SCENE IX ALBERT, DURAND
ALBERT
Bonjour, Durand.
DURAND
Bonjour, Albert, comment vas-tu ?
Qui t'a donné mon adresse ?
DURAND
Ton caissier, imrbleu !
ALBERT, à part.
Je le flanquerai à la porte, celui-là.
DURAND
Il a d'abord fait des manières. Le patron, m'a-t-il dit, a défendu de donner sa nouvelle adresse. Mais le commis qui était là...
ALBERT
Théodore...
DURAND
Théodore, si tu veux, lui a dit : Il n'est pas possible que la défense concerne maître Durand.
ALBERT
Si,... tu es avocat, la défense te concerne.
jf^ DURAND.
Pourquoi cette retraite mystérieuse à Passy? Est-ce que tu conspires pour la liberté des sucres ?
ALBERT
Non.
DURAND
Eh bien, alors...
Eh bien, je suis marié.
DURAND
Sans me prévenir, sans m'inviter à la noce !
ALBERT
Je vais te dire...
DURAND
Et moi qui me dérange pour venir t'annoncer moD mariage t
ALBERT
Ah! j'en suis ravi, j'irai te voir.
DURAND
Avec ta femme ?
ALBERT
Impossible.
■^■^'" DURAND
Albert, tu as fait un mariage coupable, tu étais déjà épicier, mais tu déshonores la famille davantage
ALBERT
J'ai épousé une jeune fille adorable.
DURAND
Sans préface ?
ALBERT
Gomment sans préface ?
Etait-elle... d'Orléans ?
ALBERT
. Non, de Mézidon !...
/ DURAND
Ça n'empêche pas ! Pourquoi ne puis-je pas lui être présenté à cette jeune femme adorable?
ALBERT
Parce que... (a part.) Seigneur, faites que mon beau- '■' père n'entre pas.