‹ Dupleix: ses plans politiques; sa disgraceChapitre 188 sur 200 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

y trouver, du côté de la fortune, des avantages particuliers. » Delaitre concluait qu'il fallait défendre de nouveau aux gouverneurs et officiers de recevoir des présents des princes étrangers, qu'il fallait se contenter du commerce et se refuser aux conquêtes, séparer le pouvoir civil du militaire et enfin empêcher les gouverneurs de l'Inde et de Bengale d'accaparer le commerce d'Inde en Inde.

Il parait évident que Silhouette adopta ces vues, d'ailleurs imposées à tout homme qui suivait les traditions de la Compagnie, à moins qu'il eût du génie. Saint-Priest et Hontaran lui-même n'en eurent jamais d'autres; mais Silhouette semble poursuivre Dupleix d'une haine personnelle, vraie haine de sectaire passionné pour ses propres idées et qu'un fanatisme brutal égare en d'absurdes excès. Hachault lui ayant communiqué les mémoires de Delaftre, il en admit les insinuations sur les motifs égoïstes de Dupleix et sur les conséquences de sa politique audacieuse.

En octobre 1751 (*), le même Delaître transmit au contrôleur général une lettre de Leyrit, gouverneur de Chandernagor, qui annonçait l'effet produit au Bengale par la nouvelle de la mort de Naser-Sing. Le nabab avait menacé les Français de saisir leurs fonds et Leyrit se montrait fort inquiet.

Delaître ajoutait personnellement qu'il fallait choisir entre deux systèmes, l'un de paix et de tranquillité en se bornant aux anciennes possessions, l'autre de domination et d'agrandissement avec la perspective de plusieurs années de guerre, et de risques considérables de la part des Maures et des Européens. Si Ton s'en tenait au système pacifique, il conseillait de rappeler Dupleix sous d'honnêtes prétextes, de manière à ce qu'il n'eût pas le choix de rester ou de revenir : c Pouvait-on espérer que Dupleix se dépouilc lerait du caractère de domination et d'insubordination qu'il avait t porté partout ? Qu'après avoir été le maître absolu, il se soumetc trait à ce qu'on lui prescrirait et adopterait d'autres principes c que ceux sur lesquels il travaillait depuis qu'il était en place et c dont il était enivré? Il avait d'ailleurs une animosité personnelle c contre les Anglais et les Hollandais. Les inquiétudes qu'il exci-

(1) Col. & 37, 200. 7 octobre 1751.

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