‹ DupuytrenChapitre 4 sur 7 · B IC H A T · texte numérisé non relu

B IC H A T

vis-à-vis d’un autre collaborateur avec lequel il avait fondé, en i8o3, la Société Anatomique, Laënnec, le grand Laënnec, le plus grand médecin peut-être qui ait jamais paru.

Dupuytren vit grandir brusquement l’autorité de Laënnec, qui, en 1804, avait fait un cours triomphal! La jalousie lui mordit le cœur et, après diverses péripéties qui ne sont pas à son honneur, en 1807, la rupture devint complète...

Cependant, en 1802, à la suite d’un autre concours, il était nommé Chirurgien en second à l’Hôtel-Dieu et c’est alors seulement qu’il commença à s’orienter vers la chirurgie.

Mais le chirurgien en chef était Pelletan, et Dupuytren, son second, n’avait à peu près rien à faire. Poussé par son indomptable ambition, il travailla à supplanter son chef. En 1812, à la suite d’un nouveau concours, il était nommé professeur de médecine opératoire à la Faculté.

Son autorité en fut accrue. Mais sa supériorité chirurgicale sur Pelletan, qui vieillissait, s

plus et Dupuytren, pour la faire éclater aux yeux de tous, ne dédaignait pas d’employer des manœuvres qui, encore une fois, montrent que le souci de ses devoirs confraternels n’était pas à la hauteur de sa valeur chirurgicale.

Enfin, le sort qui préside au destin des Empires, joua encore en sa faveur. Pelletan avait été très dévoué à Napoléon! Le 5 Septembre 181 5, pendant que l’Empereur voguait vers Sainte-Hélène, Dupuytren prenait possession de la chaire de l’Hôtel-Dieu, d’où il devait, pendant 20 ans, faire rayonner sur l’Europe entière la gloire de la chirurgie française!

Ce fut alors la période triomphale de sa vie. Et il faut qu’il ait été vraiment un grand clinicien pour que l’unanimité se soit faite parmi tous ceux qui l’ont connu, et dont beaucoup ne l’aimaient pas, pour reconnaître l’éclat de son enseignement.

Il avait 37 ans à peine. Sa puissance de travail était

'affirmait de plus en

Maison natale de DUPU TTREN à Pierre-Bujfière

infinie. Il faisait tout lui-même et ses chirurgiens adjoints n’eurent quelque occupation que dans les deux ou trois dernières années de sa vie, aux jours de la lassitude et de la maladie.

Son diagnostic était infaillible, si l’on peut employer ce mot pour une science aussi conjecturale, mais où le coup d’œil, l’intuition et parfois même une sorte de divination tiennent une si grande place.

C’était une tête solide. A cette époque, où l’anesthésie, qui ne devait venir que dix ans après sa mort, n’avait pas encore délivré la chirurgie de ses manifestations les plus émouvantes, il était d’un imperturbable sang-froid. Il savait que le calme et la patience sont les premières vertus du chirurgien. Il n’était pas cependant, au même titre que certains de ses contemporains, qui avaient fait leur éducation sur les champs de bataille, un de ces opérateurs éblouissants qui

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