ACTE PREMIER Î
DURAND, examinant autour de lui et éclatant de rire.
Qu'est-ce que c'est que tout ço? La Cour de Cassation tout entière, ,Dieu me pardonne !
ALBERT
Oui... je... Tu vas comprendre.
DURAND
Ce n'est plus une villa... c'est un prétoire.
ALBERT
Je vais le dire... ces tableaux... ces bustes... c'est que je suis entré dans une vieille famille de magistrats... D'où cet attirail judiciaire.
Et tu ne m'as pas prévenu ?
ALBERT
La première chose que je me suis dite, c'a été: «Prévenons le cousin » mais la seconde,... c'a été : « Ne le prévenons pas ».
DURAND
Pourquoi?
ALBERT
Je vais te l'avouer... Ma famille ne peut pas te souffrir.
DURAND
Moi I Pour quelle raison ?
ALBERT
A cause... de... ta profession.
DURAND
CommentI une famille de magistrats qui n'aime pas les avocats î
Oui... parce que.
Parce que î
ALBERT
DURAND
ALBERT, embarrassé.
. Damel les juges... qu'est-ce qu'ils demandent?
^^ DURAND
Dormir !
ALBERT
Non, ils veulent appliquer la loi, condamner les cou* ^'****pables... Et vous autres qu'est-ce que vous voulez ?
DURAND
Toucher de forts honoraires.
ALBERT
Vous voulez l'acquittement des a==;assins... alors, ça ^y vexe les juges. Et de là à ne pas pouvoir vous souffrir, il n'y a qu'un pas ! Enfin ! je te présenterai plus tard... quand j'aurai habitué ma famille, à cette idée.
DURAND
Je m'en moque de ta famille!... Et je ne l'inviterai pas à ma noce.
ALBERT, à part.
. Tant mieux !
DURAND
Moi, mon cher, j'épouse mademoiselle Irma de la Haute-Tourelle, d'Alençon. C'est une jeune fille parfaite en tous points.
ALBERT
, Tous mes compliments.
DURAND
Irma est une délicieuse petite provinciale ! Une de ces jeunes filles qu'on élève à devenir des femmes de ménage ; dont on n'a pas fait de petits phénomènes d'érudition. De la botanique, elle ne connaît que tout juste ce qu'il faut pour ne pas servir des champignons vcnéneux et de la chimie que ce qui est nécessaire pour dire à la blanchisseuse : « Vous mettez trop de chlore dans le linge 1 « Et, avec ça, 300 mille francs de dot et les plus belles espérances.