‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 90 sur 128 · Mémoires de Dupleix, pièces justificatives, -ç · texte numérisé non relu

Mémoires de Dupleix, pièces justificatives, -ç

Soitjar-El-Moiilouk^ Assahamet-Daoula^ Mahemet-Aly^ Vardikan^ Bahadour^ Mametzingue^ Nabab de Be?igale, à Dupleix.

« Au respectable Vasir (Ministre militaire), le très illustre, le très « grand, le très brave et le très heureux ; à celui qui occupe le « premier rang d'entre les plus grands Omraos (généraux d'armée), « le seigneur-gouverneur. Nabab Zaferzingue-Bahadour, (titre et i nom donnés à Dupleix par Mouzaferzingue) : le Dieu Tout-Puis- « sant vous conserve en parfaite santé :

« Votre réputation, votre capacité, votre valeur sans égale, votre « exactitude à tenir vos promesses, votre probité, enfin les belles « qualités dont vous êtes doué, sont exaltées par tout l'univers, et « m'inspirent une envie extrême de vous voir; si je voulois m'étendre « sur vos éclatantes qualités, j'auvois de quoi faire des volumes. Je « suis en extase d'apprendre tous les jours les effets que produit « l'amitié que vous voulez bien accorder au Nabab Salabetzingue « Bahadour, et je suis résolu à faire mon possible pour la mériter « plus qu'aucun autre; je désire d'entretenir avec vous une corres- « pondance de lettres; je me flatte que vous y correspondrez; je fais <L les avances comme vous voyez, considérant l'attachement que j'ai « pour vous et l'envie qiïe j'ai de recevoir souvent de vos nouvelles; « vous ne sçauriez trop m'en donner, et me marquer en quoi je puis « vous être utile ; en faisant ainsi, vous me ferez plaisir et la liaison « qui règne entre nous durera toujours ; je vous promets de rendre « tous les services qui dépendront de moi à vos messieurs de Cas- « sinbazar et d'Ougly ; ils sont contens et en bonne santé ; ils font « leur commerce ('). »

Pour répondre au désir de l'empereur de Delhy, Dupleix se proposait, avec l'agrément de la Compagnie, de lui envoyer une députation. Il en écrivit à Paris :

« Dans les dernières lettres de M. de Bussy, il est fait mention d'une ambassade auprès du Grand-Mogol. Je sens à merveille le bon effet qu'elle produira, mais pour m'y déterminer il me faut des présens. Si ceux que je vous ai demandés arrivent par les vaisseaux de cette année, je m'y déterminerai, et l'on ne peut mieux faire que d'en charger M. de Bussy, qui possède tout ce qu'il faut pour la faire réussir.

« Je n'ose vous promettre d'avance tout l'effet qu'elle fera; mais vous aurez lieu d'en être surpris, ainsi que toute l'Europe. Le tems de la récolte est venu, il faut en profiter. Mettez-moi en état de la faire promptement, et d'assurer en même tems ce à quoi vous ne vous seriez jamais attendu. »

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