‹ Dupleix: ses plans politiques; sa disgraceChapitre 51 sur 200 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

nouveau secours du roi en novembre 1782, pour parer aux besoins de la caisse d'escompte, et pour les frais de l'expédition de 1783, le roi dut avancer 6,800,000 francs. L'état de prévision dressé par le teneur de livres de la Compagnie d'après les dépenses de l'ann*~ précédente évaluait les dépenses pour

La recette à 81,461,1831.19 s. 9

Soit un déficit de 4,241,362 1. 6 s. 2

La vente était supposée devoir produire 30 millions, cbose fo peu certaine, vu la guerre qui régnait aux Indes. En metta tout au mieux : après avoir, en 1782, emprunté 6 millions, il i devait rester rien pour préparer l'expédition suivante, rien poi distribuer un dividende aux actionnaires W.

Silhouette dans un rapport au garde des sceaux, en date c 6 octobre 1783, évaluait les besoins en général de la Compagnie 24 millions au moins, se fondant sur ses dettes connues en Europ le chiffre de ses dettes probables dans l'Inde et la nécessité d'y cou tituer un fonds d'avance pour préparer les retours. D'après la co respondance de Dupleix, il y avait pénurie de fonds. MM. Gilly Yerzure faisant le relevé des livres de la Compagnie trouvèrei qu'il devait y rester encore des fonds considérables. Mais le fa des besoins de l'Inde ne pouvait pas être contesté.

c Quant à ses besoins en Europe, disait-il, il résulte d'un et c soigneusement dressé des sommes à percevoir et à payer i f relativement à l'expédition prochaine, que la Compagnie aura < payer 40 millions, c'est bien plus qu'elle n'aura à recevoir, « pour combler ce vide, elle n'aura que le produit de sa vente.

c On peut approximativement évaluer cette vente d'octobre pr< « chain à 28 millions parce qu'il y aura 9 millions en plus prov c nant de cinq navires restés en retard l'année dernière. Si el « doit 40 millions et n'en puisse payer que 28, il restera dû par el f 18 millions en Europe sans avoir un sol pour l'expédition c t 1788-1786.

c II ne faudrait pas, ajoute Silhouette, qu'une compagnie comii

(1) C* 39, 211. Mémoire de M. de Silhouette au garde des sceaux, 1" jn

c celle des Indes opérât habituellement sur le crédit, an moins f pour des frais aussi considérables que le sont les frais d'une exc pédition, et qu'elle ne peut le faire sans exposer son existence « aux revers d'un discrédit inattendu. »

Il arbitrait enfin les sommes nécessaires i la Compagnie pour

1754 à 30 millions et ajoutait ces mots :

c II y a un fait qui paraît d'abord une énigme incompréhensible f et que je me reprocherais comme une infidélité de ne pas vous f mettre sous les yeux. Tous les ans on fait un bilan : j'ai observé c que par les bilans des 30 juin 1751, 1752 et 1753 la Compagnie c est restée avec des millions de bénéfice et cependant je crois voir c sensiblement que ses moyens diminuent et que ses dettes augc mentent. Cette énigme ne parait pouvoir s'expliquer qu'en supc posant qu'on porte au crédit et comme augmentation des articles c qui devraient être passés au débit et comme dépenses. S'il n'en est f point ainsi, j'ignore comment on peut résoudre celte énigme 0). >

En mai 1755, la situation de la Compagnie était la suivante. Sur le premier fonds de 180 millions, reconnu en 1747 et dont le roi payait la rente de 9 millions, elle avait hypothéqué 35 millions en billets d'emprunt et rente à constitution, 20 millions en rentes viagères sur deux têtes (1748). Sa situation était considérée comme fort dangereuse et les syndics, revenant au plan de Castanier, parlaient d'appeler de nouveaux actionnaires (*).

Quand la guerre éclata avec l'Angleterre, il ne fut plus question d'appeler des fonds. Le roi paya le dividende d'abord à raison de 80 livres, puis de 40 livres qu'il prétait à la Compagnie ( 3 ).

Le discours des syndics à l'assemblée générale du 29 décembre

1755 marque le dernier bilan de la Compagnie avant le moment où elle perd définitivement l'Inde.

Elle avait fait partir en 1753 avec Godeheu jusqu'à treize vaisseaux portant 16,954,000 1. 10 s. 8 d. Mais l'année 1753 avait amené bien des déboires. Cinq vaisseaux attendus n'étaient pas ar-

(1) C 1 40, 16 et sniv. Mémoire présenté par M. de Silhouette à M. de Seychelles, contrôleur général, 5 octobre 1753.

(2) C* 40, 85. Situation présente de la Compagnie des Indes, mai 1755.

(3) Aff. étr M fonds Asie, 13, f. 230. Cinquième lettre sur le commerce en général et celai de l'Inde en particulier.

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