‹ Duplex Ses Plans Politiques; Sa DisgraceChapitre 2 sur 193 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

qu'il est de leur intérêt d'accepter le secours de nos troupes conire la turbulence de leurs sujets ou les invasions de l’étranger….. Grâce à la mauvaise administration des gouvernements indigènes, la solde de ces troupes demeurerait toujours en arrière. La dette envers la Compagnie grandirait donc en même temps. Il serait facile d'obtenir du prince des concessions de territoires en paiement, ou la mission de percevoir les impôts avec une délégation de la toute-puissance. D’allié du nabab, on en deviendrait alors le protecteur... La perspective d’un duel avec l’Angleterre ninquiète Dupleix que médiocrement : cela rentre dans ses calculs (1)... Mais l’œuvre de préparation était multiple et longue. Il fallait d’abord réorganiser administration de la Compagnie, fortifier Pondichéry, créer une armée... La seconde partie de la tâche était la plus délicate. Comment arriver à nouer des rapports avec ces nababs entourés d’un luxe éblouissant, hauts comme les monts?..….. Avec sa connaissance du caractère hindou, Dupleix comprit que la première condition pour réussir, C'était de se présenter dans les négociations non pas comme un marchand, mais comme un officier du Grand Mogol. Dupleix va donc se revêtir des insignes du pouvoir hindou, et, par bonbeur, il n’a qu’à les ramasser dans les archives de la Compagnie. Il entreprend un voyage au Bengale pour se faire reconnaître comme nabab de Chandernagor (2)... Il veut instruire son embryon d'armée; il étudie les moyens d’assurer le recrutement des cipayes. »

Ainsi Dupleix à tout prévu, tout préparé. « Disgracié en 1724, dans sa solitude, 1l songeait déjà à la conquête de l’Inde. » Toute

sa conduite est dès lors présentée comme la suite d’une volonté inflexible et divinatrice, et l'historien salue en lui « l’un des plus

grands génies du xviu® siècle (3). » Mais bientôt la fortune

abandonne : « Il n’y avait dans l'assemblée des directeurs aucune

énergie, aucune intelligence; la lâcheté et l’avarice y régnaient seules. Et cette assemblée était souveraine! Le ministère, aussi borné que le conseil des directeurs... n'avait que du dédain

(1) Ouvr. cité, p. 16.

(2) Ibid, p.18.

(3) Tbid., p. 817.

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