‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 28 sur 102 · A. Cbuquel. UonUichûole · texte numérisé non relu

A. Cbuquel. UonUichûole

MILHAUD BT SOUBRANY I6i

niajur des PjTén^ces-Orientales sur les indications <le Rfrvest.

Le général da divisimi ("irandpré n'était plus à l'armée des Pyrénées-Orîenlales, lorsqu'avaienteu lieu les d6sastres : il commandait les ctites maritimes de Leucate à Aigues- Mortes; mais il avait soîsimte et unaus; Kevest le regardmt comme un .- faible officier •>, cl Turreau, romme un homme " auquel ou peut accorder sa retraite ».

Le Moyne, colonel du 23' cavalorie et général de brigade depuis le 15 mai, était, disait Rêvent, cassé par l'âge, et assurait que ses longs ser\'ices le mettaient hors d'état d'agir; lui-même écrivait que ses forces physiques l'abandonnaient, qu'il ne pouvait plus faire un métier aussi actif, qu'il serait heureux de terminer sa can-iére après avoir ■■ pria -s& bonne part de la victoire de Peyrcstortos ».

Duvignau, colonel-directeur du génie et général de brigade depuis le 8 mars, était, selon Revest, bon militaire.mais très malade, et lui-même avait demandé sa reiraite.

Soulérac était un vieux soldat estimable. Pèrignon l'aimait

le regretta; « si j'étais ministre, lui marquait Pèrignon, tu serais hicntàt rendu au poste que je t'ai vu parfaitement occuper ", et au mois de novembre 1794 Du gommier lui confiait les fonctions de commandant amovible à Carcassonne. Mais Rovest l'accusait d'indolenw, et Boucliotte décida que des

motifs de politique » ne permettaient plus à Soulérac de commander les troupes de la République.

Nicolas Roque, ditLaroque, colonel du 79". était gétiéra! de 'brigade depuis le mois lie septembre 1703, et son régiment attestait qu'il avait toujours montré une « ardeur marquée » «t un « civisme épuré ". Revest le ilénonça comme ci-devant, Boachotte hiisignifiade]irésenterun <• mémoire en retraite », et Laroque s'inclina, tout en objectant qu'il ne savait pénétrer les motifs politiques qui l'empècliaient de servir désormais.

162 llUGOMMIER

Soulier, ancien capitaine à Royal-Kciiisslllon, lieutenant- f colonel du i" bataillon de l'Hérault, promu g^-ncral daJ brigade par les représentants, commandait Ji Narbonne;.' mais Reveat le jugeait cassé, et Turreau, iucapalile.

Le général de brigade d'Hargenvilliers bravait tous le»1 soupçons. Revest le trouvait bon militaire, et Tun-eau \^M regardait comme tm liomme de beaucoup d'esprit, moins in»- 1 Iruit peut-être dans l'art de la guerre que dans le reste, et | ne négligeant rien c, pour paraître à la hauteur de la Révo- 1 lution ". Le ministre le mit à la retraite comme « ci-devant ». J

Montredon conduisait la division qui, le 29 aofit 1793, i avait cédé le camp de Corneilla, et Barbanlane déclarait 1 qu'il avait dirigé la retraite avec intelligence. Mais il dut,i après cet échec, s'éloigner de l'armée pour commander ^ 1 Carcassonne ; il était noble; te député Clauzel le dénonçait! comme suspect ; Turreaii affirmait qu'il n'avait pas la répu-J tation d'un patriote. Boucliolto le suspendit.

Le (îénéral de brigade Giaconioni, brave et habile, avait rendu de grands services à l'armée. Le 19 mai, au Mas-Deu,^ il couchait sur le champ de bataille avec une garde de soixante honmies, pendant que le reste des troupes fuyait à Perpignan, et il ne quitta la place que le lendemain au matin. Le 3 septembre, à Orle, il animait la résistance. Il avait combattu le projet d'expédition contre Roses, et Barbantaiie n'accepta le commandement qu'à la condition de mettre Giaconioni à la t6te de l'état-major. Malade, fatigué, reniplaco dans ses fonctions par Chaîllet de Verges, Giacomoni demandait un congé lorsqu'il fut suspendu. On lui reprochait d'avoir au'iî9ao(it, après l'échec de Corneilla, proposé l'évacuation de Perpignan; Bouchotto le jugeait " intrigant •■ et ■> peu délicat »; Revest, qui le reconnaissait asaeï bon militaire, lui trouvait le " caractère louvoyeur ••, otTtirreau le notait ainsi : « excellent chef d'état-major pourvu que le général le surveille ".

MII.KAUD ET 80UBRANT

Laiiij" lie Biiisconteau, lieuteiianl-iîoloiiel du régiment d'Aunis, puis colonel dti régiment de Champagne, devenu adjudant-général, était (inalifié par Revest : « intrigant, sans mérite, nouveau patriote •>. Suspendu.

Le général de brigade Béthcnconrt était signalé par Revest comme « ci-devant. » Suspendu.

Charles do Bellon Sainte-Marguerite, capitaine à Chartrescavalerie et aide de camp de Barbantane, avait été nommé par les représentants adjudant- général chef de bataillon, pilla adjudant-général chef de brigade, puis général de brigade, sur la recommandation de Fiers et de d'Aoust. Mais si Turreau avait plus de confiance dans son patriotisnieiiuedans ses talents, kevest le dénonçait it Boucholte comme ci-devant et suspect. Suspendu.

Louis-Joseph Cavrois, devenu sous-lieutenant grâce à la Révolution et promu général de brigade par les représentants sur la proposition ded'Aoust, pourlabravourequ'il avait déployée aux combats du Vernetet de Peyrcstortes, ignora toujours les motifs de sa suspension : Revest le traitait d'intrigant, et Turreau avait dit que son avancement était trop prompt iKinr résulter de ses talents militaires.

Jean-Pierre Ramel, naguère procureur-général synchc du département du Lot et député à l'Assemblée législative, commandant des chasseurs à cheval de la Légion des Pyrénées, avait été nommé chef de brigade par Bonnet et Espert sur la recommandation île Fiers qui louait son courage inébranlable, et promu général par Fabre et Gaston sur la présentation de d'Aoust. Barbantane applaudissait aux excellentes mesures qu'il avait prises à la retraite de Corneilla. Mais l'agent Revest l'avait noté « fourbe, lâche, pillard », et les conventionnels du Lot, Monmayou, Cledel, Bouygues, Salleles, le dénonçaient au ministre comme un intrigant, un fayettiste décidé, un feuillant, un ami de Dufresne Saint- Léon, un patriote de circonslanco qui n'avait jamais servi que la

te* nUGOMMIER

messo de srm frère, curé d'une des paroisses de Cahors e1 l'un des plus ardents apologistes du fédéralisme. Si pendu '.

Le géûiTal de brigade Bcrnède était, an dire de Revest^ suspect, et Turrcau jugeait ([u'il n'avait pas de talent, qu' était dangereux par aa souplesse. Suspendu.

Sahnguet, colonel au 14' dragons, maréchal de camp après Valmy, commandait dans le val d'Aran. Un Baire du Conseil exécutif, Comeyras, écrivit à Bouchotto qu'on doutait extrêmonient de son civisme, que s'il avait l'aménité, du sang-fmid, un très bon esprit, des parole^J républicaines et que ses actes ne semblaient pas démentir,' c'était un ci-devant et qu'il fallait se défier dos ci-devaa1 Suspendu".

Lafitte-CIavé, nommé colonel directeur en 1791 et maréchal de camp à la fin do 1792, élait une des gloires du génie, et Grimoard a dit de lui qu'il avait incontestablement des talents distingués. Employé durant quatre années Turquie, il avait, en 1787, fortifié Oczakov, et Choiseul- Gouffier témoignait qu'il honorait le nom français par capacités comme par sa conduite et qu'il savait obtenir confiance et forcer le respect des musulmans les plus fanatiques. Chargé, au mois d'ami 1793, de visiter les places du midi, des Boucbes-du-Rhône à l'estuaire delà Loire, puis, an mois de juillet, d'inspecter les fortifications de Perpignan, il arriva le 29 août à l'armée des Pyrénées-Orientales, dans l'instant oîi les ennemis passaient la Tet, Il se rendît; utile ; il prit des précautions pouren)p6cher le bombardementj de Perpignan, et il vînt au camp de Banyuls-sur-Mer des retranchements qui protégèrent les postes avancés. M)

1. Ramel, chef de brigade {28 juil,), et général de brigade (Il acl.), UAM i^aoacé h Bouctiotte p&r une ieltre des députés du Lot qui daté AkM Ï6n0!-. naî (\. G.),

2. Comeyras à Bouehotte, 10 oct. 1793 (\. G.]. Sahuguet dev&it étr réintégré le 8 moi 1793 et nuniuié géuér»! de divition le 7 juin suivant.

a- -Ju icnt

na-^H

UtLHAUO ET SOL'BRANY

les

Revest le jugeait suspect et Turreau écrivait que ses aptitudes si vantées De lui seniblaîent pas bien démoutrées, qu'il li*était pas patriote et ne tâcliait pas de le paraître. Boucbotte lui signifia sa suspension. Latitte s'éloigna; dans sa retraite, <lisait-il, il travaillerait sans relâche it rédiger des mémoires militaires*.

MelUnet, capitaine au bataillon de Nantes, avait été nommé adjudant-général cLef de brigade par le représentant Fabre pour sa bravoure au combat d'Orlo. Vainement il demanda les motifs de sa suspension et envoya des certificats de civisme. Vainement le chef d'état^major Lamer et nombre d'officiers-géuéraux déclarèrent qu'il avait donné l'oxomple des vertus qui distinguent le défenseur de la liberté. Vainement ses camarades du bataillon de Nantes attestèrent qu'il n'avait cessé de mériter l'estime des sans-culottes qui se tiattaieut pour la patrie. Vainement les clubistes de Perpignan assurèrent, dans la séance du 3 janvier, qu'il n'était toujours conduit en vrai républicain et en soldat courageux; il dut regagner Nantes et rester plusieurs années dans l'inaction. Mais il soupçonnait qu'un agent du ministre l'avait desservi, et, en effet, Revest l'avait qualifié de suspect. H Je te plains, écrivait Meliinet à Bouchotte, d'avoir près des armées des agents indignes de ta confiance et qui te trompent impudemment '. >■

Trois autres adjudants-généraux, Baude, Lenlhéric et Boissier, furent également frappés. Le seul crime de Baude tait son avancement rapide. Revest le jugeait intrigant. Suspendu.

Lenthéric, chefde l'état-major de la division de Ciillioure,

Page 1