‹ Duchesse comedie en deux actes, melee de chantChapitre 10 sur 30 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

EUGÈNE, seul.

Elle est à jamais perdue pour moi. Ainsi un instant a suffi pour détruire toutes mes espérances de bonheur ! Fatale confidence ! Jamais maintenant sa mère ne consentira à me la donner pour femme, avec ses projets ambitieux, et à ses yeux cette taebe imprimée à mon nom... Caroline 1 pauvre enfant! qui aimait avec tant de candeur et de franchise, que va-t-elle penser de moi? Et [ le duc , comment accueillera-t-il une semblable proposition? lui, si loyal, si désintéressé! Ne verra-t-il pas dans ce projet d’alliance un but coupable et qu’on n’ose pas avouer? il s’indignera d’avoir servi de point de mire à de petites intrigues d’orgueil et d’ambition; il refusera peut-être avec colère ; et s'il acceptait, il me faudrait donc voir Caroline jetée par moi dans les bras d’un vieillard! Pensée funeste! Ab! tout mon courage se brise! Que faire? mon Dieu! que résoudre?

Quoi qu'il arrive, il faut la perdre, et si ce sacrifice doit s’accomplir, qu'elle soit plutôt à lui qu’à tout autre ! Allons , la voici , forçons-la à me haïr.

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