‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 87 sur 128 · Mémoires de Dupleix · texte numérisé non relu

Mémoires de Dupleix

2. Bâtie sur les ruines de Mailaparam, prise par les Portugais, en 1545.

Vues de Dupleix sur l'Indo-Ghine ; la Compagnie s'y oppose. — Firman de l'empereur de Delhy et lettre du nabab de Bengale à Dupleix. — Le Gouverneur voudrait envoyer une ambassade au Grand-Mogol ", refus de la Compagnie. — Lettre secrète du Conseil supérieur de Pondichéry, à la Compagnie. — Négociations à Londres. — Godeheu est nommé commissaire du Roi; ses instructions. — Les Anglais exigent l'ordre de rappel de Dupleix; Louis XV le signe. — Machault et la famille Dupleix.

— Lettre de Godeheu à Dupleix. — Instructions secrètes de la Compagnie. — Bussy demande en mariage Mademoiselle Marie-Françoise-Gertrude Vincent; Madame Dupleix et son mari lui répondent favorablement. — Conférence de Sadras.

— Lettre de Godeheu, envoyée à Dupleix de l'Ile de France. — Lettre du Gouverneur-Général à ses subordonnés. — État de l'Hindoustan.

^^^^'UPLEIX voulait expulser le pavillon anglais de

^ toutes les mers de l'Inde. S'appuyant sur notre

g ancienne influence et sur le retentissement donné

à nos victoires jusque dans l'Indo-Chine, il cher-

cha à négocier près du roi de Pégu et à obtenir un établissement.

La Compagnie approuva ce projet ; puis, sous la pression d'un ministère timide, elle modifia complètement ses sentiments, et, le 2 janvier 1753, les Directeurs écrivirent à

« Pour mieux connoître la nature des engagemens que vous étiez dans le dessein de contracter avec le roi du Pégu et des conditions sous lesquelles vous pouvies lui donner les secours que vous nous invitez à vous mettre en état de lui fournir, nous nous sommes fait représenter tout ce que vous nous avez écrit sur ce projet par vos lettres des 30 janvier et 30 octobre 1750, par celles des 10 juin et 15 octobre 1751 et enfin par votre dernière du 19 février 1752.

<i En mettant vis-à-vis de ces k tires (comme nous le faisons dans un cahier ci-joint), nos lettres ou réponses du 30 septembre 1750, du

28 décembre 1751, et du 25 septembre 1752, nous n'y trouvons rien de notre part qui ait pu vous engager à donner ou à promettre aucun secours, ni en hommes, ni en munitions de guerre et encore moins à vous emparer de la rivière de Siriam.

« Nous n'avons approuvé en aucune façon que vous vous rendiez de force ou de bon gré maître exclusivement du commerce du Pégu, ni que vous entriez dans le pays, parce qu'il étoit ouvert au premier qui s'y présenteroit ou parce que l'usurpateur n'y a aucun droit; c'étoit (disiez-vous) dans ces occasions que le plus fort l'emporte, sauf à faire, quand on est en possession, son traité avec l'usurpateur ou avec le souverain légitime.

« De pareilles maximes sont bien éloignées de nos principes et nous voyons avec une vraie peine que c'est là précisément le même esprit de la proposition, que vous nous aviez ci-devant faite, de conquérir le Tanjaour, parce que les revenus de ce royaume sont considérables.

« Vous nous dites, par votre dernière, que le sieur Bruno ayant été bien reçu du roi et de son père, il y avoit lieu de croire que l'on pourra terminer à l'amiable avec les Peguans.

« Que devons-nous conclure de cette façon de vous exprimer, sinon qu'au cas que le sieur Bruno n'eût pas trouvé certaines facilités dans sa négociation, vous vous réserviez la faculté d'entrer au Pégu de vive force?

« Vous ne nous avez point envoyé de copie des instructions que vous lui aviez données; et outre que par cette omission vous semblez vous soustraire au compte exact que vous devez rendre à la Compagnie, ne nous mettez-vous pas dans le cas d'en porter le même jugement lorsque nous voyons que le sieur Bruno finit son journal par dire qu'il a examiné les forces du pays, qu'il s'est informé des dispositions des peuples, et qu'avec 5 à 600 François bien commandés on peut se rendre maître de la rivière, en se munissant d'une certaine provision de vivres et en trouvant les moyens de s'en procurer par Merguy?

« Nous n'avons pu voir avec plus de satisfaction, dans ce même journal, que lorsque le sieur Bruno a tâché de rendre les Anglois suspects, le frère du roi a affecté de répondre qu'il ne les craignait pas s'il avoit les François pour amis.

« Des dispositions de cette nature entraînent des engagemens trop étendus; et si le sieur Bruno a fait quelque chose de sage dans sa mission, c'est d'avoir laissé tomber l'offre qu'on paraissoit lui faire de Negrailles, qui ne peut convenir, et de n'avoir pas accepté du roi le terrain ci-devant concédé aux Anglois ('). »

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