des troubles trophiques : la névrite consécutive à une intoxication par l’oxyde de carbone, par le plomb, par Parsenic, par le mercure, peut donc parfaitement s'admettre.

Quant à la névrite post-infectieuse, elle est aujourd’hui reconnue par tous. « La variole, dit le professeur Pitres (de Bordeaux) (Un cas de polynévrite primitive, in Bulletin médical, 1887, p. 931), la fièvre typhoïde, le typhus, la tuberculose, la diphtérie, peuvent déterminer des névrites à symptomatologie plus ou moins caractérisée. » r

Il ya en ce moment-ci, dans le service de M. le professeur Grasset, à l'Hôpital Suburbain, un cas de névrite sciatique, d’origine blennorrhagique.

Rien ne saurait nous permettre de mettre en doute cette névrite post-infectieuse; nous avons rapporté plusieurs cas de zonas consécutifs, soit à la tuberculose, soit à la pneumonie, soit à la rougeole.

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