‹ Dupleix: ses plans politiques; sa disgraceChapitre 189 sur 200 · INFLUX · texte numérisé non relu

INFLUX

c tait partout ne se calmeraient pas tant qu'il serait en place, c L'homme qui pourrait le remplacer était difficile à trouver. On t ne voyait guère que M. Godeheu, directeur de Lorient, qui pourc tant était fort nécessaire au poste qu'il avait. »

Ainsi fut posée par Delaître, en octobre 1751, deux ans avant la décision conforme qui fut prise en août 1753, la question du rappel de Dupleix et de renvoi de Godeheu.

Silhouette appuya ces conseils, peut-être concertés avec lui ; car ce sont probablement les correspondants qu'il avait conservés en Hollande et en Angleterre qui le renseignaient sur les inquiétudes que pouvait causer Dupleix à ces nations, au commencement de 1751. N'oublions pas qu'à la date du 7 octobre 1751 on savait bien la mort de Naser-Sing, mais rien encore de l'expédition en Dekhan ni du siège de Trichinapali. Ainsi, l'on demandait déjà le rappel de Dupleix à cause de l'appui donné à Mousafer-Sing en 1750 et des quelques difficultés soulevées avec les Anglais en cette année-là.

Silhouette, en soutenant l'avis de Delaître, insista surtout sur les jaguirs auxquels ce syndic, dans son mémoire historique, avait accordé grande attention. Le langage du commissaire est fort significatif de ses dispositions hostiles, Dupleix n'ayant donné, à cette date, aucune raison de douter de son obéissance aux ordres du roi.

c J'ai appris, par une lettre particulière, disait-il au ministre, c que non seulement M. Dupleix a une pension de 100,000 rouc pies, mais que M me Dupleix en a une pareille et sa fille d'un c premier lit, nommée Chonchon, une de 50,000, ce qui fait entre c eux 600,000 fr. de pension.... J'ai l'honneur de vous représenter t de nouveau qu'au moyen des pensions que le vice-roi de Golc conde paie, ou s'est engagé de payer, tant à la famille de M. Duc pleix qu'aux principaux officiers du conseil et des troupes, tout c est vendu et la Compagnie n'a plus ni gouverneur, ni conseil, t ni troupes. Je crois le mal au degré qu'il serait de la prudence t d'user de plus d'une précaution pour y faire exécuter les ordres f du roi (i). »

On voit que, dès 1751, par une prévention extraordinaire, Silhouette supposait Dupleix capable d'une révolte et avait déjà cer-

(1) Col. & 37, 200. Silhouette à Machault, 11 octobre 1751.

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