‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 88 sur 128 · I. Les Directeurs voulaient écrire : Négraïsse · texte numérisé non relu

I. Les Directeurs voulaient écrire : Négraïsse

« Il s'est borné avec raison à celui que nous avions antérieurement possédé, lequel a 225 toises de long sur 155 de profondeur, ce qui est bien suffisant pour les commodités d'une loge et pour la construction des vaisseaux, objet principal de cet établissement.

« Il ne doit pas absolument être question d'autre chose à Siriam que de cette simple loge. La nature du commerce que l'on y pourra faire d'abord n'exige pas beaucoup d'employés ; et, si ce commerce devenoit plus considérable, on pourroit alors en augmenter le nombre.

« Vingt à trente soldats au plus suffisent pour la garde de cette loge, parce que dès que l'on fait construire des vaisseaux, il s'y trouvera toujours une partie des équipages qui leur sont nécessaires, et cette augmentation de monde se renouvelle chaque année.

« La Compagnie, nous le répétons, s'en tient uniquement là. Elle ne veut en aucune façon d'alliance offensive ni défensive avec le légitime souverain ou avec l'usurpateur. Ils peuvent vuider leur querelle sans que nous nous en mêlions et sans que nous fournissions dorénavant aucune espèce de secours ni à l'un ni à l'autre.

« S'ils jugent à propos de rappeler les Anglois, de quel droit vous opposeriez-vous à la volonté des maîtres du pays? Les Anglois auront leur loge comme nous aurons la nôtre ; et il seroit bien plus avantageux, là, comme pour toute l'Inde, que les nations européennes eussent des ordres positifs de leurs souverains respectifs de s'aider réciproquement, et de ne jamais entrer dans les discussions que peuvent avoir entre eux les différens princes de l'Asie.

<i Voilà ce que nous pensons, Monsieur, sur l'établissement au Pégu, et nous désapprouvons tout ce que vous pourriez faire de contraire à ces dispositions. »

Sous ces apparences de modération, la Compagnie voulait cacher encore à Dupleix ses projets d'entente avec l'Angleterre ; comment les Directeurs pouvaient-ils juger de Paris les affaires orientales ? Cette lettre aurait dû ouvrir les yeux du commandant-général : elle l'accuse de vouloir se soustraire au contrôle, lui reproche d'avoir fait prendre par Bruno des renseignements cependant bien naturels sur les forces du pays. Autant de mots autant de chicanes !

Notre présence au Pégu aurait été efficace. Alompra, empereur birman, secondé par des aventuriers français, essayait de chasser les Anglais de Bassëm et du cap Négraïss. Dupleix leur fermant l'Hindoustan, les Anglais cherchaient à pénétrer dans rindo-Chine ! En 1757, les Birmans s'emparèrent de la

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