CHAPITRE XIV
pendant trente années l'Inde et la politique, jeté ensuite par hasard dans des affaires où d'abord il ne poursuit que des intérêts personnels, contraint bientôt par des attaques imprévues de persévérer dans une lutte qu'il n'avait pas désirée, porté enfin par une révolution de palais à une puissance qu'il n'avait jamais rêvée, Dupleix, malgré cette marche vacillante et malgré sa défaite finale, n'en demeure pas moins le premier Européen qui ait montré la faiblesse des Hindous et rendu possible, par ses écrits et ses exemples, la conquête de ce nouveau monde. C'est donc avec justice que les Anglais l'honorent comme l'initiateur de leur œuvre, parmi les conquérants de leur race qui ont accompli pour leur patrie ce qu'il voulait faire pour la sienne.
Pour nous Français, auxquels il ne reste que la stérile consolation d'avoir enfin rendu justice à ce grand homme dont nos pères n'ont pas su pénétrer le génie, apprenons, en mesurant les désastres que nous ont valus inconsciemment la passion d'un Silhouette et l'ineptie d'un Machault, à porter dans l'étude des questions qui intéressent le pays et dont nous pouvons avoir à décider, un esprit que n'aveugle aucun préjugé et une volonté que dirige seulement la conscience de notre responsabilité.
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