ORGANIQUE
nitrilo méthylène aminate de mercure
Possédant toutes les applications du cyanure de mercure ordinaire, sensiblement plus actif, deux fois moins toxique, il présente surtout deuxavantages considérables
INJECTIONS INTRAVEINEUSES OU INTRAMUSCULAIRES INDOLORES
JAMAIS D’INTOIÉ RANCE
même posologie que pour le cyanure de mercure
La boite de 2o ampoules de lcc
instruments, leurs vêtements, des sources d’infection quon n’avait aucun moyen de faire disparaître. Ajoutons à ces conditions désastreuses l’encombrement perpétuel par les blessés des guerres napoléoniennes, et l’on comprend comment il existait dans tous les hôpitaux un état d’infection permanente et irrémédiable qui se communiquait à tous les objets des salles d’opérations et aux malheureux qui y étaient soignés.
N’accusons de ces catastrophes que les erreurs du temps où vivait Dupuytren î II encourt cependant une responsabilité plus directe. Ce grand réaliste, malgré son esprit clair, s’était laissé séduire par les théories absurdes et funestes de « ce despote médical, furieux et sanguinaire » (Lecène) que fut Broussais, qui ramenait toute la pathologie à la gastroentérite et à l’inflammation, et, en conséquence, toute la thérapeutique à la diète, aux sangsues, et aux saignées à répétition.
Comment Dupuytren qui, par ses études passionnées
VUE DU CLUB DES CORDELIERS (Début du XIXe siècle), actuellement Musée Dupuytren. — On voit, à gauche Notre-Dame de Paris, a droite les églises Saint-Edme et Saint- Damien, aujourd’hui démolies.
RECAMIER ( Lithographie de A. Farcy)
d’anatomie pathologique, savait qu’il y a tout de même autre chose que la gastro-entérite, s’était-il laissé séduire par le visionnaire forcené que fut Broussais? Ascendant personnel? Eloquence persuasive? Qui sait? Mais, ce que nous savons, c’est que, pour prévenir chez les blessés et les opérés la fièvre due à l’infection, il les traita par la diète, les saignées et les cataplasmes, destinés à prévenir l’inflammation locale, rompant ainsi avec les chirurgiens du XVIIIe siècle, qui employaient le vin aromatique, les essences, et faisaient ainsi de
l’antisepsie sans le savoir. Sous l’influence de cette pratique funeste, que l’autorité de Dupuytren imposa un peu partout, l’infection post-opératoire fit des progrès incessants, qui se multiplièrent encore lorsque, dix ans après sa mort, la merveilleuse et bienfaisante découverte de l'anesthésie vint décupler le nombre des opérations. Et la chirurgie connut, jusqu’à la renaissance due à Pasteur et à Lister, les jours les plus sombres qu’elle ait jamais vécus ! C’est là, dans l’œuvre de Dupuytren une erreur que ne pouvaient soupçonner ceux qui vivaient à son époque, qui se pressaient à ses leçons et qui répandaient à travers le monde la gloire de son nom !
A partir de 1 8 3 3 , sa santé déclina. En 1 835, à 57 ans, il mourait d’une pleurésie purulente, qu’il refusa obstinément de laisser opérer. Dans ces conjonctures suprêmes, il aurait dû donner l’exemple. Il eût été plus beau, même au prix de sa mort, de donner ce témoignage de sa confiance à ce grand art de la chirurgie qu’il avait porté si haut et auquel il devait sa fortune et sa renommée.
Ainsi vécut Guillaume Dupuytren qui, pendant vingt années, personnifia à travers le monde le type du grand chirurgien. Mais son ambition, son orgueil, sa vanité même qui le portaient à vouloir être le premier partout, à ne tolérer quiconque pouvait lui porter ombrage et à briser ses amitiés plutôt que de voir ses amis s’élever à sa hauteur, firent le vide autour de lui. Sans doute il ressentit les joies de l’ambition satisfaite. Mais il ne connut ni la douceur d’un foyer paisible, ni le bonheur des amitiés sincères. Par contre, il était généreux et pitoyable aux pauvres gens qu’il aidait de sa bourse et soignait avec autant de dévouement que les grands de ce monde ! Malgré ses défauts haïssables, il avait donc dans la poitrine autre chose qu’un bloc de marbre à la place du cœur !
Quand un siècle a passé sur la gloire d’un homme et que cet homme a fait, par quelque côté, honneur à l’humanité, gardons le souvenir de ce qu’il fit de bien. S’il ne fut pas un créateur, Dupuytren a pendant vingt ans symbolisé magnifiquement la chirurgie française aux yeux du monde entier. C’est un titre assez beau pour perpétuer sa mémoire.