‹ Duchesse comedie en deux actes, melee de chantChapitre 11 sur 30 · EUGÈNE, CAROLINE · texte numérisé non relu

EUGÈNE, CAROLINE

CAROLIRE.

Ab! monsieur Eugène, que je suis aise de vous trouver enfin! Si vous saviez comme je suis contente : j’ai vu maman rentrer au salon, elle paraissait rayonnante de joie, et du plus loin qu’elle m’a aperçue, elle m’a fait signe de venir à elle. Ma fille, m'a-t-elle dit en me serrant affectueusement la main, cette bonne mère! ma Caroline, je viens de m'occuper de ton bonheur. Mon bonheur, j’ose à peine le dire, c’est de vous aimer, monsieur Eugène, c’est d’étre aimée de vous.

Aussi, ai-je bien compris ce que maman entendait par ce qu’elle appelait mon bonheur? Mais, qu'avez-vous donc? vous ue me répondez pas , vous me regardez à peine; vous n’étes pas enchanté comme moi. Savez-vous, monsieur, que c’est bien mal ! voyons, parlez donc ! voilà déjà que je ne suis plus gaie ! que vous m’avez rendue toute triste, d’heureuse que j’étais !

EUGÈNE

Caroline !

CAROLINE

Comme vous avez prononcé mon nom avec froideur! Mon Dieu, me serais-je trompée?

eucène.

Veuillez pardonner, mademoiselle, à l'embarras extrême où viennent de me jeter vos paroles ; j’avoue quo je ne m’attendais pas à tout l’honneur dont vous daignez me rendre l’objet.

CAROLINE

Oh ! mon Dieu ! est-ce bien vous qui me parlez ainsi ?

EUGÈNE

Eh! quel autre langage pourrais-je avoir ?

Croyez-vous, mademoiselle, que je me sois abusé sur la différence de nos positions? croyez-vous qu'en obéissant inconsidérément aux premiers vœux de mon cœur, j’aie jamais pensé qu’un pareil rêve pourrait s’accomplir, et que vous, destinée sans doute par votre immense fortune & quelque illustre alliance...

CAROLINE

Moi! que voulez-vous dire?

ICCÈNS.

N’ai-je pas dû penser que votre mère remplirait à votre égard le premier de ses devoirs, en vous assurant un sort brillant et digne de vous?

CAROLINE

Eh bien! ce sort ne m'attendrait-il pas, si notre union?...

eccEne.

Mais je n'ai qu'un nom sans éclat, mais je suis sans fortune.

CAROLINE

Qu’importe le rang? qu’importe la fortune?

Eugène, à part. #

Cruelle position! Ob! mon père! mon père!

CAROLINE

Et d’oû vient donc aujourd’hui ce singulier retour sur vous même? pourquoi donc tout-à-coup renier ce que vous appeliez encore il y a quelques mois vos plus chères espérance»? Car, monsieur, j’ai les lettres de votre sœur, ce sont des preuves écrites que vous ne pouvez démentir. Aussi, n’estil pas vrai que tout ceci n’est qu’un cruel badinage? Ohl en tout cas, c’est bien mal! et je ne vous le pardonnerai de long-temps! à moins, pourtant, que vous ne vous mettiez tout do suite A sourire cl à me demander pardon.

EUGÈNE..’

Hélas!

carolIIe.

Vous soupirez? Àta! mori^Dieu! c’ést donc bien réel? ce n’est donc point un jeu? Voulez-vous me désespérer, Eugène? répondez, le voulez-vous?

ecgéne.

Ali ! le ciel m’est témoin que, par tous les moyens imaginables , je voudrais assurer votre bonheur, votre repos.

CAROLINE

Et quel sacrifice vous demande-t-on pour cola? .«

ecgène , à part.

Si elle savait!....

CAROLINE

Enfin m’expliqucrez-vous...? Ciel! on vient.

EUGÈNE

C’est le duc... ah! qu’il ne nous trouve pas ensemble... le voici !.. comment faire?, . Caroline... je vous en prie... consentez à éviter scs regards... à vous éloigner...

CAROLINE

M’éloigner!

ECGLNE.

Il le faut...

CAROLINE

Mais enfin quel motif..?

EUGENE

Je vous en conjure...

Caroline, à part.

Ah! mon Dieu!., mais, je n'aurai pas le temps de sortir sans être vue...

Elle te cache derrière une psyché.

eucêne, la croyant partie.

Allons , du courage.

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