‹ Durand & Durand; comédie-vaudeville en trois actesChapitre 20 sur 79 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Je ne vous en veux pas, tous les dégoûts sont dans la nature.

GOQUARDIER.

Mon Dieu, monsieur, croyez bien que je n'ai fait aucune personnalité, et qu'en somme je n'ai qu'une seule chose à reprocher, non pas à vous, mais à vos confrères, c'est qu'ils trompent le public.

DURAND

Gomment l'entendez-vous ?

ALBERT, à Durand.

^^,^-> Voyons... Tu sais bien que vous ne dites pas la vérité !

DURAND

Il est des droits sacrés...

ALBERT, bas.

^^ Je t'en prie, n'insiste pas !

'"^'^ GOQUARDIER.

Quels droits sacrés ?

ALBERT, bas à Goquardier.

Taisez-vous, il est notre hôte !

T^ GOQUARDIER, bas.

C'est juste 1 vous avez raison et je vais lui faire des avances. (Avec solennité à Durand.) Depuis les nobles conquêtes de la révolution, il n'y a plus de castes I

DURAND

Hein?

Aujourd'hui la noblesse est sœur de la bourgeoisie et le peuple est le frère de cette dernière.

DURAND, bas à Albert,

11 m'amuse, ton beau-père !

ALBERT, s'efforçant deriro.

.Oui... oui... il est assez guilleret...

COQUARDIER, à Durand.

Si l'industrie est la mère des nations, monsieur...

DURAND, à Albert.

Qu'est-ce qu'il dit?

ALBERT

Il bafouille!

COQUARDIER.

Je ne crains pas de trop m'avancer en disant que It commerce en est le père.

Il serre la main à Durand stupéfait.

DURAND

Ces principes égalitaires vous honorent, monsieur.

COQUARDIER, bas à Albert.

Je ne pense pas un mot de tout cela... c'est pour le mettre à l'aise avec nous !

ALBERT, à Coquardier.

Vous êtes gentil.

COQUARDIER, à Durand.

Si l'éloquence a son mérite...

DURAND, modestement.

Oh I si petit I

COQUARDIER, bas, à Albert.

Il a l'air de faire fi de votre éloquence ! (Haut.) Si l'éloquence a son mérite... (Appuyant.) et elle l'a...

DURAND, modestement.

Vous exagérez...

COQUARDIER, bas, à Albert.

Il est jaloux, soyons plus généreux que lui! (Haut.) le trafic, l'honnête trafic, a son utilité et sa grandeur!

DURAND, bas, à Albert.

Je n'en ai jamais disconvenu, je vous prie de le eroire, monsieur.

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