I. L«ntte-C1ai'6 mourut en lui II
a. Tnrrenu lui avnit doniK*' ootte note : « Voyei l'artkle àe Devcrgei ». et, selon Turrcnu, Cbaillct il» Verges était ambitieux, aviile île faveur,
ni^ré dani toutes sen tupri-ssioiia n, il^sireux de taire croire que « set eptnioDa élaienl à la hnulnur île \u lli^tolulion », crnigiinnl trop d'Hte •oupçoDaé de tralilsun puur ne \<as Ib Taire présumer.
166 DrOOMMIER
avait été dénoncé à Boucholte par la Société popiilairo ddl Cette OTtiimo partisan de la Gironde et des " scélérats dui" Marais », par Revest comme " intrigant ■■. Suspendu'.
Boissier, qui s'était signalé dans la guerre de Vendée, avaiti été chargé par d'Aoust d'organiser à Toulouse, sons les ordn de Marbot, le camp de la Liberté. Il partit avec Augcreaii j pour conduire des renforts devant Toulon; il arriva quand I k ville était prise, et Dugommier le félicita de la tenue 1 de ses troupes et de la discipline qu'elles avaient observée J pendant la roule. Mais durant ce temps Uevest mandait'^ àBouchotte qu'il était suspect. Suspendu.
Milhaud et Soubrany ne se contentèrent pas d'exécuter I les ordres du ministre. Le Comité leur avait enjoint, pari une décision du 27 décembre, de faire arrêter tous les nobles f de l'état-major. Ils firent arrêter la plupart des officiers que 5 Bouchotte avait suspendus ou mis Ji la retraite, Soulérac, d'Hargeuvilliers, Montredon, Giacomoni, B<:thonconrt, BaUj Ion, Cavrois, Kaniel, Bernède, Bande, Lenlhérîc, Boissier. ;
L'adjudant -général Bande passa trois jours dans la prison J militaire de Perpignan; mais, le troisième jour, Milhaud etfl Soubrany furent convaincus de son innocence et de soa'| civisme; il leur prouva qu'il était absent de l'armée i Pyrénées-Orientales lorsque le minisire l'avait frappé, et iVi reçut des représentants l'autorisation de se rendre à Paris^ pour obtenir la levée de sa suspension*.
En revanche, l'adjudant- général Boissier, qui de TouIoq] regagnait les Pyrénées avec cinq bataillons, fut arrêta tM Nîmes, conduit à Perpignan par des gendarmes et envoya à Paris devant le Comité de sûreté générale, sur l'ordre del Soubrany et de Milhaud.
Oiacomoni fut détenu pendant dix-huit mois à Perpignan. 1
1. A vrai dire, le chef d'^lal-inaior Lamer écrivait jiIub lardqu'îKtaltJ a. iloissel n Bouchulle, l" livt. f!U (A. G.]-
M1LHALD ET SOUBHA.NV 167
II ne recotivra la liljerk^ que le 3 mars 1795. N'était-ce pas, disait le représentant GoupîUeau de Fontenaj-, « contraire aux principes de loi et do justice de tenir dans les fers un citoyen contre lequel il n'esistait aucune plainte ni dénonciation » ?
Bellon était â son poste et commandait au camp de l'Union Tavant-garde de la division Pérignon, lorsqu'il fut arrêté le Il janvier 1794. En vain Gaston attesta qu'il s'était toujours comporté en vrai républicain, et Pérignon, qu'il s'était distingué << de toutes les manières ». Il ne fut relùchéqu'au bout de quelques moi».
Cavrois se disposait à rentrer dans son village de Gaudiempré, dans l'Artois, quand il fut mis en arrestation. Il subît une détention de cinq mms et sortit de prison au commencement de jtnn : « Mon républicanisme, disait-il, s'est nourri dans l'adversité. »
Béthencoiirt fut arrêté parce que les représentants le rendaient responsable de la capitulation île Collioure. Ils reçurent des renseignements sur sa bonne conduite etleren- Toyèrent dans ses foyers. Mais il avait comparu devant le tribunal militaire révolutionnaire. On l'accusait d'être /ih de roi. Est-ce parce qu'il était né à Madère et fils d'un capitaine au service du Portugal"? Est-ce parce qu'un Jean do Béthencourt avait conquis jadis les Canaries et obtenu du roi de Castille le titre de seigneur de ces iles? Le tribunal déclara l'inculpation dénuée de tout fondement.
D'HargenvilIicrs fut pareillement emprisonné par ordredes représentants. Le tribunal militaire révolutionnaire l'acquitta, n a dît depuis que Dugommier, a qui avait de l'amitié pour lai, le pressa beaucoup de ne pat. abandonner la carrière militaire et lui offrit de le faire envoyer îi l'armée d'Italie ».
Ramel fut moins heureux. On lui imputa les fautes d'autnii. On lui reprocha de n'avoir pas inquiété la retraite des Espagnols après le combat de Cabestany et d'ùtre resté dans
DUOOUMIEIl
l'inaction à Sainte-Colombe, pendant que Dagobert se l'aiaarf écraser à Troiiillaa. 11 mourut sur 1 echafaud.
Bernède eut le même sort. Le 38 janvier, il fut condainnj et exécuté dans le camp de l'Union. Il était accusé ; Cassantes, par Doppet,par la municipalité de Gollioure : il avait temporisé ; il avait refusé des cartouches à ses bataillons ; il avait laissé prendre le camp de Villelougue. Le tribunal militaire révolutionnaire le déclara « atteint et convaincq du crime de trahison et fortement indicié (sic) de celui c dilapidation». Milhaud et Soubrany applaudirent au supplie* de Bernède. « De tels exemples, écrivaient-ils, donnent de l'éneryie et de ia confiance aux soldats ; un seul cri répéM par vingt mille bouches s'est fait entendre : Vive la liépu^ blique, vive ia Montagne, périssent ainsi tous leit traîtres ' ! jj
Le général de brigade Soulérac et l'adjudant- général Len-. théric furent traduits devant le tribunal mihtaire révolutionnaire le même jour que Bernède. Les juges acquittérenl Soulérac ; mais, " par forme de police correctionnelle », il fuj condamné à un mois de prison pour avoir rudoyé un caporaL Comme Soulérac, Lenlht'ric fut acquitté. Los représentanU décidèrent toutefois qu'il serait délenn jusqu'à la paix, et fi ne sortit de prison qu'après le 9 thermidor.
Des fêtes républicaines destinées à réchauffer l'enthon* siasme se joignaient aux guitlotinadcs et aux arrestatîona; " 11 faut, disait Soubrany, des processions et des fâtes à ui peuple superstitieux et fanatisé : eb bien! nous en célébrerons souvent. » De concert avec Milhaud, ii avait difréi*é lâ fête des Victoires jusqu'à l'arrivée deDufîoinmier et des renforts. Celte fête eutlieule 2i) janvier, lorsque les vainqueurs de Toulon parurent dans les rues de Perpignan et défilèrent. ^ au son de la musique. <• Leur tenue, écrivait Souhrauy.
1. Jugement prononcé, le 9 pluriûse an II (38 jativ. 119*}, p»r Froinfl^ hsKues, président, Vicen» e( Donat. jugo); — Cf. Ilec. Aulard, X, 910.
MILHAUB BT BOUBRANY ]69
admirable; ils portent sur te front cet air mâle et confiant qu'inspire la victoire, »
Puis, le 8 février ou 20 pluviôse, ce fui une fête donnée par le cliilt. Ce jour-là était un décadi, et la Sociélé populaire avait ri'solu de le solenniser. Une petite fille de cinq ans, appelée jusqu'alors Marie-Antoinette, re<;ul au pied de l'arbre delà Liberté le prénom romain de Virginie.
Autre fête le mois suivant, lorsque fut inauguré le temple de la Raison. » La Raison, mandaient Milfaaud et Soubranj au Comité, fait chaque jour des progrès », et ils envoyaient b la Monnaie de Pans les vases sacrés, « vieux hocliets du fanatisme ■■ ; ils félicitaient le olub de Perpignan d'abattre Il les soi-disant saints qui montaient la garde au coin des rues ». Le 7 mars, des détat-hements de la garnison et des dîfTérents corps de l'armf^e — quatre hommes et un tambour par bataillon — se réunissaient sur la place et se rendaient, précédés de la gendarmerie nationale et d'un escadron de hussards, au logis de Dugommier, pendant que le canon tonn-ùt du haut des remparts et [[ue la musique jouait lie toutes parts la Marseillaise et le Ça ira. Ainsi accompagnés, DugoTumier et son état-major allèrent se joindre aux représentants du peuple et aux autorités constituées. Le cortège se dirigea vers le temple de lu Raison. En tête marchaient deux cent tilles on femmes vêtues d'une robe hlanclie serrée h la taille par une ceinture tricolore, des enfants que leurs mères tenaient par la main, et des vieillards. Plusieurs orateurs montèrent dans la chaire du temple : Milhaud : Dugommier qui parla, raconte ini témoin, avec le feu de la jeunesse et enleva l'assemblée ; le gouverneur de la TÎIle, le général Peyron, qui s'écria, en montrant à l'auiUtoire ViaaDécoUaliondeSaintJvnu-Baptiste,^ae\e%cé\cvn\.ii.éeoy\&, assis & cûté de sa Marie-Antoinette, se délectait à voir une putain, une Polignar qui Ini présentait le chef d'un homme juste. Après plusieurs hymnes patriotiques, les soldats et les
I)oiirgeois, l'aniu-e et le peuple gagnèrent l'EsplanaiIe. Là, étaient un autel île la patrie décoré des portraits de Le Peletier, de Marat, de Clialier, et un hficher où s'entassaient des lableaiis de saints et de saintes : il y en avait cent quintaux. Sur le désir de Soubrany, une lillette de cinq ans, une jeuno fille de seize ans et une femme mariée mirent le feu à cet amas. La cérémonie se termina par un repas public et par des danïies. Des tables étaient dressées devant chaque maisun. SitAt rassasiés, républicains et républicaines exécutèrent une grande farandole, qui fut conduite par les généraux La Barre et Micas.
Des scènes pareilles se passèrent à l'instigation des repré^ sentants en d'antres endroits des Pyrénées-Orientales, A Canet, au sortir d'un bon diner,Milhaud, un colonel de cavalerie, et une dame Laignu, se rendirent à l'église; la dame but dans le calice sacré ; Milhatiil, assis sur l'autel, fit un discours' aux habitants; puis toutes les boiseries et les statue» furent transportées sur la place et livrées aux flammes
Ces autodafés ne sauvaient pas la patrie, et les reprë* sentants cédèrent trop souvent à leur exaltation.
C'est ainsi que, le 6 septembre, Milbaud imposait une contribution de cent mille livres aux riches de Narboniie, qu'i accusait d'être égoïstes et indifférents au salut du peuple.
C'est ainsi que les deux conventionnels déclaraient au mtÀi de février que les saints do la Catalogne devaient rejoindi ceux de la France dans le creuset de la République.
Le Comité les blâma, leur reprocha d'aller trop loin. 11$ avaient décidé, le 22 février, que les fils et les frères, le9 oncles et les neveux des ex-nobles, des fermiers généraux, (les prêtres déportés et des guillotinés seraient exclus dti service militaire. Le Comité les pria de n i-evoir " cet arrêté,
1. Rec. AuUrd. X.608. eil:— Vidal. III, ISlet aC0-M3 ;— Société n'gt nérte de Perpignan, tiaaee du U plmiôse an II {kreh. nal., AF u, 239). — MjTlli(! l'ejTon à loute la Itépublique (A, G.}.
Mn.lIAUT ET SOUBRANY 171
de « peser » de pareilles tlîsiiositions ; la mesure, ajout.iiit-il, n'était pas assez réiléchie, et elle méritait un plus sôrieux examen '.
Mais, si les tleux représentants furent, comme Milhaiid l'a dit de Carrier, entraînés, emportés par le torrent révolution- Daire, ils rendirent de grands services à l'armée des Pyrénées- •Orientales. Leurs pouvoir» étaient illimités, et un seul fait en donnera l'idée : l'adjudant-général Favro, qu'ils envoyaient en mission, est arrêté sur l'ordre de Dugomniier qu'il n"a pas informé de son départ; i< dès que les représentants ont signé, répond-îl, la signature du général en chef est inutile M ..
Ils aidèrent Dugonimicr dans sa dîfHcile besogne et lui prêtèrent constamment leur appui; ils traitèrent avec déférence le Viiinqtieur de Toulon qui, comme eux, était membre
! la Convention, et lui-même atteste que Milhaud et Soutrany lui laissaient l'exercice libre de ses fonctions ; " rien, icrit-il an Comité, n'égale le zèle et le dévouement de ces deux représentants; le peuple ne pouvait faire un meilleur «hoix pour confier ses intérêts-'. >•
Ils retinrent à l'année le 1" régiment de hussards que le Oïmité ordonnait de dépêcher & l'armée îles Alpes.
Lorsque Bougon-Duclos, clief de ce régiment, fut destitué parce qu'il était frère de Bougon-Longrais, procureur général syndic du Calvados et l'un des principaux meneurs du fédc- Talisme, ils déclarèrent que la conduite militaire de Bougon- Duclos était digne d'éloges, qu'il avait donné plusieurs preuves éclatantes de courage k la tète des hussards, que iMs hommes lui témoignaient la plus grande confiance; ils le