VUE DE L’ANCIEN HOTEL-DIEU
semblent se jouer des difficultés les plus grandes. Il opérait lentement, expliquant ce qu’il faisait et encourageant ses opérés qui, à cette époque, en avaient besoin!
Pendant vingt ans, il entraîna à ses leçons de l’Hôtel-Dieu, à ses visites, à ses opérations, et la foule des étudiants et d’innombrables médecins de la France et de l’Etranger, qui répandaient au loin la gloire du grand chirurgien! Et c’est ainsi que malgré les oppositions, les jalousies et même les haines provoquées par son ambition que n’arrêtait aucun obstacle, son caractère dominateur et son mépris parfois trop brutal des règles de la loyauté scientifique, qu’il avait presque cyniquement violées vis-à-vis d’hommes comme Bichat et Laënnec, qui avaient été ses amis, il demeure — par delà la mort — comme une sorte d’incarnation de la chirurgie et comme un héros légendaire dont la mémoire, après un siècle révolu, ne s’est pas encore effacée.
Et, cependant, que reste-t-il aujourd’hui de son œuvre chirurgicale? Bien peu de chose, en vérité, et son voisin de l’Hôtel-Dieu, le médecin Récamier, le grand Récamier, a eu, ne fût-ce qu’en pratiquant la première hystérectomie vaginale, en 1822, un de ces grands coups d’aile que n’a pas connus Dupuytren ! Que reste-t-il de lui ? La maladie de Dupuytren, cette rétraction de l’aponévrose palmaire, connue sans doute de tout temps, mais qu’il a bien décrite. Une étude intéressante sur les fractures de l’extrémité inférieure du péroné, dont une variété porte, à juste titre, son nom, son entérotome, pour la section de l’éperon intestinal dans les anus artificiels, quelques travaux épars, quelques bonnes descriptions cliniques.
Mais il en reste aussi le Musée Dupuytren, où furent rassemblées, grâce à un legs bien employé, les pièces qu’il avait recueillies et que l’on voit encore dans la salle des Cordeliers, où se sont éteints les échos de la grande voix de Danton! Ce Musée Dupuytren s’est multiplié sous le même
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