SCÈNE VI
Les Mêmes, ALBERT.
COQUARDIER.
Nous parlions de vous, mon cher maître.
ALBERT
Je vous en prie, appelez-moi Albert.
^"^ COQUARDIER.
Jamais je n'oserai! Rien que votre regard m'intimide.
ALBERT
Voyons, papa Coquardier, je suis pourtant un bon garçon.
COQUARDIER.
C'est que vous avez la simplicité des grands esprits.
ALBERT
•Je serre la main à tout le monde, je ne crois pas être plus qu'un pharmacien ou un horticulteur.
COQUARDIER.
le vous en prie, soyez un peu plus fier de votre situation. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour Louise et pour moi.
ALBERT
Je vois avec peine que vous avez des préjugés. Il y aura donc toujours des Bastilles à démolir!
Il fait un geste d'orateur.
COQUARDIER.
Attendez, ne bougez pas! Vous venez d'avoir un geste à la Mirabeau.
ALBERT
Moi!
GOQUARDIER.
1 1 li! (il l'imite.) Il y aura donc toujours des Bastilles à démolir ?
LOUISE
Comme ta dois être beau, à la barre!.. Et qu'il me tarde de t'entendre plaider.
COOUARDIER.
Oh! oui, il nous tarde!
ALBERT
., Mon Dieu! je suis beau... si l'on veut...
.y*^ GOQUARDIER, imitant Albert.
« Il y aura donc toujours des Bastilles à démolir! »
LOUISE, à Albert.
Je puis bien te le dire à présent, papa et moi nous t'admirions avant de te coxmaître»
ALBERT
Vous avez bien fait de m'admirer avant.
Pourquoi ça?
ALBERT, embarrassé.
Pour... pour rien, (a part.) S'ils se doutaient!...
.:^ GOQUARDIER.
Les journaux nous apportaient vos luttes oratoires.
LOUISE
Et jamais, même dans mes rêves, je ne pensais que j'aurais un jour l'honneur d'être ta femme.
GOQUARDIER.
Et moi votre beau-père.
ALBERT
Dites mon père.