CHAPITRE X
bons offices et sollicitations en sa faveur, tant auprès des Marattes qu’à la cour des Maures... n’a point cru, puisqu'il avait tant fait pour lui jusqu’à présent et sur le point de voir enfin décider cette affaire, qu’il convint de reculer dans cette occasion et de lui refuser encore cette grâce dont le refus lui (à Dupleix) faisait perdre et à la Compagnie le fruit de toutes les peines et travaux qu’il s’est donnés jusqu’à présent pour ce seigneur, d'autant encore que cela procurerait à la Compagnie une porte honorable pour généralement congédier et se défaire de toutes ces troupes du service desquelles nous avons lieu d'être contents, tant pendant le siège que dans les diverses actions qui se sont présentées durant la guerre et qu’ils sont au service.
« Le fils de Sander-Sahib ayant eu avis que son père était arrivé à Ambour, qui n'est qu’à deux journées de marche d’Arcate, dont il vient prendre possession, et lui marquant de venir le trouver avec les cipayes et autres troupes qu’il lui avait donné ordre de lever, ce jeune seigneur est venu faire part de cette nouvelle à M. le gouverneur, et lui a demandé de lui remettre nos cipayes. Par l’arrêté du compte des dépenses qu'ils nous ont occasionnées depuis le 1° mars dernier, elles se sont donc trouvées monter, tant en paie qu’en fournitures de magasin, etc., à la somme de 30,516 pagodes, qui, à raison de 320 roupies par 400 pagodes, font 97,651 roupies 1 fanon 32 caches, dont il à fait un billet, ne se trouvant pas en état de rembourser comptant, et dont en suit la teneur :
« Je soussigné Ali-Reza-Kan, fils de Sander-Sahib, reconnais et confesse devoir à la Compagnie des Indes la somme de 30,516 pagodes à raison de 320 roupies pour 100 pagodes pour gages de cinq mois aux cipayes de Mousafer Kan, Cheik-Hassem et Cheïik- Ibrahim, qui ont passé à mon service depuis ce temps, d'après lesdits ordres d’Hussein-Dost-Kan (Chanda-Sahib), laquelle somme pour les gages ci-dessus mentionnés à été payée par la Compagnie par ordre de M. Dupleix, gouverneur de Pondichéry, que je promets de rembourser en lui retirant le présent billet que j'ai fait à Pondichéry le 26 du mois Rajeb de la seconde année du règne d’Hamet-Cha (ce qui se rapporte au 12 juillet 1749).
« Lequel billet en original a été remis à M. Guillard, lun de
nous, garde-magasin général des matières d’or et d'argent, pour le montant en être passé au débit du compte de Chander-Sahib, et autant être déduit des dépenses des troupes.
« Chander-Sahib, qui, comme il vient d’être dit, n’est plus qu'à deux journées de chemin d’Arcate, dont il vient prendre possession, n’a pas cru pouvoir donner trop tôt à M. le gouverneur des marques sensibles de sa reconnaissance de tous les bons services qu'il lui a rendus tant à lui, de même qu’à sa famille et à ses enfants qui sont toujours restés dans cette ville depuis sa détention chez les Marattes; en lui envoyant copie du paravana, en vertu duquel il vient de prendre possession du gouvernement de la province, il lui en a remis un autre par lequel, en ces titres et en sadite qualité, il fait présent et donation à perpétuité à la Compagnie de la ville de Villenour et de quarante aldées en dépendant. (Suit la teneur du paravana.)
« Comme cette acquisition par sa situation, et dont depuis (longtemps) on a sollicité d’ici la propriété, ne peut être qu’avantageuse à la Compagnie, tant par l’augmentation de son domaine que par l'espérance, le commerce et la tranquillité se rétablissant, de pouvoir par la suite y établir des manufactures de toute espèce de marchandises, et que, d’ailleurs, elle nous est donnée sans aucuns frais ni dépenses ; il a été délibéré et arrêté d’accepter la donation que Chander-Sahib veut bien en faire à la Compagnie, et, pour lui en témoigner notre reconnaissance, il a été convenu que M. le gouverneur continuerait à le favoriser en tout ce qui dépendrait de nous et qu’il croirait convenable, jusqu’à ce qu'il soit installé et tranquille possesseur de son gouvernement.
« Fait et arrêté en la chambre du conseil supérieur à Pondichéry, les jour et an que dessus. Signé : Dupleix, de Saint-Paul, Guillard, Le Maire, Friell. »
Il a paru opportun de citer dans son entier le contrat intervenu
entre la Compagnie des Indes et Chanda-Sahib. Ni le prince qui l'avait provoqué ni les Français qui avait consenti n°y virent autre chose qu’une location de troupes, un marché de mercenaires payé comptant. Le premier ne comprit pas qu’il se mettait en tutelle, les seconds ne virent pas qu’ils accomplissaient le premier acte de