‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 56 sur 102 · LK BOULOU · texte numérisé non relu

LK BOULOU

armée. Pendant ce temps, la division de Las AmariUas avait franchi le Tech. Le général Quesnel arriva trop tard pour arrêter la cavalerie espagnole ; elle dut toutefois, afin d'échapper à l'infanterie de Martin, abandonner ses chevaux et fuir à travers les rochers. Un régiment de dragons enfila, non sans hardiesse, le col du Perthus; il fut, à TÉcluse- Hau te, crible de balles parle 1" bataillon du Gard qui bordait la route ; les uns rebroussèrent chemin ; les autres passèrent sous le feu des Français en laissant une quinzaine des leurs sur la place.

C'était vers le pont de Céret que refluait toute Tarmée ennemie. Mais à ce pont courait La Barre, courait Augereau. Dès qu'il avait su que Mendinueta se retirait sur Céret, Augereau s'était jeté à sa poursuite, et ses deux brigades Guien et Mirabel avaient gagné rapidement Saint-Ferréol. Le jwnt fut obstinément défendu par Vives qui disposait de six pièces de gros calibre et qui salua la cavalerie de La Baire par plusieurs volées de canon. Enfin, Vives céda aux cfi*orts d'Augereau, et La Barre, traversant le pont au galop, s'engagea dans le défilé de Céret à Maureillas. L'impétueux général tomba sur la colonne des équipages espagnols, qu'il prit en queue pondant que Quesnel la prenait en tête. 11 y eut alors une scène indescriptible de confusion. Tout le matériel de l'armée espagnole, son artillerie, ses voitures, ses chevaux, ses mulets, étaient là sur la berge escarpée d'un torrent, au pied de la montagne. Les ennemis mirent le feu aux poudres ; ils précipitèrent des pièces au fond des ravins ; ils essayèrent désespérément de fuir à travers les rochers et les abîmes. Mais pas un chariot, pas un caisson, pas une bête n'échappa.

La victoire eût été complète si le général Lemoine, parti de l'Écluse-Basse, avait pu prévenir les Espagnols au col de Portell. La fatigue do ses troupes et les Apres sentiers de la montagne ralentirent sa marche. Mais si la plus grande

HUtîOMMIF;R

partie (io l'infanterie espagnole s'échappa, elle était dècouf ragéo, (lémoralis(?e, incapable d'un nouvel effort. Dés l'oiiverJ liire de la campagne, le premier pas de Dugommiei- étaitJ^ comme dit un de ses officiers, un pas de géant '.

Quinze cents Espagnols tués et presque autant de prisoB-i iiiers, dont un général, un colonel et 75 officiers de tous*] grades, 15i3 bouches à fen,800 chevaux et midets, les tentes^ les effets de campagne, les bagages de 20.000 hommes, le( équipages de l'état-niajor, la holle et pesante vaisselle dm La Union, tels étaient les tropliées de ces deux journées da> 30 avril et du l" mai 1794, qui portent le nom de bataille 1 du Boulon, et pour enlever toutes ces prises, Milbaud dut J prendre le 9 mai un arrêté qui requéraitdes charretiers dans .1 les départements de l'Héranlt et du Gard.

BeUegarde et Cotlioure restaient aux mains des Esptkgnoh ; mais ils avaient repassé la frontière, et leurs alliés lesj Portugais ahandonnaient sans résistance les petites places don Fort-les-Bains et de Prats-de-Mollo. Les Français perdaient à peine 20 hommes! C'est, comme s'exprimait Dugommier, que les mesures avaient été bien prises ; c'est que l'armée dos Pyrénées-Orientales, entraînée par son nouveau chef, | pleine d'enthousiasme, animée du désir de chasser renvahi8-<l seur et de laver les taches de 1793, n'avait cessé d'agir avec autant d'ensemble que d'ardeur. Sous les ordres ( Dugommier, a dit Augereau, elle avait le meilleur esprît^ et elle ne demandait que d'en venir aux mains. La Convention décréta qu'elle avait bien mérité de la patrie.

Et Dugommier avait, lui aussi, et cette fois encore, hÎM mérité de la patrie. I^s généraux français de 1 793 s'étaiei^ heurtés aux retranchements de Montesquieu et jetés aveU; j^lément sur le front de la position espagnole ; ils n'avaiei

t. Uot du fulur gi'n«ral Albert au Dirertoir^ (33 mnl l'OS); pour tout ce qui précède, lo méni. <le Bniitlnril et la. lellrc de Dugnniiii au Comité, 1" m»i (A. U.). Fcrvel, ArleL'lie. Pineau, etc.

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pas pensé h se porter sur l;i crête îles Alljércs, à ce pic do Saint- Christophe d'oti le camp du Boulon se présentait ouvert à sa gorge ; ils n'avaient pas songé que l'occupation de ce point leur donnait les Alliêres. Dugommier conçut et accomplit cette belle niaiiœu^Te que ses devanciers n'avaient pas même entrevue. etil sut l'exécuteraprèsavoir mis toutes les chances de son vdl^. Il fit sans doute îles gaucheries et des maladresses. Mais il jouait presque â coup sur. Les précautions qu'il prescrit à la veille de l'action sont infinies. Il craint que les ennemis ne le préviennent et ne l'attaquent, et il commande h ses généraux d'exercer une estrôme surveillance, de ne négliger aucune mesure pour éviter un© surprise : qne les hivouacs soient doublés, que les canonniers aient leur mèche allumée, que la cavalerie soit aux aguets et que Ilugua et tjuesnel se partagent la nuit'. Il

t. Dugommier à Augereau et à PériRiion. 3S ilvtÏI [A. lï.]. Voivï. nu 19 avril, k composilion de l'iaranterie des Pyrénées-Orientales ; Thoices OAiiB LBS OAïuiiBONS ; baUtlIIoD de Castrea. bataillon d'AUiy, 3- haloiUoa Bftute- Vienne, I" et S* halftillan de Perpignan (3.600 hommes à Perpignan et citadelle] ; Caii/onnemenli miirllimei (3.13^ houimea) : <■ CAtes Mari- Urnes ;Sainl-LBurent): 3- Aude (Snlccai; f Tarn iSaint-IIipptilyle) ; 70* (Lencale;: 1" llairtes-Alpe» (Sigeiui)j 7- Aude (Gruissan) ; 4- Ut (TurreiUea): CantonntirunU Haignis [IR.aai hommes) : S- Hâraull.S* Dordogne, 3* de la Révolution (Agrlej; l" Moulblanc, 1" Phocéens, 2- grenadier! Bou<:he«■llu■llhl^^e (Celte); bataillon de Brutiis tPouMaa]:7* Mont, d'Aix (Bouiigues); i' hutailion légion helvienne (Glgeanj; 3' balùlinn lëgloa hetTÎenne et Mont, tt^publ. (Montpellier); 5- Ardëcbe (Frontignan) ; 5* Cnrr*»e (Avignon) ; !!• Loi, 3' Ariége, 1" Charente (Aveyron); i" infiu)teric légère de lu Montagne et compagnie Tranche de Praclei (au col Tei^ nère). — Coni-s t>% thoitbb mspuxihli!! : Diviaion de droUt (lU,7i)l hoiumca: : 1" bataillon grenadiers montognanli, i' Haute-Uuronne. 4' Aude, ^;i* demibrigade, t" grenadiers, 3* et S- llaute-tiaronne, 3' Haute-Vienne, 1" AriâKC, 9" DrAïue (au Mas-OeuJ : légion des Allobrogea et légion de la Moalagnu (Pourquesi; 6* chasseurs (Passa); 3< chnaseurs (Villemolai|ue) ; 3' fjtiroéeii-Orienliilea (Fourijues}; 7- Ariége (Thuir); 3' Montagne (Saiote-Culombe) 1 3- Tarn (Terrais) ; 6- Hérault (Llugila) : 3* Côtes Maritim«» (TrauU- \a»): DieUioa du centre (11303 hommes à Bages) : 147' demi-brlgailv . £1* régiment; 6- et 1* CAles Maritimes; 53' régiment; balaUloo lie Ja Moselle; 10- de la Montagne; 4- Gard ; 2' Haules-Pyrénée»; f grcaïadMUs du Gard; 1" de Béliers; 3" Ardéche; 4* Ariége; 5- cliOMeuni : 3- cliUwtMi des monlagnei . I" Cantal ; 4- Pyré née s-Orf en laies ; 7' chasanur» ; f Obttr klaiitimes; 6- Montagne; 1" Amis du peuple; 9- Aude; S* tMnMU u» év LoUève ; I" braconniers monlagnudi; Divilioa de gaueàe : f V

veut avoir des nouvelles de chacun d'heure en heure pour porter des secours oii besoin sera ; « il faut bien, dit-il, s'attendre à quelques défectuosités dans un grand corps. »

(Canet) ; 79* et grenadiers Basses- Alpes (Salnt-Nazaire) ; 1* (Lagrange); 2* chasseurs (Latour-bas-Elne) ; 4* chasseurs, 8* Haute-Garonne, chasseurs éclaireurs (Saint-Cyprien) ; l" et 8* infanterie légère, 28* régiment, miquelets de CoUioure (Elne); chasseurs sans-culottes (tuilerie d*Anglade) ; 4* Mont Blanc (Montescot) ; !•' Côtes Maritimes (Corneilla) ; 4* et 7* Haute-Garonne, 3' Drôme, 2» Ardèche, 5' et 6* Bec d'Ambez, 32* régiment, 6* Aude, 5- Montagne, 4» Corrèze, !•' Tarn (Ortafifa).

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