‹ Durand & Durand; comédie-vaudeville en trois actesChapitre 10 sur 79 · SCÈNE V COQUARDIER, LOUISE · texte numérisé non relu

SCÈNE V COQUARDIER, LOUISE

COQUARDIER.

Tu sais que je pars demain. Avant mon départ, je tiens à te faire quelques recommandations.

Sur quoi, papa?

COQUARDIER.

Tu as l'honneur d'être la compagne de maître Durand, toi qui n'as eu que 25 mille francs de dot. Il faut lui prouver, par ton amour et par ton dévouement, que tu es digne d'être sa femme. Il y a dans l'homme célébi-e, dans le travailleur de la pensée, un enfant, un malade et un artiste. Une femme intelligente doit être la mère de l'enfant, la sœur de charité du malade, et l'idéal de l'artiste. Quand il te parle, écoute-le; quand il ne te parle pas, ne l'écoute pas. Dis-toi : il pense ! S'il est de bonne humeur, ne sois pas triste, s'il est triste, ne sois pas de bonne humeur — Ta vie doit être subordonnée à la sienne et estime-toi satisfaite si, en faisant tous les sacrifices, tu arrives à le rendre heureux.

LOUISE

Je tâcherai, papa.

COQUARDIER.

Dis-toi bien ceci : Il y a en France des millions de jeunes filles et il n'y a qu'un maître Durand. — Tu es celle qui a eu la chance d'épouser maître Durand.

LOUISE

Je suis fiére de lui!

ALBERT, entrant de droite.

Il n'est pas mauvais du tout ce chocolat.

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