Duhamel [microforme]
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En vérité je suis fort en peine de savoir, si je puis sans trop de difficultés, admettre au nombre de mes Contemporains, L’ILLUSTRE Duhamel, [a prose en personne, la poésie en action, et /a morale rovsours en idée !
Rédiculiser aux yeux du public, le lion de nos sociétés canadiennes paraîtra peut-être inconvenant, et pourrait me mettre dans une mauvaise position, Les lions, il faut le dire, sont ordinairement dangereux, lorsqu'ils ont toujours vécu dans les.bois'et les:
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forêts ; mais par bonheur, lorsqu'ils ont pu acquérir une teinte de civilisation, ils ne sont alors nullement redoutables.
Voila pourquoi, je donnerai, sans plus tarder, un fauteuil à M. Duhamel, Jeune lion civilisé et par conséquent peu propre à effrayer qui que ce soit, encore moins un biographe.
Je le sais par avance, on ne manquera pas de me jeter à la face ces paroles : Sophog Velligul ne respecte rien, pas même le génie. Je l'avoue, je suis un peu téméraire, mais Molière n'est-il pas là qui nous dit :
Qu'il faut de ses amis endurer quelque chose.
Mon célèbre contemporain saura comprendre ces paroles, et surtout ne donnera pas un mauvais sens, aux quelques verités que je vais lui dire dans sa biographie.
Joserx ou plutôt Jô DuxAMeEL (car on l'appelle généralement de cette manière) naquit à l’ancien Fort des
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Messieurs, plus connu à Montréal, sous le nom de Fort-T'uyau.
Sept faubourgs, ne se disputèrent point l’honneur, ou plutôt le déshonneur de lui avoir donné le jour.
Voici seulement ce qui advint à sa naissance. —
En le voyant apparaître diflorme et noueux, sept de ses principaux parents se réunirent en conseil, afin de savoir s’il n’était pas convenable d’imiter Abraham, sur la montagne sainte, et d'offrir le nouveau-né, en holocauste ; en expiation du crime qu’on avait commis, en lui faisant voir la lumière.
Enfin après plusieurs jours de discussion, et après que l’on eut épuisé tous les moyens possibles, pour envoyer le moutard chez Pluton, on se décida tout-à-coup à sauver :: vie au marmot.
En souvenir de ce trait inoui dans la famille, on proposa qu’une copie des délibérations de l’assemblée se
rait gardée dans les archives, afin d'être tansmise aux générations futures.
Par une faveur toute particulière, jai pu voir ce beau trait d’humanité, et aujourd’hui je me suis fait un devoir, de l’enrégistrer, vu qu'il était d’une extrême importance pour mon:
contemporain.
Le jeune J6 avait été sauvé, malgré qu’il eut dû être condamné.
La générosité une fois en marche, ne s'arrêta pas là.
Son père qui était marchand d’alumettes, et qui est maintenant mar- Chand de pipes, (car il a*augmenté d’un grade) était de plus, bavard, qualité dont son fils a hérité, et qu’il a su bien utiliser. Aussi à peine agé de 15 ans, le beau Jô égayait-il les badauds par ses saillies enfantines.
Hélas ! il fut trop précoce, car maintenant on regrette, et il regrette lui-même de lavoir trop été.
Ingénium volat, homo manet, Le génie s’envole, et l’homme reste.
Cette précocité épouvuntablé! } éblouit
{ les parents. On ne voulut pas que
était | d’aussi brillantes qualités, vinssent à
mon, 1 disparaître.
On pressentait ce que serait l’hom-
algré { me plustard. Après mûre délibéra- | ‘tion, l’un des parents (les archives ne arche, | disent pas lequel) vint trouver Duha- | mel, et lui annonça qu’il devait aller d’alu- au collége, pour y faire ses études, mar- ! Les richesses el la bonne fortune ennenté ( flent le cœur, et: souvent renversent la , qua- . téle de ceux qui les possèdent, disait | a su | Ovide.
6 de À : Je ne sais, si l’auteur des jours de s ba- ‘notre aimatle contemporain, connais- | sait le poête latin. Quoiqu'il en soit, car il connaissait par cœur ces paroles, rette qu’il aimait à répéter à son fils.
Ce dernier en apprenant, qu’il devait aller au collége, fut tellement joyeux de cette bonne fortune, que Le
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cœur lui enfla (cause de son expan-| sion) et qu’il eut la tête renversée 2n-| tellectuellement ca s’entend. 1.
Ce qu’Ovide, et son père avaient!
prévu, s’était accompli à la lettre. | Inutile de vous dire, maintenant | qu’il se rendit célèbre parmi ses com- À pagnons d’études. Qu'il me suflise !
toutefois de vous déclarer, après avoir | puisé mes renseignements, à des sour- | ces certaines, que sur cinq élèves, que !
comptait la classe de Versification, il | fut toujours grâce à Dieu le cINQUIÈME. |
Qui n’aurait pu reconnaître à des !
signes aussi évidents, l’homme de la !