CHAPITRE II
1 capitaine 1,080 1.
l lieutenant 720 1.
1 sous-lieutenant 640 1.
2 enseignes 600 1.
8 sergents à 18 1. par mois.
7 caporaux à 15 1.
7 anspessades à 13 1. 10 s.
1 tambour-major à 18 1.
3 tambours et fifres à 15 1.
100 fusiliers à 12 1.
2 caporaux topas à 8 1.
38 soldats topas à 6 1. 10 s.
Total général : 166 hommes, dont 126 blancs et 5 officiers.
2« et 3" compagnies, même effectif, moins le tambour-major (i).
(La dépense totale du personnel est de 80,890 1. ; Dupleix la porte à 96,368 1.)
Aumônes et subsistances 4,000 1.
Gages des serviteurs ...... 10,000 1.
(Dupleix fait monter ces dépenses à 25,122 1. 15 s.)
Loyer pour une année aux employés et officiers 7,380 1.
(Ceci était une dépense nouvelle et non prévue à l'état de 1743.)
Dépenses générales par estimation . . 15,000 1.
Hôpital, 40,000 L; limites, 2,000 1. ; négoce, 40,000 1. ; fort Louis (entretien), 2,000 1. ; Patimars, 5,000 1. ; dehors, 1,800 1.; réparation des bâtiments, 3,000 1. ; dépense des chevaux, 4,000 1., etc., etc. Total 122,800 1.
Total pour Pondichéry . . . . 240,000 1.
(1) La garnison comptait donc sur le papier 511 soldats blancs et topas, dont 15 artilleurs. Il v avait 18 officiers.
Pour la dépense des quatre vaisseaux et des trois bâtiments que la Compagnie voulait entretenir aux Indes, elle portait 150,000 I. Les dépenses de Karikal étaient fixées à 109,851 1., tandis que Dupleix portait 126,713 1.
Celles de Mahé atteignaient 90,482 1. avec deux compagnies d'infanterie seulement, car la Compagnie retranchait la compagnie de cipayes, qui coûtait 6,20o I. par an.
Enfin, les dépenses totales de l'Inde montaient, d'après l'état de la Compagnie en 1747, à 787,409 1., 196 barriques de vin, 101 quarts d'eau-de-vie.
Cet état ne fut pas observé rigoureusement à cause de la guerre; mais il indique les cadres réguliers. Nous savons, d'ailleurs, qu'en 1730 il j avait en tout 12 conseillers des Indes, 12 conseillers ordinaires, 33 sous-marchands, 23 commis, 13 sous-commis et 3 surnuméraires.
Les employés étaient d'origine di^erse. Les uns étaient des cadets de famille que leurs parents envoyaient aux Indes pour y occuper les postes principaux et y faire une carrière administrative. Ceux-là commençaient par les postes de marchands ou même de conseillers et arrivaient rapidement, par protection, à ceux de chefs de comptoirs. C'est ainsi que Dupleix débuta comme conseiller des Indes et commissaire des troupes à vingt-quatre ans, et bien qu'il eût été remis sous-marchand en 1722, il n'exerça jamais que les fonctions de conseiller et fut nommé directeur à Chandernagor en 1731. Duval de Leyrit, fils du directeur d'Éprémesnil, et son frère Du^al de Valarmée débutèrent tous deux comme conseillers, le premier à Mahé, le second à Pondichéry.
Dupleix, dans l'état auquel sont empruntés ces renseignements ';, cite comme fils de bonnes familles : MM. de Saint-Paul, son beau-frère; Renault de Saint-Germain; Louet,. directeur à Mahé; Collé, Lenoir, tous conseillers des Indes. D'autres sont d'extraction ordinaire, mais honnête. On rencontre un fils de conseiller au Parlement de Dijon, le sieur Léaullé, deux fils de notaire ou de procureur ^v, quatre fils de marchands (3), un certain
(1) Col. C* 15. État des employés de l'Inde en 1750.
(2) Les sieurs Gueullelte, Coquet.
(.3; Barthélémy, la Porterie, le Brun, Duplan de Laval.
CllAPITRE II. 47
nombre de fils ou parents d'employés. Les sieurs Boyelleau, la Brelêche, le Gou, Miran étaient dans ce cas; le sieur Biancour était fils d'un domestique de la Compagnie, mais protégé par le directeur Hardancourt. D'autres, en assez grand nombre, étaient, selon le mot usité, fils de l'Inde, c'est-à-dire d'une femme du pays et d'un Français; tels étaient les sieurs la Touclie, fils d'un capitaine de port de Pondichéry ; Delarche, fils d'un capitaine de la garnison; Flacourt, fils d'un conseiller à Surate; Hérigoyen et l'Éridée, tous deux fils de l'Inde et d\in cuisinier. Il y avait même, parmi les employés de Pondichéry, un sous-marchand topas, le sieur Pedre Mousse.
Ceux-là étaient d'honnêtes gens, mais à côté d'eux, il y avait des aventuriers, des gens d'origine basse ou dont le passé était chargé de tares et de crimes. Le sieur le Bon, second sous-marchand, par exemple, avait été tiré du service des Danois par le gouverneur Lenoir; le sieur Cotterel avait été marin quelque temps dans l'Inde et, protégé par le cardinal de Tencin, « avait obtenu d'être trans- « mis dans la plume sans savoir pourquoi. Ne sachant à quoi l'em- « ployer, on l'avait placé à l'inspection de l'hôpital et il postulait « le poste de conseiller. » Parmi les sous-marchands, la Brieugne avait été d'abord dragon, puis garçon-major à Bengale; Ernouf avait été valet de cafetier. Parmi les moins recommandables, le sieur Bourdeau, déjà vieux, avait mangé son bien en France et était passé aux Indes pour y vivre; le Brun avait été chassé par son père, marchand à Paris ; perdu de dettes, il faisait à Bengale le métier d'escroc; le sieur Fournier, chef à Daca, fils d'un charpentier venu dans l'Inde en 1700, avait été mousse; passé à Bengale, il y avait été maître d'école, puis chef d'embarcation. Il avait épousé la fille d'un forban réfugié à Chandernagor. La protection de Lenoir lui avait valu d'abord quelques voyages lucratifs et le maniement des fonds de Castanier, puis la nomination de conseiller. « Il * était arrogant, orgueilleux, gueux revêtu, dit de lui Dupleix; on t a déshonoré les employés en l'admettant au service; les étrangers « qu'il a servis longtemps en ont ri. »
Le sieur Lemaire, dixième conseiller des Indes, arrivé en 1738, avait fait banqueroute à Rouen. Celui-là était un protégé de Dumas.
Banqueroutier aussi le sieur Drouet, quinzième sous-marchand
à Pondichéry. Le sieur Golard, second conseiller à Bengale, ami de Dumas, avait dû quitter la France à la suite d'un meurtre (i).
Ainsi la plus grande partie de ces employés étaient dans l'Inde ou parce qu'ils y étaient nés et demeurés faute de ressources, ou parce qu'ils n'avaient pas su trouver en France d'occupation. Quelques-uns même avaient été, par leurs fautes ou leurs ci'imes, contraints de s'expatrier. Enfin, le petit nombre venaient pour faire aux Indes une fortune rapide, administrative ou pécuniaire. Il va de soi que ces derniers pouvaient présenter par leur origine ou leur éducation quelque ressource, mais le désir de parvenir vite aux grands postes et à la fortune pouvait les entraîner à certains excès, car ce n'était pas au service de la Compagnie, mais au leur qu'ils pensaient d'abord. Le sort de celle-ci était d'être mal servie dans tous les cas. Les meilleurs avaient peu de talents.
Que valait de Leyrit. directeur à Bengale en 1750, et fils du directeur d'Éprémesnil? Il avait de la hauteur et peu d'abord. Il était peu au fait des affaires et se laissait mener par des gens sans valeur. Saint-Paul, beau-frère de Dupleix, de bonne famille, ayant trente ans de services, n'obtenait qu'une note ainsi conçue : « le bien qu'on en peut dire surpassera toujours le mal. » La Compagnie l'avait effacé du tableau en 1748 à cause de sa facilité à se laisser prévenir par les écrivains noirs. Dupleix même en avait dit du mal avant qu'il fût devenu son beau-frère et ne put obtenir que la Compagnie le désignât pour son successeur. Renault de Saint-Germain, le plus parfait connaisseur en toile, de très bonnes mœurs et très alTeclionné au service de la Compagnie, est une exception dans ce tableau. Louet, chef à Mahé, était un homme de peu de jugement, de mince capacité, extrêmement partisan des coutumes malabares, dont il n'avait pas honte de faire usage, n'ayant de connaissances que de Mahé. Lemaire, le banqueroutier, venu âgé dans l'Inde, n'avait nulle connaissance et ne cherchait pas à en acquérir. Moracin était joueur et perdu de dettes. Sur celui-ci, il est vrai, l'opinion de Dupleix se modifia lorsqu'il lui eut fait épouser sa nièce M"e de Kerjean.
1) C* 15. Ktat des employés de l'Inde en 1750, envoyé par Dupleix à M. de Montaran, avec notes de su main.