SCENE XI
met forces , et ce seront toi paroles qui m’auront tué !
Il va pour sortir.
Caroline, le retenant.
Eugène! Eugène! ab! que je suis donc roalheureuse!... Eugène! demeurez... Mon Dieu! que faire pour empêcher cette funeste rencontre? Que l’honneur des hommes est absurde! sur quoi repose-t-il , mon Dieu! sur quelques mots échangés avec raillerie et colère, et pour lesquels il faut du sang, il faut la vie !
su ci h s.
De grâce, ne me retenez plus.
CAROLINE
Mais que faut-il donc pour vaincre tant d'acharnement?.. Faut-il donner un démenti aux paroles que j’ai proférées tout-A-l'heure?. .. fautil?... oh! vous me réduisez à une cruelle extrémité... faut-il vous dire... avec confusion... que mon indifférence n’était qu’un mensonge... qu’un subterfuge. ..impuissant, hélas! pour changer votre résolution?... faut-il enfin vous dire?....
EUGÈNE
Àhl n'achevez pas ; car je vous devine, et vous feriez de moi le plus ingrat des hommes.
CAROLtNB.
Comment?
EUGÈNE
Tout mon bonheur ne suffirait pas pour ébranler ma détermination; ou plutôt il me rendrait plus sacrée l’obligation de vous venger!
CAROLINE
Et pourquoi, monsieur?
EUGÈNE
11 ne vous a pas insultée seule , Caroline , il a outragé l’homme que je vénère le plus au monde.
CAROLINE
Pour moi , je lui pardonne de bien bon cœur ; allez... imilez-moi, Eugène... et quant à M. le duc... le saura-t-il, lui?
ECCÈNE.
Mais je le sais, moi, et cela doit suffire.
CAROLINE
Eugène! ah ! que ma voix a peu d’empire sur ▼otre cœur !
EUGÈNE
Caroline, par pitié*, ne m'ôtez pas le courage que vous m'avez rendu... plus tard vous jugerez vous-méme s’il était en mon pouvoir de laisser impunie sa double uffen>c; et si je ne reviens pas do ce combat, songez à moi. .. Adieu.
11 s'éloigne précipitamment.
CAROLINE, puis BLONDIN.
A peine Eugène eat-il parti , que Caroline tire violemment le cordon d’une sonnette.
CAEOLINE.
Ah! tant d’émotions m’ôtent la force de le retenir... il ne peut plus m’entendre... ( Blond in parait. ) Blondin! ah! tant mieux! car c’est lui que j’aurais fait appeler.
rlondin, au fond.
Qu’y a-t-il, mademoiselle?
Caroline, avec vivacité.
Blondin! au bout du parc... suivez M. de Morny ; faites tout ce qui sera en votre pouvoir pour qu’il ne rejoigne pas M. de Brémont.
blondin.
Que ne m’avez-vous donné ces ordres, il y a quarante ans, mademoiselle: en trois sauts j’aurais arpenté...
Pendant que Caroline parle au fond à Blondin, entrent le duc et M*« Hcrvaux, par une porte latérale qui est sur le second plan ; Blondin sort.
CAROLINE, au fond, LE DUC, M«» HERVAUX.
le duc, entrant en parlant.
Oui, madame, je me félicite d’avoir provoqué cette explication. Ainsi donc vous avez pu con« sentir à ce qu’il fit un pareil sacrifice 1
M m ® HERVAUX.
Mais j’ignorais qu’il aimât ma fille.
CAROLINE, toujours au fond à la cantonnade.
Plus vite! plus vite, Blondin... s’il se bat, il est mort !
le duc, vivement.
Qui? mort !
M m * HER VAU X.
Juste ciel !
Caroline, avec forte .
Eugène, monsieur le duc.
M me HERVAUX et LE DUC.
Que dites-vous, Caroline?
CAROLINE
Oui, ma mère... c’est pour vous , monsieur le duc, qu’il se bat en cc moment... qu’il vase faire tuer !
LE DUC
O ciel! il se pourrait !
H m * HERVAUX.
Et avec qui? grand Dieu!
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Caroline, avec douleur.
Avec Alméric de Brémont, ma mère!
UIRYA0X.
Oh ! le pauvre jeune homme!
lk doc, avec force.
Ah I madame , votre maison m'est fatale! Mon Eugène... où est-il? Et c'est votre funeste vanité!' uioum.
Mais on erapéehera ce duel... j'ai envoyé Blondit). ..
Lt occ, avec angoisse.
Blondin est si vieux... il n'arrivera pas & temps.
Ou entcod un eoap de fou.
Ciioini.
C'en est fait !
Lt doc, avec désespoir.
Mon fils! mon pauvre enfant!
CAROLINE
Son fils! ah ! je comprends tout maintenant.
u me bervaox, avec étonnement.
Son fils!
L« duc tombe accabla dao* un fauteuil.