SCENE IV
Les Mêmes, EUGÈNE, BLONDlN; puis LE DUC, gui entre presque en même temps par une porte latérale.
Eugène s'incline devant 1rs dîmes.
•L0NDIN, entre «m parlant à Eugène.
Croyez-vous , monsieur le chevalier , que je puisse convenablement me tenir ici... en attendant que...?
EC6KHS.
Oui, sois tranquille, on permet tout à un malade....
le t>oc, entrant.
Arrivez donc, mon cher Eugène: je veux être le premier à vous embrasser... En vous apercevant entrer au château, j'ai presque cru à une résurrection... Nous expliquerez-vous , s’il vous plaît, les causes d'une pareille absence? car les raisons que vous m'avez données... depuis un mois, pas une visite... Madame, veuillez le gronder bien fort pour vous avoir ainsi négligée. (J part.) Eugène... cl m’avoir oublié, moi... c’est ! mal, c'est bien mal.
EUGÈNE
Croyez que des motifs sérieux , ont pu seuls... le doc.
Oui, j’ai appris en effet que vous vous occupiez d'emprunts d’argent, que vous ne quittiez pas les | hommes d'affaires, les notaires... Ne fallait- il pas bien que j'eusse au moins de vos nouvelles? puisje vivre sans cela, mauvais enfant que vous êtes? (Jtidwi .)Voudriez-vQUS par hasard vous faire industriel, vous lancer comme tout le monde, dans la vapeur?
1CCÈXE.
Non, monsieur le duc, ce ne sont point des spéculations qui ont motivé l’absence dont vous avez la bonté de vous plaindre, il s’agissait simplement d'une commission dont madame m’avait chargé.
M®* u £11 va ex
Moi, monsieur?
EUGÈNE
Oui , madame , les cent mille francs qui voua étaient dus par mon... ami... un mandat sur 1a banque... dans ce portefeuille.
M® e heavaci, hititant.
Mai», monsieur, je croyais...
EUGÈNE
C’est un engagement sacré quel’honneur lui faisait un devoir de remplir & tout prix. (Bar.) Prenez, madame, vous n'étes pas libre de refuser.
Il lui prwoulp le portefeuille.
M me dervacx, à Eugène.
Ce n’est ni le lieu, ni le moment de régler une affaire d’intérêt... plus tard... monsieur...
eugène.
Plus tard... soit, madame.
le doc, à Caroline .*
Voilà un costume qui m’annonce que tous avez encore, ce matin , causé des inquiétudes à vos amis... un faux pas... un cheval ombrageux!... Songez donc au danger que vous pouvez courir!...
Caroline.
Oh! ce n’est pas là ce qui m'effraie, je vous assure.
At.MÉRtc, bas à Caroline , en riant.
Pourquoi ne priez-vous pas votre futur mari de vous servir d’écuyer cavalcadour?
EUGENE
Voici des lettres arrivées à l'hôtel depuis hier. le ncc, les prenant.
De la chancellerie! ah! enfin! Eugène, merci de m'avoir apporté cela!
Il lui terre affeclueutement la main.
blondis, d’un air pénétré.
Il n’a pas encore daigné m’honorer d’un regard... j Monsieur le chevalier , veuillez, je vous en supplie, vous effacer un peu pour que monseigneur puisse s’apercevoir...
EUGÈNE
Que tu es là?... volontiers... mais, si tu veux, je vais te présenter.
BLONDI N
Oh! non pas, j’attendrai qu’un hasard favorable...
le duc, ouvrant un papier.
Un brevet... ah! je sais... M. le vicomte de Brémont , votre nouveau parent est heureux de pouvoir vous remettre lui-même ce témoignage de sa sollicitude... le grade de capitaine qu'il a demandé pour vous... oh! vous avez des amis zélés, qui ont chaudement servi vos intérêts...
utiiic.
Ah ! monsieur le duc, que de bontés ! (A part.) Dans la circonstance ça m'embarrasse un .peu.
( Haut à Caroline.) Ma glorieuse cousine, c’est à vous sans doute que je dois ce brevet?
BLONDIN
A elle et à d’autres, car ce brave Eugène... ,
Caroline, bat à Aimé rie.
La date en est déjà un peu ancienne , on vous attend sans doute là-bas... ( A part.) Sa présence ici m’épouvante.
ALMÉRIC.
Oui, vrai Dieu, vous avez raison , il me tarde d’étre à la tête de ma compagnie. (A pari.) Quelle bienvenue je vais lui payer en arrivant !
11 pose machinalement son brevet tnr la table.
le duc, apercevant Blondin.
Abi te voilà, mon fidèle!
blondin, radieux.
Ab! enfin...
LE DUC
Tu as été malade, m’a-t-on dit ?
BLONDIN
Oui, monsieur le duc, depuis nn mois.
le duc.
Je le sais bien, mon vieil ami, j'espère que tu vas me conter tout cela?
BLONDIN
Je suis venu tout exprès, monseigneur.
EUGÈNE, à part.
Pas un regard t pas un signe de regret!
Caroline, à part.
Que sa vue me fait de mal !
« me hervacx, à Eugène.
Monsieur, veuillez me donner la main pour passer dans mon appartement.
EUGÈNE
Je »uis à vos ordres.
le duc, à Eugène .
Eugène, vous reviendrez bientôt ici, je vous attends.
M m * llervaux et Eugène sortent.
caeoline, avec une feinte gaîté .
Alméric, je ne veux vous quitter qu’après vous avoir vu sur la route de Béfort. Allons, venez... venez donc, je veux que mes protégés justifient pnr lenr soumission la haute faveur dont je lès honore.
alméric, passant devant le duc.
Monsieur le duc n'a pas d’ordres à me donner pour Béfort?
le duc.
Nou, monsieur le capitaine, je n’ai à vous faire qu'use prière : Soyez un peu moins mauvaise tête, tout le inonde y gagnera et oa trouvera le ministre plus facile quand ü s'agira d’avancement.
ALMÉRIC.
Oh ! oh! ça SC- passe bien... voilà sK Remaillés que jen’nt eu la moindre discussion. [A part.) Je me rouille.
MAGASIN THEATRAL
LC Dur..
Continuez, aJicu!
Air du Sultan Misapoitf ( Vmba»sa»lricc).
c vioi.IM’, à Alnterlc.
Je vais vous reconduire.
AlVBIIC,
Vraiment, je von» admire,
El lant de Soin m'inspire Un sentiment bien doux.
Certes, sans sa présence.
Dans ma reconnaissance.
Vous me verries, je pense,
Tombera vos genoux ;
Mais respectons votre futur epoux.
ENSEMBLE
CAioiimt.
Je vais le reconduire,
F.t je n'ose lui dire Que tout mon ctrur aspire A le voir loin de nous.
J'ai peur de sa présence.
Et vainement il pense Qu'il doit cette insistance A des motifs plus doux.
ALMt'ntC.
Venea me reconduire.
Cousine, que j'admire;
Votre bonté' m'inspire Un sentiment bien doux.
Certes, sans sa présence.
Dans ma reconnaissance Vous me verries, je pense,
Tomber à vos genoux.
Alméric et Caroline sortent.
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